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Commercialisation du riz burkinabè : Producteurs et commerçants échangent à bâtons rompus sur la filière

Un atelier de mise en relation et de plaidoyer pour la commercialisation du riz burkinabè s’est tenu ce mercredi 28 juillet 2021, à Ouagadougou. Cette rencontre est le fruit de la collaboration entre le projet Selling quality rice for a better income (en français, « commercialiser du riz de qualité pour un meilleur revenu ») et la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina (CCI-BF).

Au Burkina, la production du riz ne couvre pas les besoins de la population qui sont estimés à plus de 650 000 tonnes de riz décortiqué par an. Le pays n’en produit que 190 000 tonnes. Malgré ce déficit, le marché du riz produit au Burkina est mal contrôlé par les acteurs et constitue l’un des goulots d’étranglement dans le fonctionnement de la chaîne de valeur. Comment faire pour que le riz du Burkina trouve la place qu’il lui faut dans l’assiette du consommateur ? C’est pour répondre à cette préoccupation majeure que le présent atelier a été initié.

L’évènement réuni à Ouagadougou les acteurs de la production et ceux de la commercialisation. En clair, il s’agira au cours des travaux, « de trouver des solutions concertées entre les acteurs et les commerçants. Parce qu’une chose est de produire, une autre est de mettre cette production sur le marché », selon Idrissa Kaboré, directeur en charge des études et de la stratégie au niveau de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF).

Le directeur en charge des études et de la stratégie, Idrissa Kaboré a décliné l’objectif de la rencontre

Les conclusions et recommandations qui en sortiront vont jeter les bases pour la création d’un environnement plus favorable au riz du Burkina. Pour sa part, la CCI-BF qui s’est engagée aux côtés du projet Selling quality rice for a better income (Qualiriz), s’évertuera à continuer le travail de plaidoyer, à la suite des recommandations, informe M. Kaboré. L’objectif étant de voir s’il y a des problèmes évidents qui peuvent faire l’objet de plaidoyer afin de trouver des solutions concertées. « Nous sommes dans le monde des affaires. Pour que les commerçants puissent commercialiser, il faut qu’ils trouvent leur intérêt à le faire », a fait remarquer le directeur en charge des études et de la stratégie de la CCI-BF.

Pour l’associé chargé de programme à l’Alliance pour la révolution verte en Afrique (AGRA), Ibrahim Koara, cet atelier est un excellent moyen pour faire valoir le potentiel de cette chaîne de valeur, de montrer les difficultés auxquelles la filière fait face mais aussi et surtout de faire un plaidoyer pour permettre aux décideurs de se pencher davantage sur les questions de législation, de réglementation. Ce qui permettra « un meilleur développement de la chaîne de valeur ».

Le Burkina est obligé d’importer le riz pourtant le potentiel de production est élevé, selon M. Tapsoba

50 000 petits exploitants ciblés

La présente activité, faut-il le souligner, s’inscrit dans le cadre du projet Qualiriz. Ce projet est mis en œuvre par un consortium composé de Rikolto, Trias, le bureau Sicarex et l’Inera en collaboration avec d’autres acteurs comme la CCI-BF. Il ambitionne de renforcer et soutenir une chaîne de valeur compétitive et inclusive du riz afin d’accroître les revenus de 50 000 petits producteurs dans la région du Centre-Est du Burkina, a déclaré le directeur du Bureau régional de Rikolto en Afrique de l’Ouest, Amado Tapsoba.

Grâce à ce projet, les lignes sont en train de bouger positivement pour le secteur du riz dans la région du Centre-Est. Concernant le travail qui est fait pour améliorer la productivité du producteur, des champs de rizières, des transformateurs et des étuveuses, M. Tapsoba estime qu’il ne pourra être profitable que s’il y a un marché pour le riz qui est produit. Même si beaucoup restent à faire pour que le consommateur lambda considère de plus en plus le riz local, l’État et les marchés institutionnels s’activent dans la promotion de cette filière.

Au niveau des cantines scolaires, par exemple, ce sont les produits locaux, dont le riz, qui sont utilisés.
Cette rencontre a été une occasion pour le directeur du bureau régional de Rikolto de remercier AGRA pour sa disponibilité et l’appui dont il bénéficie pour une mise en œuvre adéquate du projet. Interpellé sur le coût élevé du riz local, il a simplement reconnu qu’il y a de l’amélioration à faire à ce niveau.

C’est d’ailleurs ce que le projet Qualiriz tente de faire en facilitant la mise à niveau des unités de transformation et en amenant les producteurs à produire un riz de qualité. « Maintenant, c’est le consommateur de faire le bon choix en se disant que le riz importé, en majorité, n’est pas de cette année. C’est un riz de 10 ans qui n’a rien à se comparer au riz du Burkina qui a été produit il y a, peut-être, moins de trois mois », a-t-il conclu.


Lefaso.net

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