Connecte-toi avec nous

Tic & Telecoms

   |

Xavier Niel s’offre Orange Suisse pour 2,3 milliards d’euros

Le fondateur de Free achète Orange Suisse à titre personnel.

Xavier Niel continue ses emplettes hors de France. Après avoir pris une participation de 55 % dans Monaco Telecom en avril , le fondateur de Free s’offre Orange Suisse, à titre personnel, via sa holding NJJ Capital. Montant de l’opération : 2,8 milliards de francs suisses (2,3 milliards d’euros). Xavier Niel met ainsi la main sur le troisième opérateur télécoms suisse, qui détient une part de marché de 20 % dans le mobile, loin derrière Swisscom (59 %) mais juste derrière Sunrise (21 %).

Le petit opérateur totalise 871 salariés et compte 2,1 millions d’abonnés. Il dispose d’un réseau 4G couvrant plus de 90 % de la population suisse et vient de commencer à proposer la 4G +. Il a réalisé en 2013 un chiffre d’affaires de 1,3 milliard de francs suisses. Orange Suisse avait été acquis fin 2011 auprès d’Orange – d’où son nom – par le fonds britannique Apax pour 1,6 milliard d’euros. A l’époque, Xavier Niel, associé à Goldman Sachs et Doughty Hanson, était déjà candidat.

Dupliquer le modèle Free Mobile ?

L’opération, qui doit encore recevoir le feu vert des autorités de la concurrence, devrait être finalisée au premier trimestre de l’an prochain. « Depuis 2012, lorsqu’Orange Suisse a été acquis par le fonds Apax, mon équipe et moi avons suivi de très près tous les développements vécus par la société », a déclaré Xavier Niel. « Ma plus grande priorité sera de gérer Orange Suisse en accord avec l’environnement et les spécificités du marché suisse », a ajouté le milliardaire français.

Cela n’a pas suffi à calmer les interrogations sur ses intentions réelles. Le trublion des télécoms, qui a débarqué dans le mobile en France avec des tarifs très bas, bousculant tous ses concurrents et faisant le bonheur des consommateurs, va-t-il appliquer sa méthode en Suisse et déclencher un nouveau séisme ? Jeudi, après l’annonce de la transaction, l’action de Swisscom a momentanément plongé de plus de 7 %. Les investisseurs redoutent une concurrence accrue qui pourrait avoir un impact sur les marges.

Rapprochement avec Sunrise

Nomura se montre cependant sceptique sur ce scénario. « Bien qu’Iliad ait été disruptif en France, dans les autres marchés dans lesquels Xavier Niel a investi à titre personnel comme Monaco, il n’a pas eu la même attitude. Pour cette raison, nous pensons que M. Niel ne sera pas très agressif en termes de prix sur le marché suisse », note Nomura. « La clientèle suisse est moins sensible aux prix que partout ailleurs en Europe. Et met la qualité au premier rang de ses priorités. Le prix payé n’est un argument que pour 40 % des consommateurs suisses, contre 60 % en Europe ».

Challenger, Orange Suisse propose déjà des offres moins onéreuses que celles de Swisscom, l’opérateur historique. D’aucuns se prennent même à imaginer un scénario qui verrait se rapprocher Orange Suisse et Sunrise pour constituer un rival sérieux face à Swisscom. Toutefois, cela avait déjà été envisagé par Orange en 2010 et le gendarme de la concurrence s’y était opposé.

Discrétion

L’opération confirme en tout cas que Xavier Niel, malgré l’échec de la reprise de l’américain T-Mobile US – via Iliad cette fois-ci, et non à titre personnel – n’a pas dit son dernier mot. Depuis des années, il a investi dans de nombreux opérateurs télécoms à titre personnel un peu partout dans le monde. En Israël notamment (Golan Telecom) et donc à Monaco. Très discret sur ces rachats, l’entrepreneur s’amuse que les médias n’en connaissent pas la moitié. Il aurait récemment regardé l’opérateur belge Mobistar, croit savoir Bloomberg.

Fabienne Schmitt
lesechos.fr

Annonce publicitaire
Lecture en continue
Commentez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


 

slide

NEWSLETTER

Recevez gratuitement notre newsletter

récents articles