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Développement

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Warrantage : Barrer la route à l’insécurité alimentaire

Le Burkina Faso est confronté à de nombreux défis en matière de développement. Il convient de diversifier les stratégies et approches pour sortir les populations de la pauvreté. Intéressons-nous aujourd’hui au warrantage dont la pratique permet de juguler les effets de l’insécurité alimentaire.

Le warrantage offre l’opportunité aux producteurs de stocker une partie de leur récolte pendant la saison sèche dans un entrepôt de stockage sécurisé. Au niveau de l’organisation, un comité de gestion est en charge de la constitution du stock qui a lieu d’octobre à décembre. Le stock ainsi constitué devient une garantie liquide et divisible et permet aux producteurs d’obtenir un crédit de 80 % de la valeur du stock à la récolte auprès d’une institution de microfinance.

Le crédit permet aux producteurs de faire face à leurs besoins de liquidités sans avoir à vendre leur récolte à un moment où les prix sont au plus bas, et permet également à certains producteurs d’investir dans des activités génératrices de revenus « de contre saison » comme l’élevage de volailles, l’embouche ovine, le maraichage, ou encore le commerce. Six mois environ après la constitution du stock, entre avril et juin, les producteurs remboursent le crédit et les intérêts à l’institution de microfinance et s’acquittent des frais de stockage auprès de l’organisation. Le comité de gestion peut alors, en accord avec l’institution de microfinance, procéder au déstockage des sacs.

Les producteurs sont libres d’utiliser les sacs récupérés comme bon leur semble : ils pourront servir à la consommation familiale, être utilisés comme semences ou être vendus sur le marché à une période où les prix sont significativement plus hauts qu’au moment de la récolte.

Accroissement de l’autonomie financière

Le 08 juillet dernier, Oxfam Burkina a organisé une caravane de presse à Orodara et Banzon dans la région des Hauts Bassins pour permettre aux journalistes de découvrir de visu cette technique. A Orodara, par exemple, l’ONG a construit un magasin d’une capacité de 100 tonnes pour le warrantage. Cette infrastructure permet aux groupements féminins et aux producteurs de vendre leurs céréales et d’avoir accès aux crédits.

Le warrantage permet aux producteurs de se prémunir de la spéculation et d’éviter de brader leurs récoltes. Pour un sac de maïs vendu habituellement à 7500 FCFA juste après les récoltes, les producteurs peuvent se retrouver avec plus de 12 500 FCFA grâce au warrantage. Ce système leur permet en effet de revendre leurs récoltes au moment où les prix sont intéressants. Bénéficiant de microcrédits, ils peuvent facilement s’adonner à d’autres activités génératrices de revenus.

Outre les infrastructures, Oxfam soutient les producteurs dans la commercialisation de leurs produits. L’ONG renforce aussi les capacités des bénéficiaires à travers des formations sur le marketing et les négociations commerciales. Le warrantage permet donc d’améliorer le niveau de vie des populations et de renforcer leur autonomie financière.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

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