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Vers un Commonwealth francophone ?

À la veille du Sommet de la Francophonie qui se tiendra à la fin de ce mois à Dakar il n’est pas inutile, me semble-t-il, de réfléchir à ce que pourrait devenir dans les années à venir la vaste communauté des peuples ayant la langue française en partage. La cascade d’évènements majeurs à laquelle nous assistons depuis des mois et plus encore sans doute le rééquilibrage des rapports entre les grandes puissances qui se dessine plaide en tout cas fortement pour une telle évolution.

Le défaut principal de la Francophonie, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, est de n’exercer aucune influence réelle sur le cours de l’Histoire. Si elle a une présence effective dans le domaine des arts et des lettres, elle n’en a guère en revanche sur le plan diplomatique. Ceci parce que personne, jusqu’à présent, n’a semblé considérer que le puissant groupe des pays francophones, s’il était plus uni, plus cohérent, pourrait jouer un rôle effectif dans la remise en ordre de la gouvernance mondiale.

La France, pourtant, dont la langue est le commun dénominateur de la Francophonie, aurait tout à gagner à un semblable ajustement. Frappée de plein fouet par une crise qu’elle ne semble pas en mesure de surmonter seule, elle perd peu à peu l’influence qu’elle avait acquise au sein de l’Union européenne ; ceci pour le plus grand profit de sa rivale de toujours, l’Allemagne, qui a regagné ses galons de grande puissance en faisant intégrer au sein de cette communauté la plupart des anciens satellites occidentaux de l’Empire soviétique. La seule façon pour la France de demeurer une grande puissance est de fédérer les pays ayant le français en partage, tout particulièrement ceux de l’Afrique francophone.

Les pays africains francophones, de leur côté, ont intérêt à jouer la même carte dans la mesure où celle-ci leur confèrerait une véritable influence au sein de la communauté des nations qu’ils n’ont pas et ne pourront pas avoir tant qu’ils agiront en ordre dispersé comme c’est le cas aujourd’hui. Ayant entrepris de se regrouper au sein des deux grandes entités économiques et financières que sont la Cédéao en Afrique de l’Ouest et la Cééac en Afrique centrale, ils tireraient individuellement et collectivement un grand bénéfice de ce rapprochement. Leur voix serait alors nettement mieux perçue au sein des Nations unies et des institutions de la gouvernance mondiale telles que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Si, de surcroît, la direction de la Francophonie se trouvait confiée à une personnalité africaine reconnue et respectée, la France et ses partenaires s’imposeraient sans coup férir parmi les groupes de nations qui, tout naturellement, ont leur mot à dire dans la conduite des affaires du monde. Alors, effectivement, le français servirait de lien politique aux nombreux peuples qui parlent cette langue.

Ceci étant dit, et à supposer qu’un tel projet soit retenu à Dakar par la communauté francophone, il resterait à définir concrètement les modalités d’une telle coopération. Une tâche difficile, voire même insurmontable en apparence, étant donné les différences politiques et diplomatiques existant entre les pays de la zone francophone. Mais une tâche qui n’est pas impossible si l’on prend comme modèle le Commonwealth britannique dont la Grande-Bretagne et ses alliés ont su faire un ensemble cohérent et puissant.

Sans aller jusqu’à imaginer que la communauté francophone s’organise ainsi, il me parait évident que tout devrait être mis en œuvre sans tarder pour lui donner le poids politique qui lui manque aujourd’hui. Nous saurons dans quelques jours si cet avis est partagé ou si la Francophonie poursuit son petit bonhomme de chemin sans rien changer à ses méthodes.

adiac-congo.com

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