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Une Francophonie économique

Le XVe sommet de la francophonie débutera ce samedi 29 novembre et pour deux jours à Dakar, la capitale sénégalaise. L’occasion pour l’Organisation internationale de la Francophonie de reconsidérer l’avenir et de réfléchir à ses futurs enjeux et sa stratégie économique pour l’avenir.

C’est le nouveau cheval de bataille de l’OIF, l’Organisation internationale de la Francophonie… Comme le montre la déclaration de Mankeur Ndiaye, le ministre sénégalais des Affaires étrangères, il souhaite que l’OIF « crée les conditions d’une coopération dynamique afin que chacun puisse tirer profit du potentiel que représentent les 77 États ». Un voeu pieux que formulent les membres depuis la création de l’OIF en 1970, mais qui n’a pas encore trouvé de concrétisation.

L’OIF regroupe 890 millions de personnes, soit 13 % de la population mondiale. Par ailleurs, l’entité bénéficie d’une richesse culturelle et d’une diversité géographique perçues comme un moyen de compétitivité internationale, dans une économie mondialisée. Selon les statistiques officielles, les échanges commerciaux francophones pèsent pour 20% dans le commerce mondial et chaque pays membre échange un quart de sa production avec ses partenaires francophones. Quant aux investissements réalisés par les pays francophones, ils représentent un quart des investissements mondiaux. L’OIF dispose donc d’un poids théorique important pour peser dans l’économie mondiale avec pour clé de voûte une langue commune.

Ce qu’il manque pour y parvenir

Au mois d’août dernier, Jacques Attali a remis au président François Hollande son rapport sur la Francophonie économique. L’économiste y révèle que sur le seul continent africain, le nombre de francophones a augmenté de 15% en quatre ans, et prévoit qu’à l’aune de 2050 il y aura 770 millions de francophones dans le monde, soit bien plus que d’arabophones, de lusophones ou d’hispanophones. Fort de ces chiffres Jacques Attali prône la création d’un espace économique intégré à l’image du Commonwealth anglophone, et affirme que la Francophonie économique peut être un « moteur de croissance durable ».

Sur le papier le projet est séduisant, mais dans les faits il y aura des freins… avant que tous les pays membres n’acceptent une unification de leurs politiques économiques et l’ouverture de leurs marchés. Qui plus est, il faudra bien tenir compte de l’inégalité des niveaux de richesse de chaque pays. Car parmi les pays africains membres de l’organisation, la majorité fait partie des pays les plus pauvres… À l’inverse du Commonwealth qui compte parmi ses membres des pays comme l’Afrique du Sud ou le Nigeria, fers de lance de l’économie africaine.

Une force de frappe économique

Un rassemblement des 77 pays membres et observateurs francophones répartis sur les cinq continents pourrait être une force de frappe économique, avec pour locomotive les trois pays forts : la France, la Belgique et le Canada. Mais en dépit de la volonté affichée de faire de la Francophonie une force économique, le budget de l’OIF souffre d’un problème de financement. Le budget annuel de l’organisation est de 84 millions d’euros, et la France qui en est le premier bailleur devant le Canada et la Belgique a dû revoir sa dotation, crise oblige… et l’a baissée de 20%. En proie aux difficultés que l’on connaît, la locomotive France pourrait fragiliser le projet ambitieux de cette grande Francophonie économique. D’autant plus que les sceptiques opposent que sur les 20 pays les plus riches au monde, seuls deux sont francophones.

Patricia Lecompte
rfi.fr

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