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Tunis : Le FMI évoque une légère éclaircie en 2015 avec une croissance de 3,7%

Dans son dernier rapport intitulé « Perspectives économiques régionales du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord » rendu public, ce lundi, au siège de la Banque centrale de Tunisie (BCT) et en présence du gouverneur de l’ institution d’émission, des représentants du FMI et du ministre de l’Economie et des Finances, le Fonds monétaire international prévoit que le taux de croissance en Tunisie atteindra 2,8% en 2014 et 3,7% en 2015, soulignant, cependant, que ces taux ne peuvent pas réduire le chômage qui demeure encore très élevé en 2014 ainsi qu’en 2015 notamment parmi les diplômés de l’enseignement supérieur. Des chiffres qui semblent moins mauvais par rapport aux estimations du gouvernement en place.

L’inflation sera aussi élevée et atteindra près de 5,7% en 2014 et 5% en 2015. Le déficit de la balance commerciale ne sera pas en reste avec 7,7% du PIB à fin 2014 et 6,6% en 2015. Voilà pourquoi le FMI a appelé la Tunisie à avancer dans les réformes économiques pour générer une croissance plus élevée et inclusive, et ce en garantissant la stabilité économique, avancer dans les réformes budgétaires et structurelles programmées notamment en ce qui concerne le secteur bancaire.

Selon Giorgia Albertin représentante du FMI en Tunisie, la faiblesse de la croissance dans la zone euro aura certainement des impacts sur la croissance en Tunisie, évoquant, à ce propos, les risques géopolitiques auxquelles sont confrontés les pays importateurs de pétrole du Moyen-Orient ou encore de l’Afrique du Nord, ce qui a pour conséquence de ralentir la croissance dans les pays émergents.

Embrayant sur cette éventualité, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Chedly Ayari, a affirmé que la Tunisie ne peut nullement être à l’abri des contingences internationales, soulignant que le taux de croissance en Tunisie demeure modeste. « Les difficultés économiques dans la région MENA sont d’autant plus inquiétantes qu’elles vont créer des perturbations énormes pour la Tunisie, notamment au niveau du taux de change, singulièrement à celui du dollar », a-t-il souligné.

Quant à Hakim Ben Hammouda, il a réaffirmé que la croissance en Tunisie reste fragile et n’a pas repris au rythme souhaité, même si le gouvernement a réussi à rétablir les grands équilibres macroéconomiques. Au demeurant, a-t-il indiqué, le taux d’inflation ne décélérera pas pour s’établir à 6%, fin 2014, ce qui place la Tunisie dans une situation moins difficile par rapport aux pays où des révolutions ont éclaté.

Des enjeux énormes attendent le prochain gouvernement bien que l’actuelle équipe ministérielle soit parvenue à mettre l’économie sur les rails en relevant une partie des défis lesquels devront l’être par celle qui va lui succéder, tels que la poursuite des réformes structurelles, la stabilisation économique, la relance de l’investissement et la nécessité de conclure un pacte social pour atténuer les tensions.

MENA : une croissance trop faible

Les conflits régionaux, selon le FMI se sont intensifiés avec des effets de contagion considérables (11 millions de réfugiés et de personnes déplacés, violence sectaire, contagions politiques, échanges bilatéraux, commerce de transit perturbés et des revers pour le tourisme et l’investissement).

Toujours selon le rapport du FMI, la croissance dans cette région à moyen terme sera trop faible pour permettre des progrès importants en termes de chômage et du niveau de vie, appelant, à ce propos, tous les pays faisant partie de cette région à engager des réformes structurelles et à investir dans les infrastructures.

Pour les pays exportateurs de pétrole de la région Mena, le FMI a indiqué que la position budgétaire s’est affaiblie et la chute du cours de pétrole augmente les pressions budgétaires, estimant, dans ce cadre, que d’importantes réformes structurelles sont nécessaires.

Pour la Tunisie, le rapport indique qu’une réduction de prix du pétrole de 10 dollars par rapport au scenario de base réduirait le déficit budgétaire et extérieur.

Pour toute la région, le rapport souligne que la hausse des dépenses publiques (financée par les revenus pétroliers) a affaibli la position budgétaire et extérieure et la chute récente des cours du pétrole a accéléré cet affaiblissement, d’où le besoin de renforcer les positions budgétaires et élaborer des plans de rééquilibrage budgétaire crédibles à moyen terme.

L’actuel modèle de croissance, selon le FMI, fondé sur l’expansion des dépenses publiques n’est pas soutenable et le secteur privé doit être le moteur de l’économie, lequel a besoin aussi de réformes structurelles.

S’agissant de la situation budgétaire et extérieure des pays importateurs de pétrole de la région Mena, la situation s’améliore selon le FMI mais reste vulnérable d’où un appel à continuer dans les politiques d’ajustement budgétaire entamées et avancer dans les réformes des subventions tout en augmentant les dépenses d’investissement et la mobilisation de plus de recettes.

Khadija Taboubi
africanmanager.com

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