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Très bon début d’année pour l’emploi américain

Les Etats-Unis ont encore créé plus de 250.000 emplois en janvier.

Les Américains auraient-ils perdu la tête ? Ils ont applaudi, vendredi, la hausse du taux de chômage, passé de 5,6 % à 5,7 % de la population active au cours du mois de janvier. Il ne faut y voir aucun sadisme de leur part : une fois n’est pas coutume, la hausse du chômage est effectivement une bonne nouvelle. Elle s’explique, non par des destructions d’emplois, mais par le retour de nombreux Américains sur le marché du travail. Parce qu’ils reprennent courage dans leur capacité à retrouver un emploi, ils sont ainsi plus de 1 million à avoir rejoint la population active le mois dernier. La participation au marché du travail reste historiquement faible : moins de deux tiers des Américains en âge de travailler occupent ou recherchent un emploi (62,9 %). Mais ce ratio a augmenté de deux dixièmes sur un mois, ce qui est incontestablement positif.

Les Américains peuvent être d’autant plus optimistes que les entreprises embauchent à tour de bras . C’est le cas dans le commerce et la construction, mais aussi dans les usines. Quelque 257.000 postes ont encore été créés en janvier, soit nettement plus que ce qu’espéraient les économistes. Les chiffres des deux mois précédents ont par ailleurs été révisés en très forte hausse, avec 423.000 créations d’emploi en novembre, un record depuis presque cinq ans.

L’hypothèse d’une hausse des taux confortée

La Réserve fédérale, qui attache moins d’importance aux chiffres mensuels qu’aux tendances trimestrielles, a tout autant de chances de se réjouir : sur les trois derniers mois, les créations d’emplois ont atteint le rythme moyen de 336.000 par mois. Une performance remarquable, qui conforte l’hypothèse selon laquelle la Fed pourrait relever ses taux d’intérêt dès l’été prochain. « Je continue de parier sur septembre, mais les chances d’une hausse dès le mois de juin ont encore grossi vendredi », explique Guy Berger, chez RBS.

Les « colombes », qui aimeraient repousser cette échéance à l’automne, voire l’an prochain, ont toutefois de sérieux arguments pour eux : le pays a beau s’approcher du quasi-plein-emploi, les salaires continuent de décevoir. Les rémunérations ont augmenté de 2,2 % sur un an, soit à peine plus que l’inflation. On reste très loin des hausses de plus de 3 % que l’on observait chaque année avant la récession.

La hausse du dollar, qui n’est plus très loin d’arriver à parité avec l’euro, inquiète elle aussi. Elle pénalise les exportations et sape les revenus des multinationales. Le déficit commercial a explosé de 17 % en décembre, atteignant son plus haut niveau depuis la fin 2012. Il devrait entraîner une forte révision en baisse de la croissance au dernier trimestre 2014.

Lucie Robequain / Correspondante à New York
lesechos.fr

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