Connecte-toi avec nous

Finances

   |

Tontine : Une alternative pour atténuer la pauvreté ambiante

Les difficultés d’accès au système bancaire dans de nombreux pays en développement, ont mis en évidence le rôle extrêmement important et toujours croissant que jouent les circuits financiers informels, dont les tontines sont une des composantes essentielles. L’idée est simple : un groupe de personnes décide de créer un panier commun où chacun versera la même somme d’argent régulièrement. Cette somme profite à chacun à tour de rôle sous forme d’un prêt sans intérêts. C’est donc l’opportunité pour les plus pauvres, qui n’ont pas accès au crédit bancaire, de s’offrir un bien qu’ils désiraient.

Les tontines existent donc sur tous les continents du monde, mais elles sont plus répandues en Afrique et en Asie. Il s’agit d’associations de personnes qui, unies par des liens familiaux, d’amitié, de profession, de clan ou de région,… se retrouvent a des intervalles variables afin de mettre en commun leur épargne en vue de la solution de problème particuliers ou collectifs. La forme la plus élémentaire de la tontine consiste en une formule mixte d’épargne et de crédit qui fonctionne comme suit. Les participants versent régulièrement des cotisations de montant fixe a un fonds commun qui est distribué tour a tour à chacun des membres, désigné en général par tirage au sort ou suivant le principe de la rotation. Certains se retrouvent avec parfois 300 000 FCFA par mois en fonction de la mise exigée et du nombre de membres.

Un outil de socialisation

Les tontines existaient bien avant l’introduction de la monnaie dans l’économie. La tontine est constituée pour un cycle, renouvelable par tacite reconduction. Elle peut donc être illimitée si les membres le décident, ou s’arrêter après un tour complet pour telle ou telle raison. Certaines tontines tentent de se prémunir contre les risques sociaux tels que le décès, la maladie, les changements de domicile,…et elles prennent alors des précautions des la constitution de la tontine (cautions, avals, provisions,…). Un cycle trop long peut également engendrer la lassitude des membres ce qui conduit a des démissions ou à des oublis de paiement. Seuls les apports des membres de la tontine permettent de financer celle-ci. La tontine n’est pas bonifiée ou enrichie par des apports extérieurs aux membres. La constitution d’une caisse par le trésorier permet de faire face a certains frais supplémentaires pouvant intervenir lors du cycle. Cette caisse (également appelée cagnotte ou tirelire) est alimentée soit par un versement initial qui n’est pas redistribué par la suite, soit par un versement au cours du cycle qui est demande aux participants en cas de besoin. Malgré son importance, la tontine fait l’objet de nombreuses critiques. Critiques de la part des gouvernements qui y voient un frein au développement du pays par la mise en place de financements parallèles. Critiques aussi de la part des banquiers qui y voient une fuite de liquidités. Le véritable reproche économique que l’on puisse faire à ce système, porte sur l’égalité des membres : le premier bénéficiaire profite d’un prêt gratuit immédiat, tandis que le dernier obtient un prêt lorsque tous les autres en auront profité. Ainsi, comme il ne touche pas d’intérêts durant cette attente et comme l’inflation risque d’éroder la cagnotte, l’égalité est rompue.

Haro sur les mauvaises pratiques

Au Burkina Faso, c’est le Trésor public qui exerce la tutelle des Systèmes financiers décentralisés ou institutions de microfinance. La réglementation bancaire et celle des systèmes financiers décentralisés disposent que la collecte de l’épargne est conditionnée par l’obtention d’une autorisation préalable du Ministre de l’Economie et des Finances. Les tontines consistant à collecter des fonds par de tierces personnes tombent sous le coup de la loi selon le Trésor Public. Dans ce cas de figure, des individus collecteurs rejoignent leurs « clients » dans leurs domiciles ou lieux d’activités pour collecter leurs épargnes et pour décaisser ces épargnes au moment des remboursements moyennant une commission. Plus concrètement, le client s’engage à épargner selon une périodicité, généralement journalière, une somme définie à l’avance, sur une période donnée (31 jours en général) au bout duquel le total de trente (30) jours d’épargne, lui est restitué. L’épargne du trente-unième jour reste au profit du collecteur. Le Trésor appelle les citoyens à être vigilants car de nombreux risques sont liés à cette collecte illégale de l’épargne. Il s’agit d’abord des risques de détournement des fonds collectés à d’autres fins. Les cas les plus fréquents sont la disparition du collecteur pour des raisons diverses (décès ou fuite du collecteur). Ce cas empêche alors le respect des engagements du collecteur à savoir, la restitution des sommes collectées auprès de l’épargnant. Des collecteurs habitant les zones d’insécurité sont aussi fréquemment la cible de bandits qui les dépouillent des sommes collectées. La troisième limite est l’absence de rémunération de l’épargne et du caractère usuraire de la transaction. Au lieu d’être rémunéré pour son effort, l’épargnant paie des frais au contraire.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/ Groupe Ecodafrik

Annonce publicitaire
Lecture en continue
Commentez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


 

slide

NEWSLETTER

Recevez gratuitement notre newsletter

récents articles