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Télévision : La vie en mieux avec des chaines satellitaires ?

Les chaines cryptées payantes font recettes en Afrique et au Burkina Faso. Plongée dans un univers.

Dans les années 1990, le ciel africain était pratiquement vide en termes de présence de chaines de télévisions étrangères. Les rares chaînes nationales vivotent huit heures par jour, mais presque aucune ne couvre l’entièreté des territoires des États. Dans ce contexte, en 1991 à Paris, l’État et le groupe Canal+ inaugurent la première chaîne de télévision payante pour l’Afrique subsaharienne francophone, Canal+ Horizons. En sus de la diffusion satellitaire, la chaîne démarre des diffusions terrestres, au Sénégal en 1991, puis en Côte d’Ivoire en 1994. Copie de sa grande sœur française, la chaîne rencontre un succès mitigé en Afrique subsaharienne francophone les premières années de son lancement. Commercialisée à un prix très élevé, elle n’était accessible qu’aux seules élites africaines et autres expatriés fortunés. Pour la capter en Bande C, il fallait s’équiper d’un décodeur analogique et d’une antenne de 3,70 mètres. L’importation de ces équipements en Afrique revenait à plus de dix millions de francs CFA, juste après la dévaluation de la monnaie (1994). Avec un abonnement annuel probablement le plus cher du monde, Canal+ Horizons se montrait peu souple à l’endroit de ses abonnés d’Afrique subsaharienne. Il fallait d’abord payer au moins six mois d’abonnement en avance. Ensuite, sur le formulaire d’abonnement, le téléspectateur devait inscrire son statut mais aussi les contacts de son employeur, l’adresse de sa résidence secondaire, le numéro de son passeport… À partir de 1997, les choses changent. L’arrivée, sur les satellites, de TV5 Afrique et d’autres chaînes gratuites bouleverse encore un peu plus le ciel d’Afrique. C’est dans ce contexte d’opportunités que sont nés la plupart des télédiffuseurs africains, qui continuent d’exister aujourd’hui. Excaf au Sénégal, Multicanal ou Malivision au Mali, Neerwaya au Burkina Faso ou encore Media+ au Togo restent, jusqu’à ce jour, des acteurs prospères de la télévision payante. Au Burkina Faso, l’abonnement mensuel à Canal + oscille entre 5000 et 40 000 FCFA en fonction des bouquets. Mais, réunis au sein de l’association burkinabè des services de communication électronique (ABCE), des téléspectateurs trouvent ces montants exorbitants. Dans une déclaration publiée le 06 avril 2016, ils soutiennent que les services laissent souvent à désirer (qualité des images, du son,…) et s’insurgent surtout contre le fait que les clients doivent payer pour avoir accès aux chaines nationales ! Le groupe pour sa part affirme qu’il est constamment au service de sa clientèle. Entre 2013 et 2015, le nombre de ses abonnés en Afrique est du reste passé de 700.000 à 1,5 million. Avec 300.000 abonnés, la Côte d’Ivoire est le premier pays pour Canal+ sur le continent. Le sport, les films, les débats,… sont quelques unes des motivations de la ruée des téléspectateurs burkinabè sur les chaines satellitaires.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/ Groupe Ecodafrik

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