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SYSCOHADA Révisé : L’Expert-Comptable Amidou Ki, lève le voile sur la nouvelle réglementation du système comptable OHADA (SYSCOHADA) Révisé

 

Depuis janvier 2018, le secteur financier de l’espace Union Economique et Monétaire Ouest Africaines(UEMOA) observe de nouvelles règlementations comptables. Afin de mieux cerner ces reformes ainsi que les enjeux y afférant nous avons rencontré Monsieur Amidou Ki, Expert-comptable diplômé et Associé-Directeur de Missions au Cabinet FIDUCIAL EXPERTISE AK, structure exerçant dans l’audit, le commissariat aux comptes, l’expertise comptable, le conseil 1Z0-052 et la formation. Le Cabinet a été créé en janvier 1997 par l’Associé-Gérant sous la forme d’une entreprise individuelle et transformé en 2004 en société à responsabilité avec trois (3) associés. Lisez plutôt !

 

ECODUFASO : En ce début d’année 2018, quelle appréciation faites-vous du secteur de l’expertise comptable au Burkina Faso ?

Amidou KI : Le secteur de l’expertise se porte très bien. Mais force est de reconnaitre que le métier n’est pas assez connu du public et de certains opérateurs économiques. Nous entendons dire parfois que l’ordre national des experts-comptables et comptables agréés du Burkina Faso (ONECCA) est un syndicat de quelques personnes qui cherchent à protéger leurs intérêts personnels. Ce qui est n’est pas vrai. C’est l’occasion pour nous de rappeler que l’ONECCA-BF est une institution parapublique qui a pour vocation la défense de l’intérêt public. Il est créé par la loi 048-2005/AN du 20 décembre 2005 et le décret d’application n°2007-366/PRES/PM/MFB du 08 juin 2007. Cette loi est la transcription dans nos textes nationaux de la directive N°02/97/CM/UEMOA du28/09/97. L’ONECCA est ouvert à toute personne remplissant les conditions exigées par la loi. Et d’ailleurs, celui qui se sent lésé après un rejet de son dossier peut ester en justice.

C’est dans le but de corriger cette mauvaise compréhension que le bureau de l’Ordre a entrepris une série de communication à l’endroit des opérateurs économiques en particulier et du public en général.

 

Il y a de nouvelles réformes en matière d’harmonisation du secteur qui vient d’entrer en vigueur en janvier 2018. De quoi s’agit-il exactement ?

Plusieurs réformes concernant le secteur sont effectivement déjà en vigueur depuis le 1er janvier 2018. Il s’agit essentiellement du système comptable OHADA (SYSCOHADA) Révisé, qui est la norme comptable de l’espace OHADA applicable dans les dix-sept (17) Etats-parties et le Plan Comptable Bancaire (PCB) Révisé de l’espace UEMOA (norme comptable applicable dans les Banques et Etablissements de l’espace UEMOA). Pour finir, il y a le cas particulier du Burkina Faso qui démarre l’année 2018 avec https://www.itexamfun.com un nouveau Code Général des Impôts. C’est dire que 2018 est une année de réformes dans le milieu comptable, financier et économique.

Quelles sont les spécificités des nouvelles réformes du SYSCOHADA Révisé ?

Nous rappelons au passage que notre référentiel comptable n’a pas évolué depuis plus de quinze (15) ans et pendant ce temps l’environnement économique et financier est en perpétuelle évolution. La réforme était indispensable car le système comptable OHADA est devenu obsolète par rapport aux normes comptables et financières applicables à travers le monde et particulièrement aux normes d’informations financières internationales (IFRS). La révision dotera le monde des affaires d’un référentiel comptable moderne inspiré des normes d’informations financières internationales (IFRS).

Les spécificités des réformes sont de deux (2) ordres : certains traitements comptables ont été jugés non adaptés à la réalité économique actuelle ou parce que devenus obsolètes au regard de l’évolution du monde économique et financier. Ces traitements comptables ont été améliorés dans la reforme. Ces améliorations portent entre autres sur les engagements de retraites (provision pour départ à la retraite), les charges immobilisées, les contrats pluri-exercices, les contrats de locations, les provisions pour charges à répartir sur plusieurs exercices, etc.

Avec l’évolution de l’environnement économique, il est apparu nécessaire de prendre en compte certaines opérations ou transactions avec la proposition de traitement comptable approprié. Il s’agit des nouvelles dispositions telles que les innovations apportées en matière de traitements comptables des immobilisations (l’approche par composant, l’inspection ou révision majeure, le coût de démantèlement, d’enlèvement et de remise en état du site), les instruments de trésorerie, les instruments de monnaie électronique (transactions avec les opérateurs de téléphonie mobile, carte de carburant, carte bancaire non adossé à un compte bancaire, etc.), les coûts d’obtention de contrat, l’affacturage inverse, le contrat de franchise, etc.

Au Burkina Faso, comment le milieu accueille-t-il ces changements ?

Nous pensons que les réformes sont bien accueillies dans le milieu professionnel. Mais, certains sont un peu septiques quant à leur application effective. A l’endroit de ces derniers, nous dirons de prendre les mesures idoines pour son application, car nos autorités ont donné le top départ par l’adoption à travers la signature des textes (l’Acte uniforme relatif à la comptabilité et à l’information financière du 26 janvier 2017 et le règlement N° 01/CM/OHADA du 8 juin 2017). En plus, le nouveau Code Général des Impôts du Burkina Faso a pris en compte le SYSCOHADA Révisé. Qu’est-ce qu’on peut attendre encore pour appliquer le SYSCOHADA Révisé ? Nous mettons tout ceci sous le coup d’une insuffisance de communication et de sensibilisation. Mais nous avons bon espoir que tous les acteurs adhéreront très vite.

C’est également l’occasion pour nous d’interpeller nos autorités à prendre les mesures nécessaires afin que le SYSCOHADA Révisé soit enseigné dans les écoles, instituts et universités dès la rentrée 2018-2019 afin de ne pas vivre la même situation lors de l’avènement du SYSCOA en 1998. En rappel, le SYSCOA est entré en vigueur le 1er janvier 1998, et son enseignement au secondaire a été effectif cinq (5) ans après.

Le fait de dispenser cette nouvelle norme comptable dans les écoles secondaires le plus vite possible permettra à nos élèves et étudiants d’être plus compétitifs sur le marché de l’emploi, sachant que les entités préfèrent recruter les gens qui sont déjà opérationnels.

 « (…) 2018 est une année de réformes dans le milieu comptable, financier et économique.»

Vous avez personnellement produit un livre sur le sujet. Très succinctement, quels sont les points importants que vous mettez en évidence dans votre ouvrage ?

Effectivement, nous avons édité un livre intitulé « Analyse comparée et commentée de l’acte uniforme avant et après la révision ». Tout d’abord, nous tenons à situer le contexte de la rédaction de ce livre. Nous nous sommes engagés dans cette aventure parce que, nous avons constaté que la « Loi comptable » est méconnue par bon nombre de comptables et de praticiens, d’étudiants et d’élèves. Pour nous, pratiquer la comptabilité sans connaitre ses fondements (Acte Uniforme), est une pratique mécanique de la comptabilité. Ce livre est notre contribution à la production d’informations et de données financières fiables pour les acteurs économiques.

Les points essentiels mis en évidences dans notre ouvrage ont été regroupés en deux (02) catégories, traité deux (02) parties. La première partie présente le nouveau dispositif comptable de l’espace OHADA et la deuxième partie met en évidence les changements intervenus dans la règlementation comptable. Cette deuxième partie est organisé de la façon suivante : (i) la reprise juxtaposée du contenu de chaque article avant révision (à gauche) et après révision (à droite) ; (ii) nos analyses et commentaires relatifs aux modifications intervenues ; et (iii) notre avis sur certains points particuliers lorsque nous l’avons jugé nécessaire.

En plus du livre, nous avons édité deux (2) plans comptables du SYSCOHADA Révisé afin de facilité l’utilisation en milieu scolaire et en entreprise.

 

Quels sont les défis actuels de l’Expertise Comptable dans la sous-région et plus précisément au Burkina Faso ?

Les défis sont très nombreux et variés. D’abord, c’est d’outiller aux maximum les collaborateurs des cabinets pour faire face à ces nouvelles réformes afin de jouer pleinement son rôle d’accompagnateur des opérateurs économiques (l’expert-comptable est présent à chaque étape de la vie d’une entité : création, développement, difficultés et/ou liquidation). Ensuite, renforcer son partenariat avec l’Etat et ses Institutions car l’ONECCA a un rôle de garant de l’intérêt public. Enfin, l’Ordre doit continuer sa campagne de communication afin de rassurer les opérateurs économiques du professionnalisme de ses membres et par la même occasion, lutter contre la pratique illégale de la profession. Pour le moyen et le long terme, l’un des défis majeurs de l’expert-comptable est le numérique. Vous savez que cet outil est au cœur de toute activité intellectuelle de nos jours, donc l’expert-comptable de demain c’est celui qui saura maîtriser ces questions.

 

Quelles sont vos perspectives en 2018, pour une meilleure adoption de ces nouvelles reformes par vos confrères d’une part et aussi par les entreprises d’autre part ?

Je ne suis pas la voix la mieux autorisée pour répondre aux perspectives pour les confrères. Cette question relève du Président, du Bureau et du Conseil de l’ONECCA-BF. A ce que je sache, le Président et son Bureau ont déjà fait le nécessaire pour les confrères. Nous pouvons rassurer le monde économique que les confrères ont pris la question au sérieux et chacun mène le combat de la réussite sur le terrain.

Pour le deuxième volet de la question, les perspectives pour les entreprises, chaque expert-comptable développe des stratégies pour accompagner les entreprises dans la dissémination du SYSCOHADA Révisé. Pour notre part, nous avons organisé plusieurs sessions de formation aux cours desquelles, les entités ont manifesté beaucoup d’intérêt, à tel point que nous avons été obligés de programmer deux (02) sessions qui auront lieu en fin février 2018. C’est notre façon d’accompagner les entités dans la mise en œuvre de cette réforme majeure.

 

Merci à vous

 

Entretien réalisé par Balguissa Sawadogo

 

Balguissa Sawadogo

Ecodufaso.com/Ecodafrik.Com

 

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