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Suspension d’exportation d’Or industriel : Les conditions de coulée, de pesée et de colisage remises en cause

Depuis la semaine du 18 novembre 2019, une information faisait cas d’un blocage par les Douanes, des exportations d’or du Burkina Faso vers d’autres destinations. Elle sera confirmée plus tard à travers un courrier du Syndicat national des travailleurs des douanes (SYNATRAD), adressé au Chef du gouvernement burkinabè. Cette note suspend les missions des douaniers sur les sites miniers notamment la pesée et le colisage de l’or et des autres substances précieuses jusqu’à nouvel ordre. Elle serait liée à la situation sécuritaire que connait le Burina Faso et précisément celle de  l’attaque d’un convoi le 6 novembre 2019 au cours de laquelle un douanier, le contrôleur de douane Désiré Zindi Nikièma, a été grièvement blessé.

Des explications recueillies auprès de la Chambre des Mines du Burkina Faso (CMB) : « Pour que l’or sorte du Burkina Faso, il faut que les douaniers, les représentants du ministère des mines et ceux des finances participent à la coulée, la pesée et le colisage des lingots ».  Aujourd’hui les douaniers ne veulent pas participer à ce processus, ce qui crée le blocage étant donné que si un seul acteur manque, il ne peut normalement pas y avoir d’expédition.

Mais que dit la loi ?

Selon le Décret Numéro 2018-0970PRES/PM/MMC/MINEFID portant condition de coulée, de pesée, et de colisage de l’or produit industriellement et du contrôle de la quantité et de la qualité de l’or et des autres substances précieuses stipule en son Article 2, 3, et 4 ainsi respectivement ce qui suit. D’une part, la coulée est faite en présence d’un représentant du Bureau des Mines et de la Géologie (BUMIGEB). Elle fait l’objet d’un procès-verbal signé des représentants du BUMIGEB et la mine. D’autre part la pesée et le colisage sont faits en présence des représentant du Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina(BUMIGEB), de la Direction générale des mines et de la géologie et de la direction générale des douanes. Enfin, la pesée et colisage font l’objet d’un procès-verbal signé par le représentant du producteur, le transitaire et les représentant de l’administration.

Pourtant, une source proche des Douanes qui a gardé l’anonymat, nous livre plus de précision de ce qui se passe. Elle révèle en effet qu’au-delà de la sécurité des leurs agents,  les douanes s’érigent contre ce qu’ils qualifieraient d’injustice pour le Burkina Faso. En effet, à ses dires, le suivi des conditions de coulées, de pesées et de colisage d’or industriel ne serait pas « juste » pour celui qui aime son pays. Elle confie que le plus souvent ni la coulée, ni le colisage n’est fait en leur présence c’est-à-dire les différentes parties autorisées à cet effet. Leurs services seraient chargés uniquement de la pesée de colis déjà scellés et dont ils ignorent le contenu.

Une situation visiblement très ambigüe. En effet, contacté au téléphone pour en savoir d’avantages, le Secrétaire Général du Syndicat national des travailleurs des douanes, Mathias Kadiogo, qui venait de sortir d’une rencontre le 25 novembre, et dont le menu était consacré à ce sujet, ne s’est pas prononcé. Il a confié que des concertations auraient débutés et il serait préférable d’attendre les conclusions avant de se prononcer pour ne frustrer aucune des parties prenantes a-t-il indiqué.

Les regards sont donc rivés vers le SYNATRAD. Car, faut-il le rappeler, malgré le contexte sécuritaire dans la sous-région, le Burkina est l’un des pays où les activités minières sont aujourd’hui les plus dynamiques.

La production d’or du pays ne cesse de croître ces dernières années

Inférieure à 1 tonne par an au début des années 2000, la production d’or du pays ne cesse de croître : de 35 t en 2015, elle est passée à 38,5 t en 2016, 45,6 tonnes en 2017 et 52,66 t en 2018 (sans compter la production artisanale, qui s’élèverait, selon les autorités, à environ 10 t), avec douze mines industrielles en exploitation. Le pays s’est lancé depuis nombreuses années une politique d’attractivité des investisseurs étrangers pour favoriser le potentiel géologique prometteur du pays.

La production d’or a rapporté 266 milliards de F CFA aux recettes budgétaires, 1 540 milliards de recettes d’exportation et une contribution de 11,4% au produit intérieur brut, PIB selon el ministère des Mines.

Sur le plan social, l’or a permis en 2018 dans le sous-secteur industriel, la création de 9 200 emplois directs et 26 100 emplois indirects. Le sous-secteur artisanal pour sa part, est une source principale de revenus pour un million 500 mille de personnes pour une production annuelle d’environ 10 tonnes du métal jaune.

Balguissa Sawadogo

Ecodufaso.com/ecodafrik.com

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