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South African Airways: 90 jours ou la faillite ?

La compagnie aérienne South African Airways s’est donnée 90 jours pour mettre en œuvre son plan de restructuration, impliquant remise en question du réseau et diminution des coûts, sinon elle risque la faillite puisque le gouvernement a refusé toute possibilité de subvention.

La compagnie nationale d’Afrique du Sud a dévoilé le 9 décembre 2014 à Johannesburg le « plan d’action sur 90 jours » concocté par le CEO intérimaire Nico Bezuidenhout et le nouveau conseil d’administration, la date fatidique étant fixée au 24 mars prochain. Ce plan porte sur six points, à commencer par la recherche de nouveaux financements : South African Airways n’a toujours pas publié de résultats annuels (sur la période jusqu’au 31 mars dernier), ses problèmes d’argent n’ont cessé d’empirer les 14 derniers mois, et le Trésor a clairement dit non à toute nouvelle demande de capital. Cette quête pourrait passer par la vente d’une partie de son capital à Etihad Airways, en raison de son expérience des participations minoritaires y compris par exemple chez Air Seychelles, ou à d’autres investisseurs éventuellement intéressés (la compagnie nationale des Emirats Arabes Unis, qui partage ses codes avec South African Airways, n’a pas souhaité commenter).

Côté réseau, le CEO a d’autre part cité les aéroports de Hong Kong, Pékin (où elle perdrait 300 millions de rands par an) et Mumbai comme « cibles de réflexion » quant à leur avenir, soulignant qu’elles pourraient être supprimées ou faire l’objet d’accords avec d’autres compagnies aériennes. Certaines destinations ont déjà fait l’objet d’une décision de les annuler, a-t-il ajouté sans préciser lesquelles.

Parmi les autres enjeux prioritaires de la compagnie de Star Alliance figurent sa perte de compétitivité, en partie en raison d’une flotte vieillissante mais aussi de la crise Ebola, ou des problèmes de gouvernance : les membres du conseil d’administration précédent et du gouvernement se déchirent depuis 18 mois sur le sort du CEO Monwabisi Kalawe, qui est officiellement « en congé » (M. Bezuidenhout a refusé de dire s’il comptait prendre définitivement sa place, parlant d’un « problème de ressources humaines sans rapport avec les problèmes en cours »). Des contrats d’achats ou de leasing seront renégociés, et des économies réalisées dans certains aspects du personnel, sans licenciements.

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Le CEO a donné rendez-vous au 24 mars prochain, quand « vous pourrez me demander quelles liaisons ont été supprimées, si nous avons un rapport financier, si nous avons tenu une assemblée générale, et quelles options de partenariat en capital sont sur la table ». Outre la prévention à court terme d’une faillite, le plan de 90 jours vise à remettre South African Airways sur les rails du plan de redressement à long terme lancé par M. Kalawe.

La compagnie sud-africaine a annoncé la semaine dernière une hausse de ses capacités vers ses principales destinations en Afrique, Harare et Maputo ayant déjà bénéficié de fréquences supplémentaires (désormais 19 et 21 vols par semaine respectivement), suivies par Kinshasa et l’île Maurice (7 et 10). Des hausses justifiées par le développement important de ces pays, explique un communiqué de SAA : « le PIB du Mozambique a progressé de 7% en 2013, et celui de la République Démocratique du Congo de 8,1% (soit plus que les prévisions de croissance de la Banque Mondiale pour la région). En ce qui concerne Maurice, la demande loisir et affaires en provenance d’Afrique du Sud explique cette augmentation ». Et elle vise un renforcement de ses liens avec Air China, via une « reconfiguration des réseaux » afin de permettre de meilleures liaisons passagers et cargo entre leurs bases mais aussi vers les pays voisins.

François Duclos
air-journal.fr

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