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Seydou Boro : La danse au-delà des stéréotypes

Récompensé en 2015 de la distinction de Chevalier des Arts et des Lettres par le Ministère de la culture français, Seydou Boro est un Chorégraphe attitré de la nouvelle génération africaine qui a su se confirmé sur de grandes scènes partout dans le monde. Son crédo qui constitue en même temps sa particularité, se servir de la pluralité et de la multiplicité de la danse dans ses créations. Toujours entre Montpelliers, Paris et Ouagadougou Seydou Boro est l’on peut le dire, un homme du monde. Lui-même l’illustre dans ces propos «nul n’est prophète en son pays».

Né en 1968 à Ouagadougou, au Burkina Faso, Seydou Boro suit dès 1990 une formation d’acteur au sein de la compagnie de théâtre Feeren, dirigée par son oncle Amadou Bourou, un grand comédien et homme de cinéma Burkinabè. Il est ainsi interprète dès 1991 pour le théâtre, dans Marafootage, d’Amadou Bourou puis dans Œdipe-Roi de Sophocle d’Eric Podor. A l’écran, il incarne le rôle-titre de Soundjata Keïta, dans Keïta, l’héritage du griot de Dani Kouyaté (primé au festival panafricain du cinéma de Ouagadougou). Mais auparavant il faut le dire Seydou Boro s’est essayé au football au Rail Club du Kadiogo puis il a ensuite il s’est formé en tant que programmateur en gestion informatique. C’est donc armé d’une grande expérience et toujours émerveillé par l’amour pour sa liberté dont il a choisi d’exprimer que par la danse que Seydou Boro se lance sur les chemins de la chorégraphie contemporaine.
Pour mieux appréhender la personnalité l’homme, nous nous sommes appuyés sur un extrait d’article du journal du site Libération qui résume le tout en ces termes « En attendant, il sirote une bière et fume des Marlboro. Mauvais pour le danseur? Il nourrit son grand corps comme il l’entend. C’est sa manière de s’entraîner, de résister à tous les moules où il serait facile de glisser. A Montpellier, au centre chorégraphique, il ne suit pas les cours. «Quand ça devient propre, ça enlève l’émotion. Je suis entré dans le système français tout en conservant ma liberté. Si on ne travaille que sur la gamme européenne, on ne va pas bouger d’un iota. Quand on a la chance d’avoir une certaine saleté, impureté du corps et du mouvement, il faut la garder, cela peut apporter de nouvelles formes.» Mathilde Monnier, la directrice et chorégraphe, ne s’en offusque pas, au contraire. Ils se sont rencontrés pour la création d’Antigone, une pièce que la chorégraphe a montée avec des acteurs et des danseurs africains. Depuis, il est resté dans la compagnie. Il n’a jamais rompu le lien avec Ouaga: «Si on reste deux ans d’affilée en France, on se fragilise. Le pays, la famille donnent une autre dynamique. Il faut venir au Burkina, au « pays des hommes intègres et de la poussière, pour comprendre ma démarche, pour me voir comme je suis.» Il continue à y travailler et à s’y produire régulièrement. Les choses avancent vite, très vite. L’intérêt augmente, les demandes de stage aussi. Au départ, les spectateurs d’Ouaga trépignaient dans la salle, criaient «Musique!». Mais la musique n’arrivait pas, il avait décidé de rompre avec les éternels accompagnements percussifs. Tête dure, Seydou Boro ne cède sur aucun de ses partis pris. »

L’une des grandes étapes qui a marqué la vie de cet illustre chorégraphe burkinabè c’est sans doute sa rencontre avec Salia Sanou en 2010 pour former un duo spectaculaire. Ils lancent tous deux la compagnie « Salia ni Seydou ». Aujourd’hui Seydou Boro poursuit sa montée tout seul avec sa compagnie « Seydou Boro ». Le festival Dialogue du corps qui mobilise chaque biennal les amoureux de la danse contemporaine est l’un des évènements farddont il en est le promoteur.

Dates clés
1986-1988 Joueur en 1re division au Rail Club du Kadiogo.
1988-1989 Formation de programmateur en gestion informatique.
1991 Animateur d’ateliers d’initiation théâtrale pour les jeunes des quartiers de Ouaga.
1993 Danseur dans «Antigone» de Mathilde Monnier. Depuis, il est danseur permanent au centre chorégraphique de Montpellier.
1994 Il crée avec Salia Sanon «le Siècle».

Balguissa Sawadogo
Ecodufaso.com/ Groupe Ecodafrik

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