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SECTEUR INFORMEL: Quand les coupures d’eau affectent les activités

Obtenir de l’eau potable dans les quartiers périphériques de la ville de Ouagadougou, communément appelés quartiers non-lotis, est devenu un parcours du combattant. Cette situation affecte fortement les activités des acteurs du secteur informel. Nous avons sillonné ces quartiers le 4 juin 2015 et le constat est sans commentaire.

Les longues coupures d’eau ne sont pas sans conséquence pour les activités socio- économiques du secteur informel. Une grande partie de ces derniers se plaint de la baisse de leurs revenus, faute d’eau pour pouvoir travailler correctement. Une visite matinale le 4 juin 2015, nous a permis de faire l’amer constat dans les quartiers périphériques, notamment celui de Katr – Yaar. Soulemane Kafando, mécanicien de son état, n’arrive plus à coller ni à laver les motos qu’il répare depuis un certain temps. Ce qui réduit fortement ses entrées d’argent. A quelques mètres du garage de Soulemane Kafando, une borne fontaine. Mais elle a cessé de fonctionner depuis près de deux mois selon les personnes que nous y avons rencontrées. Ce qui met en difficulté, Hermane Sandwidi, vendeur de briques, à trois mètres de cette borne fontaine. L’eau étant un élément clé dans la conception des briques, il est obligé de parcourir plusieurs kilomètres pour avoir cette matière essentielle pour ses activités. Ce qui lui prend assez de temps et d’efforts. Dans cette affaire de coupure, les gros perdants sont ceux dont la principale activité est la vente de l’eau. Plus d’eau, plus de matière première, disent certains d’entre eux. En effet, ces derniers se ravitaillent en eau auprès des gestionnaires des bornes fontaines pour la revendre à ceux qui en ont besoin. Voilà pourquoi lorsqu’il n’y a pas d’eau, leurs activités s’arrêtent. La situation ne fait pas non plus l’affaire des gestionnaires de bornes fontaines. Il était 6h lors que nous arrivions à la borne fontaine gérée par Awa Essé, dans le quartier non loti de Katre Yaar. « C’est trop tard ! Il n’y a plus d’eau depuis », a-t-elle dit tristement. Elle a confié que ce n’est que la veille que l’eau est revenue au niveau de sa borne fontaine. Et ce, après trois semaines de rupture soit du 23 mai au 2 juin 2015. Borne fontaine

 

Le pire est que, à peine revenue, l’eau se coupe. Du coup, elle n’a plus rien pour distribuer à ses clients. Ce qu’elle regrette le plus, c’est les montants élevés de ses factures d’eau, bien qu’elle n’ait pas d’eau à tout moment. Souvent, a-t-elle révélé, les factures sont plus élevées que les recettes. Malheureusement, elle n’a pas eu de l’eau pour sa famille. « Parfois, nous dormons au bord de la fontaine sans obtenir la moindre goute d’eau », a t- elle soupiré. Pour mesurer l’ampleur de la situation, nous avons rencontré le président de l’Association des gérants de bornes fontaines du Kadiogo, Moussa Nagabila. Pour lui, l’heure est grave ! Les coupures d’eau, a-t-il confié, ont entrainé la fermeture de plusieurs bornes fontaines, faute de pouvoir payer les factures. « Nous vendons à perte parce que les recettes ne couvrent pas les factures mais nous sommes obligés de vendre l’eau, souvent la nuit, sinon la population n’aura pas d’eau », a dit Moussa Nagabila.

Mounbarak SILGA
ecodufaso/ Group ecodafrik

Légende
1- A l’image de cette borne fontaine, rares sont celles qui arrivent à fournir l’eau aux populations
2- Des charrettes en attente d’être chargées

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