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Secteur de la microentreprise au Burkina Faso : Le CGA pour la formation…

Secteur de la microentreprise au Burkina Faso : Le CGA pour la formation des acteurs

Le secteur dit informel ou dorénavant microentreprise contribue en grande partie dans l’économie au Burkina Faso en matière d’investissement et de création d’emplois. La grande majorité des acteurs de ce « secteur » ne sont pas instruits, ce qui entraine une méconnaissance de la règlementation en matière d’investissement, de création d’entreprise, de paiement des taxes et impôts y afférant, etc. C’est pourquoi le Centre de Gestion Agrée s’est fixé comme priorité, depuis sa création, un accompagnement de priorité des acteurs. Dans l’objectif de mieux comprendre les réalités d’une telle structure, son organisation et ses actions, Ecodufaso.com a rencontré son premier responsable, le Directeur, Boukary SAWADOGO. Lisez plutôt !

Ecodufaso.com : Présentez-nous le CGA.

Boukary SAWADOGO : Le Centre de Gestion Agrée de Ouagadougou est une Association régie par la Loi 10/92. C’est une structure portée par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso (CCI-BF) qui a pour mission d’apporter un appui-conseil aux petites et moyennes entreprises, notamment celles qui relèvent de la Contribution de la Micro Entreprise (CME) et celles qui relèvent du régime du Réel Simplifié d’Imposition (RSI). C’est une structure Agréée par le Ministère en charge des finances qui a pour tutelle technique le Ministère en charge du commerce. Les parties prenantes sont les principales organisations d’appui au secteur privé.

L’accompagnement des microentreprises est l’une de vos priorités au CGA. Quelle lecture faites-vous du secteur informel dans le Burkina post crise ?

La cartographie de cette catégorie d’entreprises n’a pas changé. Elles vivent toujours les mêmes préoccupations. C’est un secteur qui est caractérisé par l’ignorance, une faible organisation, une faible productivité une méconnaissance des différentes règlementations au plan national. Du coup, cela ne les permet pas de profiter au mieux des opportunités qu’offre l’environnement. C’est pourquoi nous avons dit depuis longtemps qu’il fallait mettre l’accent sur un meilleur accompagnement de ces acteurs. La loi de finance 2014 Gestion de l’Etat 2015 essai d’aborder les choses dans ce sens et nous pensons que cette façon de faire pourrait amener ces acteurs à se rapprocher d’avantages de l’administration et des acteurs institutionnels qui sont chargés de les appuyer. Ce qui faut dire, c’est que les relations avec ces acteurs dit du secteur informel (puisse que maintenant nous les appelons microentreprise) sont caractérisées par un isolement et ensuite ils ont une certaine méfiance de chaque partie. Il y a en tous cas un regard assez faible du politique pour ce qui concerne leurs préoccupations en termes d’organisation, de formation, éducation de ces acteurs. Au plan international même des exemples de pays émergents, cette catégorie d’entreprises n’a pas été ignorée dans les stratégies pour construire un bassin de PME dynamique. Si l’économie informelle était organisé structuré et dynamique cela permettrait de tirer la croissance des grandes entreprises.

Depuis la mise en œuvre du plan d’action du CGA au Burkina, quels ont été les acquis engrangés?

Depuis 2009, nous n’avons pas cessé de déployer un certains nombres d’actions, cela a permis de rapprocher les microentreprises du CGA. Et maintenant, de la familiarité de la confiance qui est née, nous arrivons à faire passer des messages assez importants au niveau des marchés, au niveau des acteurs qui sont installés au bord des routes aussi bien à Ouagadougou qu’à Bobo Dioulasso et dans les différentes régions. En termes aussi d’acquis chiffrés l’on peut noter que depuis le CGA est ouvert nous avons implémenté l’accompagnement de 500 entreprises qui relèvent de de la CME. Après cela nous avons demandé à ce que l’administration fiscale fasse des faveurs eu profit des PME. Dans la Loi de Finance Gestion 2015, il y a eu une faveur fiscale, c’est-à-dire une réduction d’impôts de 25%. Lorsque le Gouvernement entreprend des actions d’envergures qui touchent ces acteurs, le CGA est mis à contribution par ce que nous connaissons mieux ces acteurs. En 2011, nous avons participé à la Gestion des crises nées des différentes casses qui ont touché la plupart des différèrent magasins de petits commerçants. Nous avons contribué à gérer l’indemnisation au profit de ces acteurs, pour un montant de plus de 600 millions de dédommagement distribué à ces acteurs, et le reste a été retourné au ministère en charge des finances. Nous avons également participé à la promotion des dispositifs de financement de l’Etat au niveau des 13 régions aussi bien en 2013 qu’en 2014, sur la base de la sensibilisation sur les modalités de financement, les précautions d’usage qu’il faut pour prendre un crédit. Nous avons suivi au profit de l’Etat, les acteurs qui ont bénéficié de dédommagement pour voir quelles étaient leurs nouvelles préoccupations. Récemment nous avons appuyé le FBDES dans le cadre du Programme Socio-économique d’urgence pour former plus de 600 acteurs, qui doivent bénéficier de financement, en plus des acteurs que nous avons incubé. Nous avons assuré l’incubation de 148 acteurs et finalement nous avons eu 144 effectivement incubés. Des propositions de financement ont été faites pour ces acteurs. Malheureusement la ressource fait défaut, mais nous avons bon espoir qu’avec la prise en compte de ces besoins dans la Loi de Finances rectificative qui pas encore été adoptée, ces promoteurs pourront bientôt rentrer en possession de leur ressource. Nous pouvons donc noter avec satisfaction tous ce que nous avons fait en faveur de ces acteurs avec si peu de ressources. Nous avons aujourd’hui 100 acteurs relevant de la CME comme membres adhérents du CGA et 60 à Bobo Dioulasso. Ce qui nous fait un portefeuille de 160 membres. Nous avons essayé de travailler sur comment contre balancer les coûts de la formalisation à travers le développement de plusieurs services au profit des acteurs-ciblés.

Boukary Sawadogo CGA

2016, nouveaux dirigeants politiques donc nouvelles politiques nationales, nouveaux défis, etc. est-ce à dire que vos priorités vont changer ?

Les priorités ne changeront pas en tant que telle mais ce sont les urgences qui vont faire changer les choses. Nous allons faire un calibrage qui tient compte des nouvelles politiques. Nous allons aussi nous inscrire dans le cadre du PNDES en cours d’élaboration. Nous avons même été invités à apporter des contributions et nous allons nous nous y atteler. Nous avons dans ce sens un projet d’accompagnement de l’entreprenariat féminin. Il vise à identifier les femmes qui ont un grand potentiel d’entreprenariat et à les accompagner pour les permettre de découvrir de nouvelles niches qu’elles peuvent exploiter. Il y a aussi des initiatives telles que PAC-PME qui compte développer un ensemble de services au profit des microentreprises et faire en sorte que la formalisation soit plus simple et plus avantageuse pour elles. Ce sont ces deux projets fards que nous allons reverser au PNDS en espérant avoir les ressources nécessaires pour leurs réalisations.

Quelles seront vos actions en termes de perspectives en 2016 ?

En 2016, il s’agira de restructurer nos prestations. Nous sommes également dans un processus de certification pour s’assurer que ce qu’on fait répond au mieux aux besoins de nos clients. Nous allons nous projeter également sur l’accompagnement à l’international. Il y a des PME qui peuvent percer le marché sous régional et qui faute d’accompagnement se limite au marché intérieur qui s’avère étroit. C’est pour accompagner ceux qui veulent aller à l’international. Et aussi ouvrir un guichet appui à l’installation au Burkina Faso. Un entrepreneur étranger qui veut s’implanter au Burkina Faso en dehors des services offerts nous pouvons l’accompagner de de l’amont et à l’aval en lui donnant les ressources techniques, surtout informationnelles qu’il faut. Nous allons en réalité élargir la gamme de services.

Il y a aujourd’hui l’adoption du Programme SYLVIE qui est critiqué par certains syndicats de commerçants quelle appréciation en faites-vous ?

Tout système a ses avantages et ses inconvénients. SYLVIE c’est un outil qui rentre dans le cadre des reformes de facilitation des affaires. Et en même temps c’est outil qui va permettre de sécuriser les recettes fiscales. Tout le monde n’est pas prêt à payer l’impôt non plus. SYLVIE ne vient pas démultiplier les charges. Le type d’impôt n’a pas changé, la catégorisation de produits non plus et c’est seulement la façon de faire qui va changer. Peut-être que certains voient en cela la possibilité de pouvoir payer l’intégralité de ce qu’on doit payer comme impôt. Et si c’est cela le problème ; le débat est à un autre niveau que de repousser SYLVIE qui est un système neutre et transparent. Tout le monde veut aujourd’hui la transparence. S’il n’y a pas de recettes fiscales il sera difficile pour l’Etat d’avoir de la ressources pour accompagner les acteurs surtout les microentreprises. Ceux qui mettent en cause le processus doivent comprendre qu’en payant on le fait pour se développer d’avantages.

Existe-t-il au Burkina Faso à ce jour une cartographie des acteurs du secteur dit informel ou microentreprise ?

Il n’y a pas à notre connaissance une cartographie homologuée. Ce qui existe pour le moment c’est un répertoire sur la base d’études, soit par la CCCI-BF ou la Banque Africaine de Développement (BAD). Les résultats de l’étude de la BAD ont même révélé une cartographie à l’image de ce secteur qui est dominé par le commerce général qui a des difficultés pour lever des ressources et qui ont des gens qui ont pratiquement plus de cinquante années dans le domaine alors qu’ils ne se développent pas. C’est cette cartographie dont nous faisons allusion. Cela ne nous empêche pas de mener d’autres études. Nous envisageons de faire la cartographie de ces acteurs, de telle sorte qu’un opérateur privé ou un jeune étudiant qui veut intégrer ce secteur puisse avoir des informations nécessaires à ce propos avant de se lancer. Avec l’incubation que nous faisons, les projections financières de business plan sont basées sur l’intuition, des hypothèses validées par le promoteur, alors qu’en réalité, si on a une cartographie des différents corps de métier, coiffure, consultance, architecture, etc. on peut déterminer le seuil minimum qu’il faut pour démarrer une activité dans un secteur d’activité en fonction de la taille initiale. De telles données facilitent la rédaction de plans d’affaires et c’est en ce moment qu’on peut réellement parler de secteur porteur ou pas.

Un mot pour conclure notre entretien

C’est de vous dire merci pour l’intérêt que vous portez à ce sujet d’accompagnement des petites entreprises.

Entretien réalisé par Balguissa Sawadogo

Balguissa Sawadogo
Ecodufaso.com/ Groupe Ecodafrik

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