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SANTE SECURITE MINIERE AU BURKINA FASO : Entretien avec le Président de la Chambre des Mines du Burkina Faso, Tidiane Barry

Le Président de la Chambre des Mines du Burkina Faso, Tidiane Barry

La Chambre des mines du Burkina Faso (CMB) organise du 25 au 28 juin 2019 à Ouagadougou la 1ère Semaine Nationale sur la Santé Sécurité -Minière au Burkina Faso, placée sous le thème « Gestion des risques en milieu minier ». Le Président de la CMB, Tidiane Barry livre un aperçu de la situation en matière de santé sécurité au Burkina Faso, la nécessité d’une telle activité, ainsi qu’un point de l’organisation de cette activité qui constitue une première au Burkina Faso au vue de la thématique, dans l’entretien qui suit. Lisez plutôt ! 

Ecodafrik : La mine constitue l’un des secteurs à haut risque en matière de santé sécurité. Pourquoi une telle initiative ?

Tidiane Barry : Chaque année est célébrée la journée mondiale de la santé sécurité, à l’initiative de l’Organisation International du Travail (OIT). La question de la santé sécurité étant au cœur de l’activité minière même. En tant que faîtière des sociétés minières présentes au Burkina Faso, la Chambre des Mines du Burkina a donc voulu marquer le coup de cette journée en instituant une semaine nationale de la santé sécurité minière dont la première édition aura lieu à partir du 25 juin.

Pour ce qui est du Burkina Faso, quel aperçu pouvez-vous faire à ce sujet ?

Tout d’abord, il faut dire que la semaine nationale de la santé sécurité minière est à sa première édition. C’est pourquoi elle est pour nous un cadre de promotion et de partages d’expériences sur les bonnes pratiques de prévention, et de gestion des risques en matière de santé sécurité au travail, dans l’industrie minière mais également dans les autres industries et secteurs d’activités du pays.

Les activités minières et industrielles sont relativement nouvelles au Burkina Faso. Elles ont cependant été guidées d’un certains nombres de mesures d’accompagnement dont la santé sécurité qui s’est renforcée et s’est vulgarisée grâce à l’essor de l’industrie minière. Nous avons un rôle à jouer pour cette industrie qui emploi des milliers de personnes dans des environnements de travail qui présente des risques assez particuliers. Il s’agit de faire en sorte   que l’humain qui est au centre de l’activité minière le soit toujours à travers la dimension santé sécurité.

Quels sont les statistiques nationaux à ce jour ?

Les règlementions nationales prévoient de rapporter l’ensemble des risques qui peuvent se présenter dans les environnements de travail. Mais au-delà de ces règlementations nationales et de ce qu’elles imposent, les sociétés minières adoptent les meilleurs pratiques au niveau international. La nature même des activités minières fait de telle sorte que nous devons avoir la santé sécurité au cœur des actions. En effet, des équipements assez lourds sont utilisés dans les mines ainsi qu’un certains nombres de produits chimiques. De même La configuration des fosses d’exploitations qui peuvent être assez profondes, et surtout le nombre de personnes qui travaillent en même temps dans un lieu donné  font qu’il est très important que la  santé sécurité soit prise en compte dans le secteur minier.

En matière de statistiques, l’industrie minière au Burkina Faso aujourd’hui ne présente pas le record d’incidents et d’accidents par rapport aux autres secteurs d’activités par ce que les mesures de prévention et les systèmes de gestion de la santé sécurité ont été au cœur des préoccupations de chaque société minière depuis le départ. La santé sécurité est une valeur pour la société minière industrielle, et elle se manifeste justement par cette bonne maîtrise des incidents ou accidents qui peuvent se produire sur le site.  D’ailleurs, la notion de « Zéro incident » est une valeur mise en exergue par l’ensemble des sociétés minières.   C’est-à-dire, tendre vers le zéro incident dans le milieu du travail.

Quels sont les systèmes de gestion de sécurité mise en avant dans les mines en termes de prévention ?

Toute forme d’incidents qui peut se passer doit pouvoir être enregistrer. Et des mesures correctives et de prévention doivent être prises. Il faut donc avoir en place un système de gestion de la santé sécurité. Il s’agit d’un système qui permet donc d’abord de mesurer les différents risques, qui peuvent apparaître en milieu de travail. Et un système qui permet effectivement de gérer donc la mitigation de ces risques en milieu de travail. Et surtout un système qui emmène l’humain qui est au cœur donc de cette notion santé sécurité à adopter vraiment des valeurs et des réflexes qui permettent d’éviter les accidents et incidents en milieu de travail. Quelques soit la robustesse d’un système de gestion de santé sécurité, la première prévention consiste à sensibiliser, former, éduquer le personnel sur justement les risques qui peuvent se présenter dans l’environnement du travail. C’est cet engagement qui va vraiment porter des fruits. 

La Chambre des Mines dispose-t-elle d’outils de suivi des mesures de protection en santé sécurité au travail de ses membres (les sociétés présentes au Burkina Faso) ?

C’est du rôle de la Chambre des Mines, dans le cadre du partenariat qu’elle entretient avec les différents membres d’inciter et d’emmener les membres à vraiment d’abord adopter des valeurs de responsabilité sociale. Nous n’avons pas de pouvoir de coercition ou un rôle de contrôle, mais nous avons un rôle de sensibilisation. Nous voulons nous assurer vraiment que nos membres permettent à notre industrie minière d’évoluer selon les meilleures pratiques qui existent au niveau mondial. Effectivement des échanges sont faites dans ce sens.

Certaines sociétés minières au Burkina Faso sont souvent victimes des actes de barbaries des terroristes. Peut-on le classer dans l’ordre de la santé sécurité au travail ?

La question de la santé sécurité telle que nous la définissons ici concerne les différents risques professionnels qui existent en milieu de travail. Mais la sureté de façon générale est une préoccupation et de toute façon, l’idée est d’avoir la protection de l’être humain sur son milieu de travail comme valeur essentielle. Que ce soit la sureté, la santé sécurité ou d’autre formes de problèmes ou de contraintes qui peuvent arriver il faut le prendre en compte dès qu’il s’agit de la vie ou de la santé des êtres humains.

Quelles sont les activités qui sont prévues au cours cette première édition ?

Les activités vont s’articuler autour d’une table ronde, qui va marquer les échanges entre experts du domaine de la santé sécurité dans les mines, le 25 juin. Ensuite il va s’en suivre de deux journées de formation ouverte à différents publics, sur les risques en milieu minier, l’hygiène industriel, les techniques d’enquêtes et d’analyse des accidents, la protection des machines, le travail en espace clos, le travail en hauteur, les innovations en secourisme.

Il s’agit de tout un ensemble de thématiques qui seront abordées, à travers ces programmes de formations. Pour les partages d’expériences, des stands des différentes sociétés minières seront disponibles, et aussi des professionnels qui évoluent dans la santé sécurité viendront faire valoir ce qu’elles ont comme expertises, en la matière.

Une activité sur laquelle je voudrais insister est le  don de sang qui sera organisée. La communauté internationale célèbre chaque 14 juin, la journée du don de sang. Nous voulons en profiter pour promouvoir le don sang. D’autant plus que le mois de juin est un moment de fortes demandes avec l’évolution du paludisme. Cette semaine veut marquer vraiment la volonté des compagnies minières de préserver la vie des gens au-delà de la santé sécurité au travail.

Combien de participants sont attendus pour cette première édition ?

On anticipe à peu près un millier de participants. Ce qui marque un engouement pour l’activité. Et nous pensons vraiment que la thématique est très importante. Cette première édition va marquer le pas pour que chaque année l’on s’accorde pour que cette thématique sur la santé sécurité dans les mines soit discutée, échangée pour non seulement accompagner un bon développement du secteur dans notre pays, mais au-delà, promouvoir des valeurs qui sont essentielles surtout pour un pays qui a des ambitions d’aller vers l’émergence de l’industrialisation qui va souvent de pair avec cette problématique de santé sécurité au travail.

Les acteurs de l’orpaillage traditionnel pourront ils prendre part à la semaine ?

C’est une semaine qui est très ouverte. Nous pensons  qu’il faut associer toutes les parties prenantes. Il faut même souhaiter que l’on ait un maximum d’acteurs du secteur informel par ce qu’encore une fois il s’agit de mettre le capital humain au cœur de l’activité minière qu’elle soit industrielle ou artisanal.

Quelles sont vos attentes à l’issu de cette première semaine sur la santé sécurité organisée par votre institution ?

Il faut que chacun puisse rentrer chez lui en intégrant les valeurs de santé sécurité dans toutes ses dimensions de la vie. Que ce soit au niveau professionnel que familiale par ce qu’il y a également des activités de prévention qui constituent des réflexes que nous devrons adopter dans notre environnement au quotidien. Nous espérons que cette semaine va permettre une prise de conscience sur le thème principal et faire en sorte que ce soit une dimension ou chacun va apprendre un plus.

Je vous remercie

Balguissa Sawadogo

Ecodufaso.com/Ecodafrik.com

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