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Sans embellie économique, le Brésil reste parmi les « fragile five »

Même si la seconde moitié de l’année sera certainement un peu meilleure que la première, le Brésil reste malgré tout confronté à une panne de croissance. Les économistes ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance pour cette année et pour 2015, selon une enquête hebdomadaire de la banque centrale du Brésil publiée lundi 10 novembre.

Le produit intérieur brut (PIB) brésilien ne devrait ainsi augmenter que de 0,2 % cette année et de 0,8 % en 2015, selon la prévision médiane de l’enquête réalisée auprès d’une centaine d’institutions financières.

En 2010, lorsqu’elle avait été élue pour la première fois à la présidence, Dilma Rousseff – réélue fin octobre – avait hérité d’une croissance de 7,5 %. Le pays était alors soutenu par des prix des matières premières élevés et la consommation d’une classe moyenne émergente.

Le ralentissement de l’économie brésilienne avait débuté dès 2011, avec une croissance réduite à 2,7 %, puis à 1 % en 2012 et 2,5 % en 2013. Le Brésil a même connu une phase de récession cette année, l’activité s’étant contractée de 0,2 % au premier trimestre (par rapport aux trois mois précédents) puis de 0,6 % au deuxième trimestre.

PRODUCTION INDUSTRIELLE ET INVESTISSEMENTS EN RECUL

La faiblesse du marché international, et notamment le ralentissement de l’économie chinoise sont nocifs pour les exportations et les cours des matières premières. Le secteur industriel est en repli depuis plusieurs trimestres, alors que l’agriculture affichait une modeste croissance de 0,2 % au deuxième trimestre.

L’activité dans le secteur manufacturier et la construction a été particulièrement affectée ces derniers mois. Surtout, l’investissement a chuté de 5,3 % au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent, sa plus mauvaise performance depuis le début de 2009.

Cette tendance inquiète les économistes, qui reprochent aux autorités d’avoir misé sur une politique de soutien à la demande. Au deuxième trimestre, la consommation des ménages n’a augmenté que de 0,3 %.

LIMITES D’UN MODÈLE

Tout en pointant l’impact négatif de la sécheresse, qui avait affecté une partie du pays, et la « baisse des jours travaillés », liée à l’organisation de la Coupe du monde de football, le gouvernement brésilien avait assuré, fin août, lors de la publication des résultats du deuxième trimestre, que « s’il y avait récession, elle était déjà passée » et que « le rythme s’était « accéléré ces dernières semaines. »

Fin septembre, le gouvernement avait toutefois pris soin de diviser par deux sa prévision de croissance pour 2014, à 0,9 % contre 1,8 % précédemment. Il avait déjà revu sa prévision à la baisse en juillet, à 1,8 % contre 2,5 % auparavant.

Les prévisions de croissance pour l’année montrent que l’accélération évoquée reste très limitée. Pas suffisante, en tout cas, pour renouer avec le « miracle économique » des années Lula (2003-2010), le modèle sur lequel s’est construite l’économie brésilienne ayant atteint ses limites.

Le Brésil confirme ainsi son appartenance aux « fragile five » (« les cinq fragiles »), cette catégorie de pays émergents, où figurent aussi la Turquie, l’Inde, l’Afrique du Sud et l’Indonésie, décrite, en 5 août 2013, par un économiste de Morgan Stanley.

Ces pays se caractérisent par leur vulnérabilité économique et financière : dépréciation des devises nationales, inflation élevée, déficits courants importants, exposition au risque de fuite de capitaux et croissance faible.

lemonde.fr

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