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Roukièta Rouamba : l’écriture pour réinventer le monde

Elle n’a que 23 ans. Pourtant, elle a des projets plein la tête. Achevant sa licence en journalisme au Département Communication et Journalisme de l’université de Ouagadougou, Roukièta Rouamba puisque c’est d’elle qu’il s’agit, vient de mettre sa première œuvre littéraire sur le marché. Publiée en juin 2015 aux éditions Le Gerstic, « Vie dans la termitière » est une nouvelle d’une belle facture qui oscille entre pamphlet politique et exaltation de la liberté. Le chapitre « un matin d’octobre » sonne comme un signe prémonitoire de l’insurrection des 30 et 31 octobre 2015.

Joviale et dynamique, Roukièta Rouamba ne laisse personne indifférent. Elle aime le contact ; la chaleur humaine. Elle défend ses idées avec opiniâtreté mais toujours dans le respect de son vis-à-vis. Cette jeune étudiante en journalisme, est une mordue de lecture depuis l’école primaire. Enseignant, son grand frère l’y encourage fortement. Cette passion s’intensifie au secondaire. En 2009, elle reçoit le prix de la meilleure lectrice de la bibliothèque Ilias Diallo de Houndé. Elle vient de « dévorer » une vingtaine de romans avec de poignants résumés à la clé. La jeune Rouki s’intéresse à des auteurs comme Patrick Ilboudo, Mariama Ba, Chinua Achébé, Sembene Ousmane, Isaïe Biton Coulibaly,… Elle est captivée par leur style. Elle veut emboiter leurs pas. Mais elle hésite. C’est trop de responsabilités pour ses frêles épaules. Elle ne se sent pas totalement prête. Mais un proverbe finit par la convaincre : « Le plus grand voyage commence toujours par le premier pas ». A partir de ce moment, elle se décide. « Peut importe le temps que cela prendra, j’y arriverai. Je n’ai l’once d’aucun doute à ce sujet ».

En 2009, alors qu’elle est en seconde, Rouki commence donc un manuscrit intitulé « Affi ». Elle l’achève en première. Affi, c’est l’histoire d’une jeune élève promise à un bel avenir. Mais par la méchanceté de son entourage, elle se retrouve dans la rue à faire les filles de joie. Elle finit par tomber enceinte. Sa tentative d’avortement se solde par une mort tragique. Le destin d’Affi vient d’être brisé… Dans ce manuscrit en édition, Rouki dénonce l’ingratitude de l’être humain.

Vie dans la termitière : le parfum de l’insurrection

Aujourd’hui, Roukièta Rouamba se fait connaître dans l’univers littéraire burkinabè à travers sa nouvelle « Une vie dans la termitière ». La première édition date de septembre 2013. Revue et corrigée, l’œuvre est par la suite rééditée en juin 2015 aux éditions le Gerstic. A travers « Vie dans la termitière », Rouki dépeint une société en crise morale et politique. Cette nouvelle d’une brûlante actualité, décrypte également avec finesse la problématique existentielle de la liberté et du sens de l’honneur.

Roukièta Rouamba 2

La nouvelle comporte 04 chapitres : « Au pays de l’immoralité », « Plutôt la mort que le déshonneur », « la descente aux enfers de la famille Kaboolé », « un matin d’octobre ou la révolte des opprimés ».
A partir de janvier 2014, la jeune Rouki avait senti que « l’histoire s’accélérait au Burkina Faso ».

Roukièta Rouamba 3L’actualité politique nationale a donc été une grande source d’inspiration pour son œuvre. « Un matin d’octobre ou la révolte des opprimés », apparaît ainsi comme une description par anticipation de l’insurrection. Extrait : « Au cimetière, devant la tombe refermée de sa pauvre mère, Wilfried ne versa pas de larmes. Il fit ce qu’il fallait afin d’éviter aux générations futures ce que sa famille et lui avaient dû vivre comme misère des années durant: « s’engager ». C’est ainsi qu’il contribuera à la révolte d’un matin d’octobre qui a permis de chasser le Président de la République qui, des années durant, n’avait gouverné que par la ruse, le faux et le feu. » L’œuvre s’arrache comme de petits pains. Rouki appelle les jeunes burkinabè à s’engager pour être les acteurs du « vrai changement ». A ses yeux, la révolution est loin d’être achevée… La jeunesse doit donc se retrousser les manches.
Passionnée de lecture et de musique, Roukièta Rouamba voudrait hisser haut le drapeau burkinabè sur l’échiquier littéraire africain. Elle y croit mordicus. « Avec la plume, on peut oser réinventer le monde ». La référence idéologique est claire. Rouki poursuit son rêve. Avec un majestueux sourire et une inébranlable foi en l’avenir.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

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