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Romaric BADOLO, PDG D’ISTAPEM : La vision pragmatique d’un jeune manager

Romaric BADOLO. C’est un nom à retenir dans le cercle des managers et hommes d’affaires burkinabè. Ce trentenaire est déjà à la tête de deux entreprises qui tournent à plein régime : l’agence de communication Innov Afrikh et l’institut supérieur de technologies appliquées et de management (ISTAPEM). Mais le jeune manager n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Bien au contraire ! Il nourrit de grandes ambitions pour son pays. Une maxime le guide dans sa vie : « je vis lorsque je suis utile ». Malgré ses réalisations, Romaric BADOLO garde la tête sur les épaules. C’est un jeune homme affable et jovial qui nous reçoit ce 27 septembre 2016 dans son bureau de PDG au siège flambant neuf d’ISTAPEM sis à Ouaga 2000. Sans fioritures et sans acrimonie, il nous parle de son parcours, de ses rêves, de ses passions. Il se penche aussi sur ses déboires, ses moments de doute existentiel. Le manager averti qu’il est aujourd’hui en a vu des vertes et des pas mûres. L’école lui ayant été refusée, il était destiné à être… berger. Mais contre vents et marées, il tracera ses propres sillons. Romaric BADOLO est un condensé de vision et d’endurance.

L’homme a la poignée de main ferme. Le regard, vif. Il parle posément et distinctement. Il aménage son programme et nous reçoit promptement lorsque nous manifestons le désir de le rencontrer. Nos échanges se déroulent dans son bureau à Ouaga 2000. L’hilarité est au rendez-vous. Romaric BADOLO ne s’embarrasse d’aucune gêne pour nous dévoiler certains aspects de sa vie. Tenez. Dans sa famille, à Didyr, l’une des 10 communes de la province du Sanguié, ils sont 8 enfants en âge d’être scolarisés. Les 07 autres bénéficient de cette chance. Pour Romaric, c’est une fin de non recevoir. La décision est irrévocable. Il sera berger. Il s’acquitte de ce devoir à contre coeur. Pendant que ses camarades courent derrière le savoir, lui se voit dans l’obligation de courir derrière les bêtes. A l’âge de 12 ans, il parvient tant bien que mal à se libérer de cette contrainte familiale. Mais il est trop âgé pour les 03 premières années de l’école primaire. Romaric BADOLO s’oriente alors dans un centre de formation de jeunes agriculteurs (CFJA). Sa formation dure 03 ans. Ses encadreurs sont séduits par son potentiel.
Ils le présentent alors au certificat d’études primaires (CEP). Sans coup férir, le jeune Romaric décroche son diplôme en sus de l’entrée en 6è. Ses parents n’ayant pas les moyens de l’inscrire au lycée, il se résout à vendre du bois de chauffe et de la paille. Les ressources qu’il en tire ne suffisent pas. Pour compléter ses frais de scolarité, la maman se voit obligée de vendre son porc. Maintenant lycéen, Romaric réussi tour à tour au BEPC et au BAC A4 qu’il passe à Koudougou après avoir dispensé des cours à domicile pour financer ses études.
En 2005, son BAC en poche, il se retrouve à l’Université de Ouagadougou. N’ayant pas de soutien dans la capitale, il squatte les locaux de l’amphi A600 pendant près de 02 mois. Les conditions sont draconiennes. Mais il tient mordicus. Il finit par décrocher sa maîtrise en Lettres modernes. Il entame un diplôme d’études approfondies (DEA) dans la même discipline mais l’UO est en proie à des troubles. Romaric BADOLO rejoint alors l’institut CERCO au Benin. Il en revient 02 ans plus tard nanti d’un Master 2 en communication et marketing international. Il a les coudées franches. Adepte de l’autoemploi, il ouvre l’agence de communication Innov Afrikh sise à la ZAD. Le succès est vite au rendez-vous du fait de la qualité de ses prestations. Mais depuis 2008, Romaric BADOLO rêve d’offrir un espace de formation de qualité aux jeunes qui souhaitent entreprendre.
L’agence lui permet de faire des économies. Aujourd’hui, le rêve est réalité : l’institut supérieur de technologies appliquées et de management (ISTAPEM) ouvre ses portes aux étudiants pour des formations en communication, marketing, management, Banque et assurances, mines et carrières,…

« ISTAPEM, incubateur d’entrepreneurs »

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« Notre ambition est de faire d’ISTAPEM une marque, un label d’excellence, un incubateur d’entrepreneurs ». Pour ce faire Romaric BADOLO a choisi le Pr Issaka SALIA comme président du comité scientifique et Directeur académique de son institut. Au regard des nombreux défis que le Burkina Faso doit relever pour assurer son développement, Romaric BADOLO estime qu’il urge d’adapter le système éducatif, de reformer les curricula et surtout d’inculquer l’esprit d’entreprenariat aux jeunes. Il interpelle tant les pouvoirs publics, les promoteurs d’établissements qui sacrifient parfois la formation sur l’autel de leur intérêts mercantiles que les jeunes eux mêmes qui doivent se projeter dans l’avenir en tant que « créateurs de richesse ». A cet effet, l’ISTAPEM met l’accent sur l’entreprenariat et le coaching. L’institut développe des partenariats au plan national et international pour le placement de ses étudiants. Du reste, le slogan « l’aube de la connaissance » en dit long sur la spécificité d’ISTAPEM.

« Il faut savoir oser ! »

Jeune manager, Romaric BADOLO incite ses pairs à se lancer dans l’entreprenariat. « Il faut savoir oser » martèle-t-il. Se basant sur son expérience, il exhorte les jeunes à inscrire au rang de leurs valeurs non marchandables, la rigueur, la discipline, la remise en cause et surtout la foi en Dieu ; « centre de tout ».
En dépit de ses multiples occupations, l’homme trouve toujours su temps pour sa famille. « Elle est sacrée » ; confie-t-il. Il s’adonne aussi à la lecture et au sport (football). Romaric BADOLO, PDG d’ISTAPEM a à son actif un ouvrage sur la communication dans le management des projets en milieu rural et des recueils de poèmes non encore publiés. Il finalise aussi une œuvre autobiographique qui retracera les différentes péripéties de sa vie jusqu’à son métier d’entrepreneur. L’homme est convaincu que la jeunesse a un rôle déterminant à jouer pour le renouveau du Burkina Faso. « Pour cela, les jeunes doivent être audacieux et travailler sans relâche ». Comment Romaric BADOLO se projette-t-il dans l’avenir ? « Je rêve d’être toujours utile au Burkina Faso aujourd’hui et demain ». Tout est dit.

A.F.BATIONO

ecodufaso.com / ecodafrik.com

 

A la fin de nos échanges, Romaric BADOLO a répondu à notre quizz en nous donnant sa lecture des concepts suivants :

 

Argent : « C’est un moyen et non une fin en soi »

Affaires : « Les affaires vont de paire avec l’argent. Mais elles doivent obéir à une certaine éthique. Des biens mal acquis ne sauraient profiter ».

Management : « Principe de fonctionnement et de gestion basé sur des valeurs. Je suis adepte du management participatif et non directif »

Amour : « Abandon de soi »

Dieu : « Sans lui, je ne suis plus ! Dieu est tout ».

 

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