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Riposte à la COVID-19 au Burkina Faso : l’OMS montre la voie à suivre

Quand le premier cas de COVID-19 a été notifié au Burkina Faso, le 9 mars 2020, le pays subissait déjà une crise humanitaire et sécuritaire complexe depuis plus de 5 ans.

L’augmentation de la violence et de l’insécurité due aux groupes armés insurgés perturbe aujourd’hui la vie de 2,2 millions de personnes et a entraîné le déplacement de plus d’un million de civils. Dans un contexte où les populations ont fui les zones de conflit, la demande en services de santé a continué de croître, les attaques ayant réduit le nombre d’établissements de santé opérationnels. En septembre 2020, en effet, 95 établissements de santé ont été fermés, soit 85 % des infrastructures des 6 régions frappées par l’insécurité. Les faiblesses du système de santé, dues notamment à la mauvaise gestion des données et à l’insuffisance globale des services d’urgence sanitaire, y compris pour la riposte à la COVID-19, ont empêché la fourniture d’une bonne qualité de services de santé.

Malgré ces problèmes majeurs, le pays a commencé à assouplir avec prudence les mesures drastiques – confinement, fermetures de frontières – qui avaient été prises pour ralentir la propagation de la COVID-19. Il a même rouvert les écoles et les aéroports.

Orienter l’action du Burkina Faso contre la COVID-19

Le bureau de l’OMS au Burkina Faso a apporté un soutien utile au pays tout au long de la crise.

« Les orientations et l’aide de l’OMS ont joué un rôle important dès le début de cette urgence sanitaire » déclare Dr Alimata J. Diarra-Nama, représentant résident de l’OMS au Burkina Faso.  « Nous avons aidé le pays à se préparer en lui apportant un appui solide immédiat, en particulier en finalisant et en appliquant les plans de préparation et de riposte requis contre la pandémie de COVID-19 ».

Dr Alimata J. Diarra-Nama, une des chefs de file des efforts nationaux, raconte qu’elle commence sa journée en prenant connaissance des dernières informations et orientations publiées par l’OMS sur la pandémie afin de savoir ensuite comment répondre aux problèmes qu’elle rencontrera dans la journée. « Des orientations et des informations ont été systématiquement communiquées aux autorités nationales et ont guidé l’action globale du Burkina Faso », explique-t-elle. Et d’ajouter : « Le soutien apporté au pays par l’OMS a pris de nombreuses formes : communication aux partenaires d’informations actualisées sur le nouveau virus et l’évolution de la COVID-19 aux niveaux mondial et régional ; soutien logistique ; envoi d’épidémiologistes chargés de contribuer à la mise en place d’activités complètes de surveillance au niveau national ; lutte anti-infectieuse ; communication sur les risques et engagement communautaire, sans oublier l’ évaluation de la situation sécuritaire afin que les équipes puissent se rendre dans les régions les plus reculées du pays. L’OMS a aidé le pays à renforcer ses capacités à tous les niveaux ».

Ici l’OMS échange avec le chef traditionnel de Wendebel (site de déplacés internes situé à Dori, dans le Nord du pays) sur les mesures barrières de la Covid – 19, avant le début d’une séance éducative au profit des déplacés du site.

Renforcer le mécanisme de riposte à la COVID-19

Avec le soutien de l’OMS, treize nouveaux centres de triage ont été construits dans les établissements de santé du pays depuis le début de la pandémie. Dr Diarra-Nama estime qu’ils seront très utiles pour protéger les agents de santé et les patients, une fois même que le pic de la pandémie de COVID-19 sera passé.

Au début de l’épidémie, le laboratoire national manquait de moyens de transport pour les échantillons, dans un contexte mondial de tensions sur la demande.

Malgré les difficultés rencontrées, raconte Dr Diarra-Nama, les autorités de santé ont su tirer parti des compétences nationales, conjuguées avec l’expertise de l’OMS, pour produire ce matériel elles-mêmes en attendant l’arrivée des stocks.

Comme le raconte Dr Diarra-Nama : « Le Ministère de la santé a toute confiance en la capacité de l’OMS à aider le pays. À chaque fois qu’un problème s’est posé, notamment des pénuries de matériel, il a pu compter sur l’Organisation, 24 h/24. »

Pendant la crise liée à la COVID-19, le soutien apporté par l’OMS au Burkina-Faso s’est avéré déterminant sur plusieurs autres fronts :

En avril, l’Organisation a contribué à former plus de 550 agents de santé aux meilleures pratiques de prise en charge de la maladie causée par le nouveau virus.

Toujours en avril, l’OMS a organisé d’importants dons de matériel médical. Dans le même temps, une visite d’experts chinois a été accueillie dans le pays afin d’aider à combattre la maladie en s’appuyant sur les premiers enseignements tirés en Chine.

Le Burkina Faso a reçu des dons supplémentaires de matériel médical et bénéficié du soutien de plus de 60 fonctionnaires de l’OMS détachés dans le pays, profitant aussi d’une importante aide financière de l’Organisation.

L’évaluation et le renforcement des moyens de laboratoire du Burkina Faso a été l’une des grandes priorités de l’OMS pendant la flambée épidémique.

Même si le Burkina Faso a été moins touché par la pandémie que les pays voisins, 1 733 cas confirmés, dont 56 décès, y étaient recensés au 16 septembre 2020.

Dr Diarra-Nama souligne que, comme ailleurs dans le monde, la maladie a gravement compromis le fonctionnement des autres services de santé essentiels : « Au cours des trois premiers mois, toute notre action était polarisée sur la COVID-19. Nous pouvons désormais agir sur d’autres problèmes de santé publique, notamment en assurant la continuité des services de santé préventifs et curatifs au service des populations les plus vulnérables : enfants, personnes âgées, personnes atteintes d’affections chroniques, minorités et personnes handicapées ».

Ainsi, Dr Diarra-Nama et ses collègues ont pu reprendre l’initiative dans des domaines tels que la lutte contre le paludisme, la vaccination antipoliomyélitique, la lutte contre le VIH et la santé de la mère et de l’enfant : « Nous devons être certains que, malgré la pandémie de COVID-19, aucun autre problème ne soit négligé. »

Le Burkina Faso continue cependant de se heurter à plusieurs obstacles dans sa lutte contre le virus. À cet égard, la stigmatisation des personnes testées positives, la désinformation et la résistance aux mesures de sécurité sont des problèmes qui appellent aujourd’hui une plus grande attention, souligne Dr Diarra-Nama.

Dr Diarra-Nama explique que pour mieux informer les citoyens du Burkina Faso, ses collègues sont régulièrement en contact avec les différentes communautés nationales et souligne à cet égard combien il est important de disposer d’informations fiables et d’adopter un comportement sûr fondé sur les directives et les recommandations de l’OMS.

Source : OMS au Burkina Faso

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