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Retraite : Comment éviter le désastre pendant ses vieux jours ?

On n’y pense pas, ou rarement, quand on est dans la fleur de l’âge. Mais quand vient l’heure de la retraite, on n’est très souvent pas prêt. Alors commencent les problèmes. Cet autre moment important de la vie est alors vécu comme un drame. Beaucoup de nouveaux retraités ainsi accablés, meurent avant d’avoir eu la chance de jouir de ce droit de la société envers eux, pour services rendus. Comment bien assurer ses vieux jours sous nos tropiques ?

« La retraite commence dès le premier jour de l’embauche « . Cet adage propre au monde du travail n’est pas toujours pris à la lettre. Beaucoup ne pensent pas (ou pensent très peu), à assurer leurs vieux jours. Conséquence, la retraite perd de son caractère noble pour être perçue comme une sanction, voire une fatalité. Aller à la retraite rime dès lors avec condamnation à mort. La situation est si préoccupante que le taux de mortalité, dans les premières années de retraite est très élevé. Par exemple en 2005, la CARFO, la caisse de retraite des fonctionnaires de l’Etat a versé autant de pensions aux retraités vivants qu’aux veufs de retraités. Comme on le voit donc, l’espérance de vie du retraité est faible. Beaucoup se remettent immédiatement à rechercher d’autres boulots, question de vaincre l’ennui, mais aussi de faire face aux factures d’eau, d’électricité et aux ordonnances médicales qui ne manqueront pas. Avec la retraite, la consistance voire la périodicité du salaire change, mais les obligations mensuelles elles sont là et pressantes. Au Burkina Faso, aller à la retraite ne signifie pas l’arrêt des charges sociales. Si ce ne sont pas vos enfants, ce seront encore ceux de vos parents. Même à la retraite, on continue à avoir les charges d’un actif, comme l’explique avec humour ce retraité que nous avons rencontré à  » Antoine Nanga « , la Maison des retraités :  » Lorsque vous êtes en ville, les gens du village croient que vous vivez dans le paradis. Ils ne savent pas que vous devez tous les jours être un expert en mathématiques : additionner, soustraire, multiplier, diviser pour avoir le prix du repas du lendemain. Dans ces conditions, la retraite n’est vraiment pas une sinécure « .
Tout cela contribue à rendre redoutable cette période de la vie qui est attendue avec enthousiasme sous d’autres cieux. Il est cependant, possible de préparer la retraite et des exceptions heureuses, qui confirment la règle existent aussi chez nous. C’est le cas de ce cadre de banque à la retraite.  » J’ai vu venir les choses et j’ai planifié en conséquence », affirme-t-il. Puis de renchérir, le regard franc :  » l’avenir se prépare dès maintenant. A force d’attendre, on finit par être dépassé par les évènements et le cours de l’histoire « . Il faut donc veiller afin de ne pas être surpris quand viendra l’heure…

Le taux des cotisations

En vue de s’assurer une pension à la retraite, travailleurs de la Fonction publique ou du secteur privé cotisent. Les uns à la Caisse autonome de retraite des fonctionnaires (CARFO) ; les autres à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Pour bénéficier des prestations de la CARFO, il faut obligatoirement être un agent de la Fonction publique, un militaire ou un magistrat. Ensuite, il faut avoir accompli au moins 15 ans de service effectifs à la date de cessation d’activité pour lesquels les cotisations pour pension ont été régulièrement reversées à la CARFO. Le travailleur doit en outre avoir atteint la limite d’âge de son grade. Ces limites vont de 55 à 63 ans pour les agents de la Fonction publique et les magistrats et de 46 à 61 ans pour les militaires.
Toutefois, selon la CARFO, des exceptions sont faites, dans des limites bien précises aux personnes admises à la retraite pour cause d’invalidité et aux femmes mères d’au moins 03 enfants. Le financement des prestations est assuré par des cotisations dont le taux global varie entre 20% et 22% du solde indiciaire ou du salaire de base, soit 8% à la charge de l’employé et 12% à la charge de l’Etat employeur et 14% pour les employeurs des assurés en position de détachement. A la CARFO, le taux de la pension est de 2% du salaire de base de chaque année de service effectif. Les titulaires de la pension de retraite bénéficient d’une majoration pour enfants mineurs. Elle est accordée pour 4 enfants au maximum et son montant est de 17 912 F CFA par an et par enfant et est payable jusqu’à ce que les enfants aient l’âge de 20 ans. Cependant les enfants atteints d’une infirmité les rendant incapables de gagner leur vie sont considérés comme mineurs et ont droit à la majoration durant leur vie. La pension de retraite court pour compter du premier jour du mois suivant celui de la cessation d’activité. Pour bénéficier de la pension à la CNSS, il faut avoir cotisé pendant au moins 180 mois. Cela revient également à 15 ans de travail effectif.

Les textes méconnus

A la CNSS, la pension de retraite s’obtient en additionnant les salaires des cinq dernières années de service. La somme obtenue est par la suite divisée par 60. Au niveau de cette caisse, les cotisations recouvrent les trois branches. Les prestations familiales (7%) et les accidents de travail (3,5%) sont entièrement à la charge de l’employeur. La branche des pensions (11%) est assurée à part égale : 5,5% par mois pour l’employeur, autant pour l’employé. A la CNSS, on ne peut pas cotiser en dessous du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), qui est de 30 648 FCFA. On ne peut non plus excéder 600 000 FCFA, considérés comme plafond. Au cas où les cotisations d’un travailleur seraient en deçà des 15 ans, il lui est versé, en une seule tranche, une allocation de vieillesse. Mais au niveau des deux structures chargées de la gestion du régime de retraite, les responsables affirment que les travailleurs ignorent très souvent ces dispositions. Il s’ensuit incompréhensions, frustrations…
Outre la CNSS et la CARFO, les travailleurs peuvent également avoir recours aux sociétés d’assurance de la place. Mais ce type d’assurance n’étant pas obligatoire, il est peu pratiqué actuellement.

Prendre le taureau par les cornes

Il est bien possible de jouir d’une retraite relativement paisible. C’est en tout cas ce qu’assure l’Association nationale des retraités du Burkina (ANRBF). L’organisation de la retraite varie d’un individu à un autre. Elle est fonction non seulement du revenu mensuel mais aussi de la profession. Quelques astuces pour mieux la préparer. De nombreux agents du corps médical (pharmaciens, médecins, infirmiers, etc.), par exemple, préparent leur retraite en construisant soit des cliniques, ou des cabinets de soins ; soit des pharmacies. D’autres travailleurs s’adonnent au commerce, à l’agriculture, à l’élevage … Dans le milieu enseignant, les avis sont partagés. Si certains préparent leur retraite par la construction d’écoles primaires privées ou de collèges, d’autres comptent rompre avec la profession. Toujours est-il que ce n’est pas à la veille qu’il faille commencer à y penser. Parler de retraite, c’est donc s’inscrire dans une vision prospective. Mais il y a des travailleurs qui ne disposent d’aucun acte administratif au moment d’aller à la retraite. Si ce n’est pas le cas, ce sont les pièces qu’ils falsifient. Il y en a aussi qui ne déclarent ni leur femme ni leurs enfants. Or selon les textes, une femme épousée après la retraite, ou un enfant né dans cette même période n’ont droit à rien. Les spécialistes conseillent alors aux couples de régulariser leur situation à temps et d’éviter surtout des enfants mineurs après la retraite. En cas de décès, la pension du fonctionnaire est rétrocédée à ses ayants cause. C’est la pension de réversion. La retraite comporte donc de nombreuses implications. La question est d’autant plus complexe qu’il y a prescription si la demande de pension n’est pas reçue 05 à 09 ans après voir atteint l’âge de la retraite et cessé toute activité salariale. « Pour vivre une retraite heureuse, il faut bien la préparer, savoir qu’il y a des charges que vous ne devez pas avoir à faire une fois que vous êtes à la retraite ; c’est-à-dire par exemple les frais de scolarité… Or, si à 3 ans ou à 7 ans de votre retraite, vous avez un bébé, cela signifie que vous allez devoir supporter la scolarisation de cet enfant avec tout ce qui s’en suit. Et naturellement, ça peut être difficile. Autrement dit, la baisse du niveau de salaire doit correspondre à la baisse du niveau des charges. Nécessairement, la retraite nous oblige à nous redéfinir. Par exemple, on se demande comment on occupera notre temps et comment on pourra continuer de se sentir utile. Comme le travail occupe une très grande partie de notre vie, même ceux et celles qui attendaient avec impatience la retraite devront s’adapter à leur nouveau rythme de vie, trouver des projets dans lesquels ils se sentiront accomplis, s’investir dans de nouvelles sphères de la société. Et il faut y penser avant le moment fatidique ! » Tels sont les conseils d’Olivier Sawadogo, ex DG de la CARFO à tous les travailleurs présentement en activité.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/ Groupe Ecodafrik

Calcul de la pension

A la CARFO, le calcul de la pension se fait sur la base des éléments suivants :
– Le nombre d’années de services accomplis (15 ans minimum et 40 ans maximum)
– L’indice correspondant au grade soumis à cotisation détenu au moment de la cessation d’activité.
– La valeur du point indiciaire qui est actuellement de 2132 FCFA.
-Le taux de la pension qui est actuellement fixée à 2% par annuité liquidable des émoluments de base annuels soumis à retenues détenues au moment de la cessation des services valables pour la retraite.
Ainsi, la pension annuelle est égale à :
Indice X valeur du point indiciaire (ou salaire de base annuel) X nombre d’années de service X 2%.
On obtient la pension payée trimestriellement en divisant la pension annuelle par 4.
Un exemple concret. Un travailleur a un salaire mensuel de 100 000 FCFA. S’il cotise pendant 30 ans, combien aura-t-il comme pension à la retraite ? Calculons : Sur la base des 100 000 FCFA/mois, il aura 1 200 000 FCFA/an. Ayant cotisé pendant 30 ans, à sa retraite, il obtiendra 60 % de 1 200 000, soit 720 000/an. Sa pension trimestrielle, elle sera de 720 000/4. Ce travailleur se retrouvera alors avec 180 000 FCFA tous les trois mois soit 60 000FCFA/mois.

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