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Qui est le Pr Joseph Ki-Zerbo ?

Bref cours d’histoire sur celui dont l’Université de Ouagadougou porte le nom depuis le 26 décembre 2015.

Joseph Ki-Zerbo, historien, professeur et homme politique burkinabè, se distingue par un parcours intellectuel et académique exceptionnel. Il est né le 21 juin 1922 à Toma, petite bourgade située à environ 180 km au Nord–Ouest de la Capitale, Ouagadougou. Il fait ses études aux séminaires de Pabré (Haute volta) et Faladiè (Soudan français) et obtenu le Baccalauréat en 1949, alors qu’il était surveillant au Lycée Terrasson de Fougères de Bamako (Soudan français). Joseph Ki-Zerbo a effectué des études en sciences politiques et en histoire, à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (IEPP) et à la Sorbonne. Diplômé de l’IEPP en 1955, il obtient brillamment son Agrégation d’Histoire en 1956, devenant le premier Africain noir à avoir ce titre. De 1949 à 1956, tout en se consacrant à ses études, Joseph Ki-Zerbo mène une vie militante intense. Il est, entre autres, co-fondateur et premier Président de l’Association des Etudiants Voltaïques en France (AEVF); et de l’Association des Etudiants Catholiques Africains, Antillais et Malgache. A la même époque, il commence à écrire des articles engagés dans des revues telles que  » Tam-Tam » (qu’il a contribué à fonder) et  » Présence Africaine « . Plus tard, il se consacrera à écrire l’histoire de l’Afrique et à décrire les conditions de son développement endogène.

Engagement politique

En 1958, le Professeur Joseph Ki-Zerbo confirme son engagement politique par la création du Mouvement de Libération Nationale (MLN) avec une vocation régionale. Sous la bannière de celui-ci, il mène la campagne pour le NON au référendum du 28 septembre organisé la même année par le Général de Gaulle. Il se porte ensuite, avec son épouse, au secours de la Guinée (seule à avoir voté NON à ce fameux référendum) pour contribuer à pallier le départ des enseignants français. Dans le même temps, il développe et renforce ses relations avec les combattants de l’indépendance africaine et les grands leaders du panafricanisme tels que Kwame N’Krumah, Patrice Lumumba, Gamal Abdel Nasser , Franz Fanon, Aimé Césaire, Amilcar Cabral. A partir de 1960, l’action politique de Joseph Ki-Zerbo va se situer en Haute Volta où, constamment leader, il siègera au Parlement de 1970 à 2006. En outre, en 1980, il initie la création du Centre d’Etude pour le Développement Africain (CEDA) qui prône le « développement endogène ».

Intellectuel fécond

En plus des fonctions assumées dans l’enseignement au Burkina Faso, le Professeur Joseph Ki-Zerbo a occupé de nombreuses fonctions internationales au nombre desquels on peut citer: membre du Conseil Exécutif de l’UNESCO (1972-1978); Secrétaire Général du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur – CAMES (1967-1979); Président de l’Association des Historiens Africains (1975-2005). Il a également reçu de nombreuses décorations dont des titres de Docteur Honoris Causa et de Commandeur de l’ordre des Palmes Académiques. Joseph Ki‐Zerbo est l’un des plus grands penseurs de l’Afrique. Il a consacré la majeure partie de sa vie à lutter pour que l’Afrique soit considérée comme une véritable civilisation. Sa monumentale Histoire de l’Afrique noire (1972), première synthèse sur le sujet rédigée par un Africain, devient un ouvrage de référence. Impliqué dans la recherche au développement, il obtient en 1997 le prix Nobel alternatif et en 2000 le prix Kadhafi des droits de l’homme et des peuples. Auteur de nombreux articles et ouvrages, il publie en 2003 l’un de ses derniers écrits, À quand l’Afrique ? Entretien avec René Holenstein, très vite épuisé, et aujourd’hui réédité. Décédé le 04 décembre 2006 à Ouagadougou, le Professeur Joseph Ki-Zerbo est reconnu comme ayant été un intellectuel fécond, un infatigable travailleur qui a consacré toute sa vie à la cause de l’Afrique. En effet, le crédo de l’indépendance, de la construction et du développement, dans toutes ses dimensions (historique, économique et culturelle notamment), d’une Afrique unie, ont constitué le fil conducteur de l’ensemble de ses actes. L’étendue et la variété de son œuvre ne permettent pas de citer ici tous ses écrits. On peut juste mentionner les principaux d’entre eux qui sont :
Histoire générale de l’Afrique » vol I (1978) et vol IV (1991),  »
Eduquer ou Périr » (1990),  »
La natte des autres(dir.) » (1992),  »
A quand l’Afrique ? » (2005)

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

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