Connecte-toi avec nous

Développement

   |

Quatre banques sud-africaines pourraient perdre jusqu’à 53 millions $ en cas de faillite d’Ellerines

Une réunion regroupant plusieurs représentants d’entreprises aura lieu lundi 10 novembre 2014 prochain à Johannesburg, avec à l’ordre du jour le sauvetage d’Ellerines, la filiale du groupe bancaire African Investment Bank Limited qui s’en était détachée, après avoir été mis sous curatelle début août 2014.

La réunion de sauvetage devrait surtout examiner comment organiser le remboursement de la dette d’Ellerines qui a été évalué à 1,3 milliard de rands, dont pratiquement 591 millions (53 millions $) dus aux banques sud-africaines, notamment 241 millions rand à FirstRand, 150 millions à Standard Bank et 100 millions chacune pour Investec et Barclays Africa, fait savoir un communiqué de l’entreprise

Cette dette s’est généralement constituée sous la forme d’avances de crédit à la consommation accordées à la clientèle d’Ellerines avec une garantie de remboursement fournie par African Investment Bank qui, elle-même, fait aujourd’hui l’objet d’une restructuration. La réunion de sauvetage sera d’autant plus suivie par le secteur financier en Afrique du sud, qu’un rapport sur le marché du crédit laisse entrevoir que le recours des ménages à ce mécanisme de financement risque de chuter dans un futur proche

Dès le début de la crise d’African Bank, plusieurs analystes avaient critiqué son modèle d’affaire, qui l’avait poussé à accorder des prêts non sécurisés à des personnes qui finalement se sont retrouvé dans l’impossibilité de rembourser. En conséquence, les banques impliquées dans le processus ont dû provisionner davantage, face à l’accroissement des créances douteuses et dans le même temps, elles ont durci leurs conditions d’octroi des crédits.

Plusieurs scenarii sont envisageables pour le plan de secours et l’une d’elle pourrait être un nouvel engagement de l’Etat dans une logique consistant à sauver des emplois que représente Ellerines, mais aussi rétablir un équilibre dans les comptes de ses créanciers. Une mesure qui sera très critiquée par la partie de l’opinion publique qui n’avait déjà pas beaucoup apprécié le plan de sauvetage initial d’African Investment Bank Limited.

Une autre des issues serait de parvenir à une restructuration de la dette en question avec le risque pour les entreprises créancières de perdre leur argent, ce qui pourrait susciter plus de réticences, notamment pour les banques, à accorder davantage de facilités d’accès au crédit à la consommation. Ce serait alors un autre mauvais signal pour le marché du crédit dont l’Afrique du sud souhaiterait se passer, dans un contexte où l’inflation s’est envolée et le pouvoir d’achat des ménages a baissé d’autant.

Idriss Linge
Agence Ecofin

Annonce publicitaire
Lecture en continue
Commentez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.