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Pourquoi les Bourses mondiales sont en repli

ENTRETIEN Après avoir lourdement chuté mercredi, le Cac 40, comme les autres places boursières, est encore en recul ce jeudi. L’analyse de François Chevallier, en charge de la stratégie à la Banque Leonardo.
Après avoir lourdement chuté mercredi, le Cac 40, comme les autres places boursières, est encore en recul ce jeudi 16 octobre. Après un début de journée difficile – il perdait 2,02% à 12h – le Cac 40 a limité la casse puisqu’il a fini en baisse de 0,54% à 3.918 points. Mercredi, l’ensemble des Bourses européennes avaient terminé dans le rouge – le Cac 40 avait dégringolé de 3,63% pour terminer sous les 4.000 points, au plus bas depuis la fin août 2013.
Comment interpréter ces fluctuations ? L’analyse de François Chevallier, responsable de la stratégie à la Banque Leonardo.
Le recul que l’on observe depuis mercredi est-il une surprise pour vous ?
Absolument pas. On voit depuis plusieurs semaines que les voyants sont au rouge. Cela est essentiellement dû à la situation de l’Allemagne. Les indicateurs de confiance des entreprises allemandes sont très mauvais et la production industrielle a nettement reculé. Cela a fait perdre tout espoir aux marchés sur une remontée des profits. L’Allemagne risque bientôt d’être en croissance zéro. La locomotive est tombée en panne. On parle quand même du seul pays qui a un excédent commercial énorme et qui entraîne les autres États européens dans son sillage. En plus, les partenaires de l’Allemagne mènent une politique de l’offre, des réformes structurelles, tout cela est peu favorable à la croissance. Les marchés anticipent donc tout cela. Ils réagissent à la perspective de croissance zéro en zone euro. Derrière se profile donc la question de la viabilité de la zone euro. Les mesures de la Banque centrale européenne, avec l’annonce de taux d’intérêt négatifs en juin, puis de nouveau en septembre avec en plus des mesures quantitatives, ont contribué à ce que les marchés gardent confiance jusque-là. Mais Mario Draghi ne peut pas tout faire. On le voit par exemple avec le LTRO (les Long term refinancing operations sont des opérations de prêt de long terme à un taux avantageux, Ndlr) dont le bilan est assez pauvre puisque les banques l’ont peu sollicité. Peut-il faire davantage ? Je ne crois pas.
Ce ne sont donc pas comme certains l’expliquent, les mauvais indicateurs américains (recul des ventes de détail, hausse des stocks des entreprises…) qui sont responsables de ce fort repli des marchés ?
Non. On se voile la face en affirmant cela. La baisse des ventes de détail ne veut rien dire. Elles étaient très hautes, elles ont baissé le mois dernier, ce n’est pas un drame. Les entreprises américaines sont profitables, les ménages se sont désendettés et l’immobilier va bien. En plus, les salaires sont maîtrisés, il y a des gains de productivité et il existe un cercle vertueux entre la consommation et l’emploi. Non, le gros problème c’est la zone euro. Je le répète, la locomotive est en panne.
Comment voyez-vous le marché évoluer dans les jours qui viennent ?
En France, le marché du Cac 40 a longtemps été aux alentours de 4.400 points, c’est-à-dire qu’il était bien au-dessus de sa valeur d’équilibre de long terme qui est selon moi autour de 3.900 points. Là nous y sommes [jeudi le Cac 40 a fini à 3.918 points] . Les marchés pour l’instant surréagissent à la baisse, il n’y a pas eu de rebond technique aujourd’hui comme on pouvait s’y attendre. Il faut attendre les prochains chiffres notamment allemands pour voir ce qu’il se passe. La confiance des entreprises, l’indice PMI [il mesure l’activité du secteur privé de la zone euro, des Etats-Unis…], vont-ils continuer à baisser ? Je crains que ce soit le cas. L’indice IFO [un important institut allemand de recherche économique qui publie, chaque mois, un indice de confiance des entreprises] sera publié le 27 octobre, ce sera un élément déterminant. Pour l’instant, les gens se méfient. Je dirais qu’il n’y aura pas de rebond à court terme. Les marchés peuvent même aller encore plus bas. Toutefois, Il n’y a pas un risque de rechute immédiate, je ne pense pas que l’on tombe dans la récession à court terme. Il n’y a pas de panique en ce moment. Logiquement les gens vont attendre de connaître les prochains indicateurs. En attendant, je pense qu’il faut garder tout ce qui est défensif, non-cyclique [action de société dont l’activité et les bénéfices sont peu affectés par les fluctuations économiques] et qu’en revanche il faut se délester des valeurs cycliques [action sensible aux fluctuations économiques]. Ces dernières concernent notamment les secteurs de l’automobile et de l’immobilier.

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