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Pour l’économiste français Nicolas Baverez, l’Afrique est «à la veille de ses Trente Glorieuses»

L’économiste français Nicolas Baverez a estimé, dans un entretien publié le 2 décembre par l’hebdomadaire économique Challenges, que l’Afrique est «à la veille de ses Trente Glorieuses», tout en invitant la France à saisir «l’opportunité historique» que représente le continent. «Aujourd’hui, il y a une formidable demande dans ce continent qui est à la veille de ses Trente Glorieuses mais si on ne fait pas l’effort d’aller vers lui, d’investir, d’autres iront à notre place», a-t-il déclaré.

L’expression les Trente Glorieuses désigne la période de forte croissance économique qu’a connue la grande majorité des pays développés entre 1945 et 1973.

M. Baverez, qui a participé au Forum économique de la Francophonie tenu les 1er et 2 décembre à Dakar, a également appelé la France à rattraper so retard en Afrique par rapport aux autres puissances économiques. «Le premier partenaire de l’Afrique c’est la Chine et le Brésil est également extrêmement présent. C’est aux Français de prendre leurs responsabilités, d’admettre qu’ils sont en concurrence. Il faut aussi arrêter de penser que l’Afrique est perdue pour la démocratie et le développement. Depuis 2000, l’Afrique connaît des conflits mais le nombre de guerres diminue de manière spectaculaire. Les démocraties augmentent, la croissance est là : les gains de productivité sont de 3,7% et la croissance de la population de 2,5%. La mécanique du développement est en route», a-t-il dit. Et d’ajouter: «Nous devons donc retourner complètement nos visions sur l’Afrique et la considérer non pas comme une espèce de sous-continent quémandant de l’aide au développement mais comme une grande source de croissance au XXIe siècle qui peut aider l’Europe à retrouver du souffle et de la vigueur».

L’économiste a rappelé dans ce cadre que la France est en croissance zéro alors que l’Afrique, elle, est en croissance de 5,5% par an depuis 2000, notant que le continent peut atteindre une croissance autour de 7% et un niveau qui correspond à celui de l’Asie s’il réussit à augmenter les investissements dans les infrastructures. «Il ne fait pas de doute que, pour une Europe qui est vieillissante, en quasi déflation, en croissance zéro, l’Afrique est une opportunité. D’autant plus que pour plein de raisons culturelles, la France est proche de l’Afrique. Mais il faut bien comprendre que ce continent ne va pas attendre la France», a-t-il martelé.

M. Baverez, a par ailleurs indiqué que la France va à contre-courant de l’appétit croissant des puissances économiques mondiales et des pays émergents pour l’Afrique. «Regardez le mouvement des banques françaises. Elles se sont totalement désengagées de tout le continent. Il y a une régression intellectuelle dans notre pays, économique, politique. Le mouvement de repli sur l’Hexagone avec cette espèce de pseudo patriotisme économique, qui n’est rien d’autre que le fait de se regarder le nombril, est terrible. Depuis 2000, on a perdu la moitié de nos parts de marché en Afrique. D’accord la Chine a émergé mais le repli français est totalement à rebours du mouvement historique. Notre pays, à force de refuser la mondialisation, la grande Europe, refuse les opportunités. Et l’Afrique est une opportunité. Une opportunité historique», a-t-il fait savoir.

agenceecofin.com

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