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Portraits

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Portrait de trois jeunes entrepreneurs burkinabè

Le concours Challenge Startuper TOTAL a connu son épilogue le vendredi 25 mars 2016. Trois heureux élus ont été retenus et ainsi ont pu bénéficier de l’accompagnement de l’entreprise pour la réalisation de leur projet innovant selon les organisateurs du programme. Retour sur le profil de ces startuppers.

Premier prix : Bertrand B. ONADJA pour le projet CEVED

Bertrand B. ONADJA pour son premier prix reçoit un appui de 10 000 000 F FCA.
Le Centre de Valorisation Energétique des Déchets papier/carton compte créer une unité permettant de transformer les déchets papiers et carton en bûchettes de combustible. Si la technique existe dans d’autres pays, il s’agit d’une première au Burkina Faso. Le bois de chauffe reste le premier combustible des particuliers et de nombreux professionnels. Le ramassage et le transport de la matière première seront assurés par des coopératives et associations de femmes qui œuvrent déjà dans la collecte d’ordures ménagères. Un système d’achat à la tonne sera mis en place sur le site de fabrication. Le volume des déchets papier/carton facilement disponibles est estimé à 300 t/an, à Ouagadougou. CEVED anticipe un apport en capital de 6 millions de FCFA notamment pour aménager le site de production et acquérir bacs de macération, presse hydraulique, moules et tricycle de livraison. Sur la base de 20 jours de production par mois, la capacité de production mensuelle est estimée à 40 000 bûchettes. Avec une marge brute de 30%, le combustible sera commercialisé à 13 000 FCFA la tonne contre environ le double pour la tonne de bois. Le chiffre d’affaires sera de 3 millions de FCFA la première année. Le projet de CEVED contribue à absorber des déchets errants et à lutter contre la déforestation en se substituant au bois de chauffe. La cendre résiduelle peut être utilisée comme fertilisant. La start-up prévoit de recruter 5 personnes. Elle recrutera 3 personnes supplémentaires par tranche de 2 000 bûchettes produites par jour.

Deuxième prix : Ernest K. SANOU pour le projet GREEN ENERGY CHALLENGE

Ernest K. SANOU reçoit une enveloppe de 6.000.000 FCFA pour son projet Green Energy Challenge.
L’accès à l’énergie est une difficulté particulièrement contraignante pour la population rurale burkinabè. La population se tourne depuis toujours vers les énergies traditionnelles (bois, charbon) mais elles favorisent la déforestation et exposent les utilisateurs aux effets nocifs de la fumée. Par ailleurs, le milieu rural burkinabè manque de stratégie efficace d’assainissement et est soumis aux effets nocifs des excréments, des ordures ménagères et des pesticides déposés à l’air libre et polluant l’eau. Les Burkinabè sont ainsi exposés à des risques de maladies hydriques, qui constituent la troisième cause de mortalité au Burkina.

Pour pallier ces problèmes fondamentaux, Green Energy Challenge propose des complexes « bio-digesteurs-latrines » destinés à la production de biogaz. Construits en moellons pour garantir une durée de vie minimale de 20 ans, les complexes sont destinés à trois catégories de clients : les ménages en milieu rural et les particuliers, tels que les fermiers, les établissements comme les écoles, les hôpitaux ou les grands centres comme Bagré Pôle, et les entreprises investies dans des actions de responsabilité sociétale. Green Energy Challenge dispose d’ores et déjà d’une part de marché non négligeable au niveau national. Green Energy Challenge a besoin d’un capital de 26 millions de FCFA, pour financer les investissements indispensables à la bonne marche du projet. Sa capacité de production est estimée à 200 complexes la première année. Le prix moyen de vente des digesteurs est de 255 000 FCFA. Le chiffre d’affaires annuel sera de 50 millions de FCFA dès la première année. Green Energy Challenge permet à la population rurale burkinabè d’avoir accès à de l’énergie propre et de disposer d’un cadre de vie sain. Il contribue très fortement à la croissance de la filière agricole grâce à la vulgarisation de l’engrais biologique et assure la préservation de l’environnement. La startup compte recruter 6 personnes mais dès la troisième année, le capital humain sera renforcé.

Troisième prix : Benjamin P. MEDAH pour le projet FAPIS

La pêche et l’aquaculture constituent un sous-secteur de première importance pour le Burkina Faso pour leur contribution au développement économique et social à travers son apport à la création d’emplois, à la sécurité alimentaire et au budget de l’Etat. Ce sous-secteur emploie environ 41 000 acteurs (pêcheurs, transformateurs, mareyeurs et commerçants de poissons) et génère au profit de ces derniers près de 14 milliards de FCFA annuellement. L’offre nationale (environ 20 000T/an) ne satisfait toutefois pas la demande en produits halieutiques, ce qui entraine des importations massives (80 000T/an) et des fuites de devises. Pour réduire la dépendance du pays aux importations, il est nécessaire d’accroître la production de poissons pour la consommation nationale en développant l’aquaculture et la pêche (empoissonnement des plans d’eau).

Le projet vise à produire de façon intensive du Clarias (silure) à travers un système de production multi-cohortes. Pour valoriser les déchets azotés produits par les poissons et par la décomposition des aliments riches en protéines non consommés, les eaux usées issues des systèmes d’élevage seront utilisées en aval dans la production de légumes (tomates et choux). La start-up envisage donc de produire 500 000 alevins par an, 12 cohortes de poissons à raison d’une cohorte par mois et 12 cycles de productions légumières par an. Chaque cohorte durera 7 mois et passera par 04 étapes à savoir : la reproduction artificielle et l’incubation, l’élevage larvaire, le pré grossissement et le grossissement définitif jusqu’à la taille commerciale de 500 g. Les phases de reproduction artificielle, d’incubation, d’élevage larvaire et de pré grossissement se feront dans un système fermé ré-circulé sur aliment sec industriel où l’eau proviendra d’un forage. La phase de grossissement se fera, sur aliments produits à base d’ingrédients locaux, dans des bassins en béton de 72 m3 chacun, en circuit ouvert alimenté par l’eau du barrage. La capacité de production en poissons de consommation est estimée à 216 tonnes par an, celle en alevins à 500 000 unités par an et celle en légumes à 360 tonnes pour la tomate et 600 tonnes pour le chou. Le kilo de poisson marchand sera commercialisé à 1 000 FCFA contre 1 400 FCFA actuellement pratiqué sur les marchés. Les alevins seront vendus à 50 FCFA la pièce et le kilo de tomate et la pièce de chou à 100 FCFA chacun. Le CA annuel cumulé sera de 76,5 millions de FCFA la première année et de 224 millions de FCFA l’année suivante. Le projet contribuera à augmenter l’offre domestique de poissons pour réduire les importations, satisfaire une demande en pleine croissance et améliorer les revenus des acteurs du sous-secteur de la pêche (pêcheurs, transformateurs (-trices) et commerçants de poissons). Il permettra également de fournir à l’Etat des alevins de qualité en quantité suffisante pour ses programmes annuels d’empoissonnement des plans d’eau. La start-up prévoit de recruter 09 personnes en plus du promoteur.

Source TOTAL

Balguissa Sawadogo
Ecodufso.com/ Groupe Ecodafrik

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