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Portrait de Chantal Compte NIKIEMA : Une bâtisseuse qui ne jure que par …

Portrait de Chantal Compte NIKIEMA : Une bâtisseuse qui ne jure que par les matériaux

Pionnière dans le domaine de la construction et de la recherche, Chantal COMPTE NIKIEMA a bâti, pierre après pierre et surtout avec beaucoup de passion, sa vie d’entrepreneure auprès de ses parents avant de s’autonomiser pour créer une Société à Responsabilité Limitée (Sarl) dont la dénomination, « Calculs conceptions 3 Dimensions » (CC3D) traduit l’ambition d’une bâtisseuse qui ne jure que par les matériaux locaux et les techniques maîtrisés. Parcours d’une combattante de la liberté et de l’audace d’entreprendre.

Née à Bobo-Dioulasso d’un père burkinabè et de mère française, Chantal est partie de son Burkina natal à l’âge de 7 mois pour n’y revenir qu’à 24 ans. Avant même d’avoir son baccalauréat en Economie, série B, en poche, la jeune fille de 17 ans était déjà « passionnée de construction et de la recherche sur les matériaux ». Mais dans la France de l’époque, il fallait passer par des études de Droit pour prétendre évoluer dans le domaine de l’immobilier.

Elle se soumet volontiers aux exigences académiques afin de réaliser son rêve. Au début, elle voulait ouvrir une agence immobilière dans la région de Bordeaux où elle a grandi. Mais son désir de retrouver le bercail a été plus fort que tout. C’est alors qu’elle retrouve le Faso, exactement le 17 janvier 1981.

Une infinie soif d’apprentissage et de perfectionnement…

Dans la capitale économique du Burkina, son père faisait fonctionner merveilleusement une entreprise familiale qui évoluait dans la vente de matériaux de construction et dans le Transport. Portée vers l’entreprenariat privé et surtout soucieuse de trouver son propre espace d’expression professionnelle, Chantal ne pouvait pas mieux tomber. Après quelques années d’essais concluants le « vieux » NIKIEMA n’a pas hésité à lui confier les rênes de l’Entreprise NIKIEMA et Compagnie (ENC) quoique les 90% des employés étaient plus âgés. « Ce que j’aime dans l’entreprise, c’est la liberté, le risque » confie-t-elle. Loin de se contenter de gérer la routine, la jeune fille s’est ouverte aux ingénieurs des travaux publics en activité dans la ville pour assouvir sa soif de connaissance du domaine de la construction.

« Je suis allée apprendre comment on fait le calcul de prix auprès des techniciens de l’entreprise Colas commise à la construction de l’aéroport de Bobo-Dioulasso », se rappelle-t-elle. Ne pouvant pas avoir les facilités d’information et de communication qu’offrent les technologies actuellement, il lui a fallu lire, comprendre les techniques de construction et les faire appliquer.

Dès qu’elle a maîtrisé l’essentiel, elle a étoffé son équipe et s’est lancée dans la réalisation de « petits marchés » puis de marchés plus importants tels que des stations-services, certaines usines telles que SN-Citec, Saphyto, Sofapil , des bâtiments hospitaliers tels que le bloc technique de l’Hopital Sanou
Souro, le Centre Muraz et d’autres types d’ouvrages tels que le réaménagement de l’aéroport de Bobo Dioulasso et le gros œuvre du siège de Bolloré, etc.

A cette époque, une partie de son temps libre était consacré à fouiller dans la bibliothèque du BUMIGEG, pour connaitre les roches disponibles dans la zone et comment pouvait on les utiliser dans la construction.

C’est ainsi qu’elle a pu réaliser une cartothèque en pierres latéritiques taillées.

Pour réussir à gérer l’entreprise familiale, il a fallu à la jeune fille de s’armer de courage, mais aussi d’un grand sens de respect et de considération pour ses collaborateurs. Constatant une certaine raréfaction d’opportunités à Bobo-Dioulasso, Chantal a commencé à prospecter sur Ouagadougou, d’abord en faisant la navette entre les deux villes. En 2000, elle a fini par prendre la décision de lancer sa propre société dans la capitale, ainsi naquit CC3D.

Sa grande passion pour les matériaux locaux est restée intacte. Une fois installée à Ouagadougou, elle a initié la fabrication de la brique de terre compressée (BTC). Son souci, le confort thermique de ses clients.

« Ce que je veux, c’est de faire des maisons où les gens dorment dedans et non sur la terrasse quand il fait chaud » fait-elle remarquer non sans humour.

La BTC est une de ses innovations qui sont la preuve qu’on peut non seulement bâtir sans beaucoup de ciment, mais obtenir un gain thermique entre
2 et 7° afin de « contribuer non seulement au bien-être des populations mais aussi aux économies d’énergie et au développement du Burkina Faso ».

« L’entreprise est comme une équipe de foot »

Après trente ans au service de l’entreprenariat et de la recherche en matériaux locaux de construction, Chantal COMPTE NIKIEMA peut légitimement se satisfaire d’avoir mené le bon combat. Les différents chantiers qu’elle a réalisés de main de maître sont la preuve du grand optimiste qui anime cette femme qui croit « toujours que tout est possible ». Sa grande satisfaction est d’« être capable de diriger son entreprise et d’en faire une affaire qui marche et qui profite aussi bien aux employés, à leurs familles, aux clients et au pays entier ». Pour elle, « l’entreprise est comme une équipe de foot pour laquelle il faut avoir une vision, une stratégie. Pour gagner, les objectifs sont partagés avec tous et chacun doit viser l’excellence pour l’entreprise et pour lui-même ». C’est logiquement qu’elle n’a pas trouvé meilleur slogan à son entreprise que « Faire des ouvrages de qualité dans les règles de l’art à la grande satisfaction de ses clients ». A défaut de citer toutes les réalisations qui font la fierté de CC3D et de ses employés, on peut simplement indiquer pour la ville de Ouagadougou, le siège de la Mabucig, des villas Présidentielles à Ouaga2000, la rénovation du siège de la BICIAB-B, l’aménagement et la peinture du siège UBA, des bâtiments en BTC à la Mine d’Inata, des logements étudiants pour la Fondation 2ie etc.

Cinquantenaire depuis déjà quelques années, Chantal COMPTE NIKIEMA semble plutôt surprise par le temps. Quand vous lui parler de retraite, elle vous répond, « Il me faut plutôt sept vies pour accomplir tout ce que je rêve de faire ». Femme de poigne, elle ne s’embarrasse pas de dire ce qu’elle veut faire et de faire ce qu’elle dit. Ce qui donne parfois l’impression qu’elle est dure.

En plus de sa grande passion pour la construction et les matériaux locaux, Chantal COMPTE NIKIEMA est une cheffe d’entreprise très engagée au niveau national et international.

Elle a été successivement membre fondatrice et Présidente du Conseil d’Administration de la Fondation Entreprendre, Membre du Conseil Economique et Social du Burkina, Membre du Conseil d’Administration de la MEBF, Secrétaire Générale du Syndicat du bâtiment et des travaux publics, Conseillère économique du commerce extérieur pour la France, Présidente de l’association des clubs entrepreneurs étudiants. Autant d’engagement et d’investissement personnel sont, en fait, la confirmation de sa grande foi dans l’entreprenariat comme « moteur essentiel du développement ».

Encadré

Très préoccupée par l’avenir des jeunes qui veulent partager la même passion qu’elle, elle n’hésite pas à se laisser à quelques conseils pratiques :
1- Il faut partir sur des bases solides, viser l’excellence et ne jamais se contenter de l’à-peu-près ;
2- Etre persévérant,
3- Chercher soi-même les solutions à ses problèmes et savoir les partager avec les gens qui peuvent vous aider ;
4- Le plus grand capital, ce n’est pas l’argent, c’est la confiance. Si les gens vous font confiance, toutes les portes vont s’ouvrir à vous ;
5- Il faut être créatif.

Source : Extrait journal Le Promoteur

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