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POPULATION DE KOUNKOUFOUANOU: Une saison agricole en danger

Situé à 70 Kilomètres de la ville de Fada N’Gourma sur l’axe Fada N’Gourma frontière du bénin, Kounkounfouanou est un hameau de culture fondé en 1983 par des populations venues de différentes localités du Burkina. Depuis le 16 juin 2015, les populations de cette localité ont été chassées. Maisons, marché, boutiques, lieux de culte, greniers et autres biens ont été brûlés, dit-on, par les forces de l’ordre et de sécurité. La raison officielle de ce déguerpissement, est que ces populations se sont installées illégalement dans une zone pastorale. Aujourd’hui, ces populations n’ont plus de terres cultivables, plus de semences. Elle est exposée à la famine si rien n’est fait.

La saison agricole de la population de Kounkoufouanou est en danger. Obligée de quitter le hameau de culture depuis le 16 juin dernier, elle ne dispose plus de terres cultivables, ni de semences. Maisons, boutiques, marchés, lieux de culte, greniers, stocks de semences, tout a été incendié par les force de défende et de sécurité, a-t-on appris. Le peu de nourriture et de semences qui ont été sauvés ont germé à cause des pluies. Trouver la nourriture pour survivre est devenu le parcours du combattant. La famine est quasi-certaine si rien n’est fait. C’est la conclusion à la quelle nous sommes parvenu à l’issue de notre séjour dans ladite localité les 7 et 8 juillet derniers. Un tour à Nataboini, village situé à 7 KM de kounkounfouanou peut faire couler les larmes des personnes les plus courageuses de ce monde. Là, Femmes et enfants y dorment à la belle étoile. Les pleurs de plus petits par –ci, les cris de certains par là, c’est l’ambiance de ce camp de circonstance que nous avons visité. Les sachets sont utilisés à la fois comme des nattes, ou des moustiquaires. Une femme qui accouché à peine 5 jours après le déguerpissement a perdu l’un des jumeau, selon Adolphe Tankoano, responsable CCVC Gourma. La version officielle de ce déguerpissement est que ces agriculteurs sont installés illégalement dans une zone pastorale. Le secrétaire général de la région, Mahamad Michara, que avons rencontré à Fada N’Gourma, a indiqué que c’est une décision de conseil de ministre, notamment celui du 18 février 2015 qui a été mis en œuvre. Une conférence de presse sera animée, a-t-il confié, pour donner toutes les informations relatives à cette affaire. Le Direction provinciale de l’Action sociale et de la solidarité nationale du Gourma, Drissa Sawadogo a pour sa part indiqué qu’un recensement a été fait en vue de venir en aide aux personnes déplacées (environ 4900 personnes). Mais que pensent les habitants de kounkoufouanou ? Pour eux, les raisons avancées par les autorités sont ne sont exactes.

Kounkounfouanou 2

Ils sont convaincus que leur déguerpissement est lié à l’or qui a été découvert dans la zone en 20016. Pour corroborer ces points de vue, Adolphe Tankoano relate comment en est –on arrivé là. A l’en croire, en août 2004 l’administration est venue implanter des bornes. Les paysans se sont inquiétés et le haut commissaire de la kompienga d’alors les a rejoints en 2005 pour leur expliquer que les bornes délimitent deux zones. Une zone pastorale et une zone agricole. Il leur avait dit à l’époque, que tous ceux qui étaient installés dans la zone pastorale devaient quitter pour rejoindre la zone agricole. Ce qu’ils ont fait. Il leur avait dit qu’il ne s’agissait pas seulement rejoindre la zone agricole, mais il fallait observer une certaine condition. Il fallait construire les premières habitations à une distance d’au moins 500 mètres, et les premiers champs à 1 kilomètre des bornes. Ce qui a été fait. Jusque là, les bornes délimitant les deux zones sont toujours implantées. Et d’ajouter que la population de Kabonga ne reconnaît pas ceux de Kounkounfouanou comme de Kabonga. « Tout le monde parle de bornes et on a l’impression que les paysans sont installés dans les bornes. Alors que les paysans sont en dehors des bornes. On a l’impression que les bornes englobent la zone agricole. Ce qui n’est pas le cas. Les bornes sont visibles et délimitent deux zones. Le bornage a été fait après le décret. Le décret a été pris en mai 2004 et les bornages en août 2004. C’est en respectant le décret pris en mai 2004 que l’administration a implanté les bornes. Les autorités locale nous demandent, d’aller chercher des terres d’accueil, d’établir des procès verbaux de palabre pour leur remettre afin qu’elles aillent installer officiellement ces populations », a-t-il conclu.

Mounbarak SILGA
ecodufaso/groupe ecodafrik

Légende
1- Voici ce qui reste de Kounkounfouanou
2- Ici certains déplacés dorment

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