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Polémique autour de « Faso Attiéké » : L’entreprise burkinabè est protégée mais pas labellisée par l’OAPI

La promotrice de « Faso Attiéké », Florence Bassono, a reçu son prix Pierre Castel 2019 au cours du 5e Salon international de l’agriculture et des ressources animales d’Abidjan (SARA), le 22 novembre 2019. Cette information a fait l’objet d’une polémique sur les réseaux sociaux, contraignant le ministère du Commerce ivoirien à réagir. Toutefois, le flou persistait. Le ministère du Commerce burkinabè, à travers le Centre national de la propriété industrielle (CNPI), clarifie les faits.

L’attiéké est un mets traditionnel ivoirien à base de manioc. Au Burkina Faso, le Groupement de transformation des produits agricoles « GTPA Wenkununi » s’est lancé dans la commercialisation avec le nom « Faso Attiéké ». Au cours de la cérémonie de remise du Prix Pierre Castel au 5e Salon international de l’agriculture et des ressources animales d’Abidjan (SARA), la promotrice de « Faso Attiéké », Florence Bassono, a reçu son prix.

Cette information est perçue comme une humiliation pour la Côte d’Ivoire. En tout cas, c’est ce qu’on peut retenir de la polémique sur les réseaux sociaux. Cette situation a contraint le ministère du Commerce ivoirien à sortir de son silence. Sur la page Facebook du ministère, il est écrit : « L’appellation « Attiéké » a fait l’objet d’un dépôt auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) sous la forme d’une Indication Géographique Protégée. (…) Cette appellation ne peut être associée à un autre pays au risque de créer une confusion dommageable pour la Côte d’Ivoire. Nous élevons une vive protestation contre l’utilisation de ce nom lors d’une cérémonie de récompense sans l’accord préalable des autorités ivoiriennes compétentes et celles de l’OAPI. Les autorités du Burkina Faso ont été saisies et ont démenti toute labellisation de ce produit ».

« Loin d’une usurpation ou intention malsaine… »

Dans un communiqué, le ministère du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat (MCIA) du Burkina a tenu à faire une mise à point. « La structure dont Madame Bassono a la charge, a procédé au dépôt d’une demande d’enregistrement de « FASO ATTIEKE » comme nom commercial, le 10 juillet 2011 sous le N°5201208261, au compte du Groupement de Transformation des Produits Agricoles « GTPA WENKUNUNI », rapporte le document.

Florence Bassono (2e à droite) avec son échantillon de Faso Attiéké

Plus loin, le ministère tranche sur la question de la supposée labellisation de l’attiéké par une entreprise burkinabè. « Loin d’une usurpation ou intention malsaine, le GTPA WENKUNNI dans le cadre de la mise en œuvre de son projet a jugé nécessaire d’une part, de se distinguer de la concurrence par la création de FASO ATTIEKE comme nom commercial et d’autre part pour se prémunir de la concurrence déloyale et sécuriser ses investissements à travers la protection dudit nom commercial auprès de l’OAPI. Le MCIA tient cependant à préciser que l’ATTIEKE n’a pas fait l’objet de labellisation par le Burkina Faso ; le fait qu’une entreprise de droit privé burkinabè ait protégé le nom commercial (Faso Attiéké) de son produit n’équivaut pas à une labellisation de ATTIÉKÉ ni par elle ni par le pays d’origine de son entreprise », précise le communiqué.

Un prix remporté au Burkina et reçu en Côte d’Ivoire

Pour en savoir davantage sur cette affaire, notre rédaction a contacté le Centre national de la propriété industrielle (CNPI), par ailleurs point focal de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) au Burkina. Le directeur général de cette structure, Mahamadi Tassembédo, nous a confirmé les faits rapportés par le ministère burkinabè. « Nous sommes la structure technique du ministère en charge de la question, donc on se reconnaît dans le communiqué du MCIA. Dans chaque Etat membre, l’OAPI a une instance nationale. Au Burkina, c’est le CNPI qui joue le rôle de relai de l’OAPI, mais nous dépendons du ministère en charge du Commerce », a-t-il indiqué.

En tout état de cause, l’écrit de l’entreprise Faso Attiéké est suffisamment édifiant. On peut lire : « Le 16 septembre 2019, nous vous annonçons sur notre page Facebook « Faso Attiéké » que notre promotrice Florence Bassono a été sacrée lauréate au Burkina Faso du prix Pierre Castel décerné par le Fonds Pierre Castel aux jeunes entrepreneurs du Burkina, du Cameroun et de la Côte d’Ivoire qui sont porteurs de projets à fort impact social, économique et environnemental dans les secteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire. Le vendredi 22 novembre 2019, à l’occasion de la 5ème édition du Salon international de l’agriculture et des ressources animales (SARA), le Fonds Pierre Castel, au regard du caractère international de son prix et de l’envergure de l’évènement, a saisi l’occasion pour la remise officielle des prix aux trois lauréates de l’édition 2019 ».

Florence Bassono est lauréate du Prix Pierre Castel 2019 au Burkina Faso, face à d’autres entreprises de son pays et elle a reçu son prix en Côte d’Ivoire.

Cryspin Masneang Laoundiki
LeFaso.net

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