Connecte-toi avec nous

Développement

   |

Poisson au Burkina : La production nationale couvre seulement 20% des besoins

C’est le 05 août 2015. Il y’a exactement 55 ans, le Burkina Faso, ex Haute Volta devenait indépendant. C’est un jour de fête. Le poisson sera immanquablement au menu des différents plans. C’est l’occasion pour nous de nous intéresser au secteur de la pêche au Burkina Faso en général et à la consommation du poisson stricto sensu.

Pays sahélien sans débouché maritime, le Burkina Faso n’est pas naturellement nanti en ressources en eaux de surface. Son réseau hydrographique originel (fleuves, rivières, mares) est constitué pour l’essentiel de cours d’eau intermittents. A cause de ce contexte défavorable, la pêche est restée pendant longtemps une activité peu développée chez les populations burkinabé avant de prendre progressivement son envol à partir surtout de la seconde moitié des années 70. Ceci a été facilité par la mise en place d’une politique sectorielle favorisée par la nécessité d’intensifier et de diversifier les productions agricoles dans le cadre de la réalisation de l’autosuffisance alimentaire devenue l’objectif stratégique prioritaire au lendemain de la grande sécheresse des années 73-74.

Plus de 12 000 personnes vivent de la pêche

Aujourd’hui, le secteur présente des atouts et opportunités pour son développement, parmi lesquels on peut citer une demande importante de poisson et le potentiel relativement important de développement aussi bien de la pêche de capture que de l’aquaculture. En effet, le pays dispose de plus de 200 000 hectares d’eau de surface répartis entre les fleuves, rivières, mares, et 1450 lacs de barrages et retenues d’eau exploitables pour la pêche et la production halieutique de façon générale.
Selon les statistiques de 2009 de la Direction Générale des Ressources en Eau, les principaux supports de la production de poisson de nos jours sont les barrages de Bagré (21 000 à 25.000 ha), de Kompi enga (16 000 à 20.000 ha), du Sourou (10.000 ha), de Dourou / Toécé (8.000 ha) et de Ziga (7.000 à 10 000 ha). Il faut y ajouter les cours d’eau : Mouhoun, Nakambé, Nazinon, Pendjari, Comoé, Léraba, Béli, Faga, Goroual, Sirba et Tapoa.

Poisson au Burkina 2

Le secteur des ressources halieutiques procure de nos jours des emplois directs et des revenus à près de 12.000 personnes dont 8500 pêcheurs et 3500 commerçants et transformatrices des produits de pêche. Eu égard à ses potentialités, le secteur des ressources halieutiques au Burkina Faso contribue de façon non négligeable à la réalisation de la sécurité alimentaire et à la lutte contre la pauvreté de part sa création de revenu rural et sa contribution à une meilleure nutrition de la population (par la forte contenance en protéines du produit). La quasi-totalité de poisson produite est consommée à l’intérieur du pays contribuant ainsi à l’amélioration du niveau nutritionnel des populations. Le poisson frais est très apprécié dans les centres urbains, tant au niveau des ménages que des bars, restaurants et autres lieux de distraction.

À Ouagadougou en particulier, la demande en poisson frais est en forte croissance en raison du niveau de vie relativement élevé d’une partie de la population. Le poisson fumé est aussi très prisé dans les villes moyennes et dans les campagnes. Il est souvent considéré comme moins cher que la viande car susceptible d’être acheté et utilisé en petites quantités pour faire une sauce de bon goût (surtout dans les familles nombreuses). De plus, il présente l’avantage de se conserver facilement pendant quelques temps. La contribution de la pêche à la formation du PIB national serait de 3% selon les résultats d’une étude effectuée en 2005 sur la contribution du sous secteur à l’économie nationale.

20 000 tonnes de poissons consommés par an au Burkina

Mais le secteur de la pêche fait aussi face à des contraintes parmi lesquelles il faut retenir la tendance de plus en plus marquée à la surexploitation des ressources halieutiques, la baisse de la productivité liée entre autres aux nombreux barrages sur un même bassin versant et l’utilisation de plus en plus de pesticides dans l’agriculture, qui, lessivés, détruisent les fraies (alevins) et une partie de la chaîne alimentaire des poissons. Les faibles capacités techniques et organisationnelles des acteurs, la faible production aquacole sont également des éléments à souligner.
Conséquence, les pêcheurs n’arrivent pas du tout à satisfaire la demande nationale. En effet, les Burkinabè consomment 100.000 tonnes de poisson par an. La production domestique se chiffre pourtant seulement à 20000 t, soit 20% des besoins nationaux. Il faut donc recourir à l’extérieur pour combler le gap. Le Burkina Faso apparaît ainsi comme un pays essentiellement importateur de produits de la pêche.

Poisson au Burkina 3

Les produits halieutiques importés sont répartis en trois principales catégories: les produits nature surgelés ou frais, les produits semi-élaborés (poisson salé, séché ou fumé) et les produits élaborés représentés par les conserves. Les produits nature surgelés proviennent principalement d’Afrique de l’ouest avec comme principaux pays fournisseurs la Mauritanie, le Sénégal et la Côte-d’Ivoire. Le poisson nature frais dont le volume est très marginal provient presque exclusivement du Mali. Les produits semi-élaborés qui représentent la plus grosse part des importations à l’heure actuelle ont pour sources d’approvisionnement le Sénégal, le Mali et la Côte-d’Ivoire. Quant aux conserves, elles sont principalement importées des pays d’Afrique du nord et d’Europe.

Pour réduire sa dépendance, le Burkina Faso développe des projets de pisciculture, sensibilise les pêcheurs sur les techniques de pêche tout en mettant du matériel moderne à leur disposition.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

Annonce publicitaire
Lecture en continue
Commentez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


 

slide

NEWSLETTER

Recevez gratuitement notre newsletter

récents articles