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Paludisme – Burkina Faso, Congo : deux fronts, deux réalités

Un récent rapport révèle que la mortalité paludéenne a baissé de 40 % au Faso. Un résultat qui satisferait le Congo à l’orée d’une vaste campagne.

Le Burkina Faso est passé de 9 024 décès en 2010 à 5 386 décès en 2014, soit 40 % de mieux. Mieux qu’encourageant, ce résultat est inspirant notamment pour un pays comme le Congo qui vient de lancer par la Fondation Ecair, liée à la compagnie aérienne nationale, une vaste campagne dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme célébrée le 25 avril de chaque année.

Congo : une situation délicate

Il faut savoir que le paludisme est la première cause de mortalité infantile du pays. « Il touche encore huit personnes sur 10 dans le pays », selon l’agence panafricaine de presse PANA. De quoi renforcer l’approche de l’Organisation mondiale de la santé qui a déploré, pas seulement au Congo mais dans de nombreux pays, « l’existence de nombreuses lacunes dans les domaines de la prévention, de la personnalisation des soins, malgré les progrès enregistrés durant ces dernières années ». L’OMS envisage d’ailleurs de présenter le mois prochain, à son Assemblée générale, sa nouvelle stratégie pour adoption. L’urgence est dictée, 
selon le responsable de l’OMS, Peter Holmes, par le fait que 60 millions de personnes ne disposent pas de médicaments nécessaires à travers le monde. De fait, l’OMS appelle les gouvernements à suivre ses nouvelles orientations et à travailler avec les fabricants de médicaments du secteur privé. Pour rappel, le paludisme est responsable de la mort de plus de 500 000 personnes par an et les enfants âgés de moins de 5 ans représentent les trois quarts des victimes.

Congo : une campagne dictée par l’urgence

Dénommée « Jeunesse congolaise dit stop au paludisme », cette vaste campagne a pour objectif essentiel de mieux sensibiliser les populations à travers des actions diverses menées par de jeunes Congolais aux fins d’éliminer le paludisme dans le pays. Il s’agit, selon le souhait de la Fondation Ecair, « de renforcer sur trois ans », les actions déjà menées conjointement sur le terrain par le Bureau du représentant du Programme national de lutte contre le paludisme au Congo et la Fondation congolaise de recherche médicale (FCRM). Comment compte-t-elle s’y prendre ? S’appuyer sur un dispositif de partenariat mis en place avec les responsables de quartiers localisés dans différents arrondissements des villes de Brazzaville et Pointe-Noire et former plusieurs groupes de jeunes qui seront équipés pour assurer à la fois des missions de surveillance, de prévention et de lutte contre le paludisme.

Burkina Faso : des résultats tangibles et encourageants…

Au Burkina Faso, le paludisme provoque près de deux millions d’hospitalisations par an, dont 63,5 % concernent des enfants de moins de 5 ans. Et selon un récent rapport publié par des acteurs de la lutte anti-paludéenne, la mortalité des enfants de moins de cinq ans est passée de 4 910 décès en 2010 à 4 091 décès en 2014, soit une baisse de 16 %. Ces chiffres s’inscrivent dans une dynamique globale notée par l’Organisation mondiale de la santé. En effet, selon l’OMS, de 2000 à 2013, la mortalité due au paludisme des enfants dans le monde a connu une baisse estimée à 58 %. De quoi encourager ses initiatives alors qu’elle vise, à travers sa nouvelle stratégie, à diminuer le nombre des morts causées par le paludisme de 40 % d’ici à 2020 et de 90 % d’ici à 2030.

… qui ne sont pas le fruit du hasard

Si l’on en croit les experts cités par la PANA, au Burkina Faso, la survie des enfants s’améliore et le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans, toutes causes confondues, a chuté de 184 décès pour 1 000 naissances vivantes en 2010, soit une baisse de 30 %. En effet, le gouvernement du Burkina, ainsi que ses partenaires, à travers notamment l’initiative du président américain contre le paludisme (PMI), ont ensemble distribué 500 000 moustiquaires imprégnées, pulvérisé des centaines de maisons, formé plus de 4 200 membres de personnel de santé et acheté plus de 11,25 millions de doses d’associations médicamenteuses à base d’artémisinine (ACT), efficaces contre le paludisme, entre 2010 et 2013. Aussi le gouvernement américain a-t-il lancé « un appel au gouvernement du Burkina Faso, à toutes les parties prenantes locales et mondiales afin que s’accélèrent leurs efforts et leurs investissements en faveur des enfants et des femmes ». « Nous devons envisager une action collective pour maximiser l’impact, profiter des compétences, de l’intérêt et des ressources de la communauté mondiale pour mettre à l’échelle des interventions à haut impact, explorer et adapter les innovations qui peuvent faire avancer les résultats ou performances de la santé », a poursuivi le gouvernement américain. Plus que jamais, la lutte doit continuer.

Malick Diawara
afrique.lepoint.fr

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