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Portraits

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Pallenfo Nahondomo : l’agriculteur millionnaire

Dans ce village situé dans la commune de Gaoua, Pallenfo Nahondomo a ses champs.

En cette matinée, le soleil tente vainement de darder ses rayons couverts par d’épais nuages gris. La nature est luxuriante. Le maitre des lieux fait partie des producteurs modèles retenus pour la visite du chef du gouvernement dans la région du sud-ouest. Chaque année, il investit des millions sur ses 150 hectares. Pour la présente campagne, il attend 49 à 50 millions de f CFA en bénéfice. Zoom sur celui qui a décidé de faire des champs son bureau après son obtention du baccalauréat en 1994.

Après son Bac obtenu en 1994, il a décidé de se consacrer au travail de la terre. C’est ce qu’il a toujours voulu faire. Son affaire, c’est la terre et comme il le dit si bien, « il faut croire en son affaire et le reste ira ». Il entreprend donc de donner plus d’envergure à son activité en diversifiant ses productions. ¼ d’ha, c’est avec cette superficie, qu’il commence en 2008 par la production avec la maitrise d’eau. « Les résultats m’ont prouvé qu’on pouvait se faire de l’argent dedans et j’ai étendu les hectares, j’ai acheté les équipements avec les revenus que le ¼ ha m’avait permis d’avoir ». Actuellement, il dispose de 150ha le long du fleuve Poni. 8 ha lui appartiennent, le reste, est loué. « Les terres sont encore disponibles parce que dans la localité, beaucoup ne se donnent pas encore à cette activité, nous obtenons les terres sur négociation » confie-t-il. Il emploie 18 personnes de façon permanente, dont 15 hommes et 13 femmes. En période de récoltes, il crée 65 emplois temporaires, avec 26 hommes et 40 femmes. C’est toute une entreprise.

D’année en année, sa production a augmenté, son équipement aussi. Actuellement, il dispose entre autres, de 13 motopompes de 100 m3, deux motopompes de 200 m3, 1 tracteur de 50 chevaux avec remorque, 730 Pvc pour la conduite d’eau. Le manioc surtout (67 ha), le riz (17 ha), le maïs (7ha), et l’arachide (2 ha) sont les différentes spéculations qu’il développe sur ses terres.

Comment a-t-il obtenu les financements pour intensifier sa production ? « Nous avons travaillé à créer les financements », répond-t-il sans sourciller avant d’ajouter, « la caisse populaire nous accompagne avec le crédit de campagne et il y a 3 ans que nous travaillons avec cela. Mais la grande partie de nos financements, c’est nous qui les cherchons. On les trouve sur les champs et nous réinvestissons ».

Des millions à l’issue de cette campagne

Pour cette campagne agricole, il attend 85 tonnes de riz, 28 t de maïs, 5 t d’arachides, 220 t de manioc, et 555000 boutures de manioc. Il faut noter que le producteur est le principal fournisseur d’une variété de manioc aux producteurs de cette tubercule dans l’ensemble du pays. Sur un investissement compris entre 29 et 30 millions de FCFA, il attend comme bénéfice net de 49 à 50 millions pour la campagne agricole. « Mon secret, c’est le courage et la détermination. Ce n’est pas un secret, on a commencé devant tout le monde avec le ¼ d’ha », ajoute M. Pallenfo.

Souvent des pertes énormes

Tout n’est cependant pas rose pour Pallenfo Nahondomo. Les difficultés, il les rencontre au quotidien même si cela n’entame pas sa détermination. L’eau, cette denrée qui lui permet d’empocher des millions, peut souvent lui en faire perdre beaucoup. Le tarissement du cours d’eau pendant la saison sèche de l’année dernière n’a pas été sans conséquence pour lui. « J’ai perdu 12 millions de f CFA que j’avais investis. Je n’ai rien récolté parce qu’au stade d’éclosion, l’eau a tari dans le marigot, il n’y a avait pas de solution », regrette-il. Au problème d’eau, s’ajoute la main d’œuvre, très mobile dans la localité à cause de l’orpaillage. « Je suis à 1 km d’un site d’or », note le fournisseur de manioc des transformatrices de la région et des grands centres urbains.

Perspectives et invite

Pour les années à venir le producteur de Tonkar envisage l’implantation d’une unité de transformation de ces productions. C’est connu, le brut rapporte moins que le produit fini. M. Pallenfo attend donc maximiser ses gains et intensifier davantage sa production pour accroître les rendements.

Se fondant sur son expérience concluante avec la terre, celui qui a émerveillé ses visiteurs, invite ceux qui hésitent encore à tenter l’aventure, à franchir le Rubicon. Il se dit prêt à les accompagner avec des conseils. « Nous pouvons les aider à se frayer un passage parmi les agriculteurs pour avancer. Il n’y a pas de peur, il suffit de s’y donner comme à toute autre activité ».

« Ça fait rêver », a conclu le premier ministre Luc Adolphe Tiao après la présentation de l’exploitation de M. Pallenfo. Le rêve, il a franchi ce cap en le traduisant en réalité. Ne dit-on pas que la vie ne pardonne pas à ceux qui méprisent le rêve ?

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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