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Ouaga : La moto dicte sa loi

« Ouaga sans char, c’est la galère ». C’est ce que l’artiste musicien Zêdess chantait il y’a une vingtaine d’années. Son constat se confirme d’année en année. A Ouagadougou, il faut nécessairement disposer d’un moyen de locomotion pour pouvoir relever les différents défis qu’implique la vie en ville.

Du coup, on assiste à une prolifération des engins à deux roues (bicyclette, motocyclettes). Aux heures de pointe à Ouagadougou (7h, 12h, 15h, 17h), on se croirait dans un pays asiatique. Forte de près de 02 millions d’habitants, la ville compte pratiquement autant d’engins à 02 roues. Dans un pays où le transport en commun n’est pas très bien développé, 0uagadougou porte donc bien son surnom de « capitale des deux roues ».

Grâce aux Chinois, les prix des motos ont littéralement chuté. Si par le passé, il fallait débourser entre 600 000 et 1 million de FCFA pour s’offrir une moto de marque Yamaha par exemple, aujourd’hui, avec 275 000 ou 300 000, il est possible de disposer d’une moto neuve. La concurrence aidant, les prix ne font que péricliter au grand bonheur des citadins dont certains se paient le luxe de changer de motos tous les 02 ans.
A côté des motos, les Burkinabè s’offrent de plus en plus des véhicules d’occasion «au-revoir France», qui coûtent parfois moins cher qu’une motocyclette neuve. L’un dans l’autre, cette situation, conjuguée à l’exiguïté des voies, entrainent des embouteillages au niveau des principales avenues et artères (Bassawarga, Charles De Gaule, Kwamé Nkrumah, Marché central de Ouagadougou, pont de Baskuy,…) Se frayer un passage en ces endroits relève par moment du parcours du combattant. Dans ce méli-mélo, il faut aussi compter avec les taximen dont certains ne respectent guère les règles de la circulation routière. Pour circuler à Ouagadougou, il faut donc avoir les nerfs solides.

La moto, objet de socialisation

Moto 2

Selon les statistiques, 50 000 motos écoulées par an au Burkina Faso. Les boutiques de concessionnaires et les ateliers de réparation fleurissent à tous les coins de rue. Lorsqu’un nouveau modèle fait son apparition sur le marché, il suscite automatiquement la convoitise. Après les motos « X one », « Obama », « c’est le moment », « Nano »,… aujourd’hui, les jeunes qui se disent « branchés » sont attirés par les motos de grosse cylindrée appelées « 135 » dont le prix oscille entre 1 et 1,5 million de FCFA selon qu’elles soient copies ou originales. C’est autant que le prix d’une voiture. Mais pour les jeunes, c’est un défi de se les offrir. Ils pourront ainsi démontrer leur aisance financière, frimer et séduire jeunes garçons ou jeunes filles. Au delà donc du prix, l’acquisition d’une moto participe de la socialisation de l’individu et de l’affirmation de son estime de soi.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

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