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Obésité : Nous en sommes tous menacés

Jadis considérée comme une maladie des plus nantis d’Europe, l’obésité s’est délocalisée et prend de plus en plus de l’ampleur tant sur le vieux continent qu’en Afrique. Déclarée « épidémie globale » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle toucherait environ 18% de la population mondiale et constitue la deuxième cause principale de décès évitable après la cigarette. Ces chiffres imposent que l’on se penche sur l’état de l’obésité au Burkina Faso.

L’obésité fait partie des maladies émergentes comme le diabète, l’hypertension, le tabagisme, les accidents vasculaires cérébraux, le cancer, la maladie d’Alzheimer, etc. Elle est généralement définie comme une accumulation excessive ou anormale de graisse dans le tissu adipeux. L’individu prend plus de calories qu’il n’en dépense. Longtemps considérée comme maladie d’aisance, donc des pays industrialisés, l’obésité gagne du terrain dans les pays en développement. Les statistiques de l’obésité en Afrique sont inquiétants. En Afrique du Sud, 56% des femmes et 17% des adolescents sont en surpoids ou obèses. Au Cameroun, 35% de la population est également en surpoids ou obèse et on trouve des taux similaires au Nigeria et en Gambie notamment chez les femmes selon des chiffres présentés lors d’une conférence organisée par l’agence de santé d’Oxford. Le Burkina Faso, à l’instar des autres pays, est confronté au problème de l’obésité selon une étude réalisée par l’Unité de formation et de recherche en sciences de la vie et de la terre (UFR-SVT) de l’université de Ouagadougou en collaboration avec le Directeur général de la clinique de l’Amitié, le Dr Steve Léonce Zoungrana, nutritionniste et hépato-gastro-enterologue, président de l’ONG Promouvoir la nutrition et l’hygiène en Afrique (PNHA). L’enquête portant sur 64 sujets à Ouagadougou faisait ressortir 18,75 % de surpoids, 35,94% d’obésité de type I (modérée), 23,44 % d’obésité de type II (sévère) et 21,87% d’obésité de type III (morbide). L’enquête relève que les femmes sont les plus touchées (82,8%). L’accumulation de graisse sur le ventre ou bedaine (l’obésité androïde) prédominait avec 82,81% des cas. Au Burkina Faso, au Congo, en Mauritanie ou au Swaziland, les taux de prévalence vont de 8 à 50 %, selon une étude de l’OMS. Premières touchées, les femmes, qui représentent jusqu’à 80 % des personnes obèses dans certains pays. Ces proportions devraient augmenter à plus de 30 à 40% respectivement dans les dix prochaines années, selon l’OMS.

Des causes variées

Au Burkina Faso, on voit de plus en plus des jeunes hommes et femmes qui poussent des ventres qu’ils sont d’ailleurs fiers d’exposer au vu et au su de tout le monde. Le phénomène est d’autant plus criard qu’on remarque en circulation des jeunes filles dont la hanche (la ceinture) est confondue au reste du corps. Il y a également de plus en plus d’enfants et d’adolescents obèses qui semblent fiers de leur situation, car elle serait, pour eux, synonyme d’aisance.

Obesite-surpoids 2Plusieurs facteurs pouvant provoquer l’obésité. Il y a tout d’abord les facteurs héréditaires mais dans seulement 5% des cas d’après des études. Ensuite, il y a les mauvaises habitudes alimentaires comme la consommation excessive de graisses d’origine animale, de sucres et d’alcool au détriment des céréales complètes et des tubercules. Il y a également la consommation de viandes graisseuses comme le porc. A Ouagadougou comme dans les autres villes du Burkina, le porc au four est très prisé. Il n’est pas rare de constater les points de vente du porc au four (généralement situés dans un débit de boisson), bondés de monde entre 10 heures et 11 heures. Quoi de plus normal qu’une bouteille de bière bien « tapée » arrosée sur du porc à la moutarde.

Un autre phénomène est l’apparition de multiples collations notamment pendant les moments de pause, d’inactivité, de convivialité, les occasions de fête… Les gens ont plus tendance à manger dehors si bien qu’ils ne prennent pas le soin de contrôler leur alimentation. Par exemple, les repas servis lors des ateliers, symposiums, rencontres ou colloques et même dans les restaurants par terre (où mangent la plupart des gens) contiennent assez de graisses. De plus en plus, les produits manufacturés comme les sandwiches très riches en graisses, barres chocolatées, les pâtées, les desserts et boissons sucrées sont davantage consommés car leur bon goût stimule leur prise alimentaire incontrôlée alors que ceux-ci apportent en peu de temps, une part très importante de graisses. Par ailleurs, cette dérive se fait aux dépends de la consommation de fruits et de légumes frais. Dans les prochains articles, nous traiterons des conséquences et de la prise en charge des cas d’obésité.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/ Groupe Ecodafrik

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