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MOOC : Une innovation pédagogique pour démocratiser le savoir

Pour augmenter leur niveau d’employabilité, de plus en plus de jeunes burkinabè s’orientent vers les MOOC, un nouveau type de formations en ligne.

Au Burkina Faso, la situation de l’emploi des jeunes reste critique. En raison de leur faible niveau d’employabilité et des difficultés d’accès aux moyens de production, les jeunes sont les plus touchés par le phénomène du sous-emploi et du chômage. L’université et les écoles supérieures déversent chaque année des milliers de diplômés qui rencontrent toutes les peines du monde à décrocher un emploi. A l’échelle africaine, ce sont 11 millions de jeunes qui entrent chaque année sur le marché du travail. Malgré les progrès en termes d’éducation et de formation, la question de l’emploi des jeunes et de leur employabilité reste un défi majeur pour le pays.

Pour relever le défi de l’insertion professionnelle et sociale des jeunes en Afrique subsaharienne, les institutions internationales préconisent la modernisation des systèmes d’enseignement et de formation techniques et professionnels formels, informels et non formels axés sur le développement des compétences pour l’emploi et la capacité d’entreprendre. Dans cette logique beaucoup de jeunes burkinabè s’orientent de plus en plus vers les MOOC (Massiv Open Online Course) ou cours en ligne ouverts et massifs afin d’obtenir des certifications de prestigieuses universités ou centres de formation américains ou européens. Ils espèrent ainsi pouvoir augmenter leurs chances d’employabilité ou lancer leur propre business grâce aux formations reçues.

Démocratisation du savoir

Avec les MOOC, les cours proposés par les écoles et universités sont désormais accessibles à tous et gratuitement pour peu que l’on dispose d’une bonne connexion internet. Cela relève parfois du parcours du combattant au Burkina Faso. Les MOOC portent pratiquement sur tous les domaines de l’activité humaine comme le développement durable, le management de projets, la création d’entreprises, le marketing, …
Nés aux Etats-Unis et actuellement très en vogue en France, les Mooc sont balbutiants en Afrique. Ici, les universités ont des tâches bien plus urgentes. Elles manquent d’enseignants et leurs locaux, surchargés, sont en pleine décrépitude. Or elles doivent accueillir chaque année toujours plus d’étudiants dont beaucoup iront s’entasser par terre dans les amphis, faute de sièges.

Les jeunes burkinabè qui connaissent l’existence des Mooc et qui voudraient en suivre en français, doivent dès lors aller chercher sur les plateformes francophones, comme FUN (France Université numérique) ou se tourner vers des plateformes privées comme Openclassrooms, réputée pour ses formations autour du numérique.
Les Mooc marquent une certaine démocratisation du savoir : à tout moment, à n’importe quel endroit de la planète, chacun peut avoir accès à des cours de Harvard, de la Sorbonne,… Mais les MOOC ne délivrent aucun diplôme. La formation est juste sanctionnée par des attestations. Certains jeunes burkinabè totalisent déjà plus de 20 attestations dans divers domaines ?

Comment tout cela fonctionne ?

Une grande majorité de MOOC se présentent sous forme de vidéos courtes postées chaque semaine. Il peut y en avoir plusieurs par semaine. En marge de la vidéo, le professeur propose un certain nombre de ressources : livres, dossiers, sites internet qui permettent à l’apprenant de compléter le cours par lui-même. Les séances sont suivies de quiz permettant de mettre en pratique les enseignements du cours et de vérifier la bonne assimilation des connaissances. Certains intervenants proposent des devoirs écrits à rendre et des recherches à effectuer. Toutes les personnes inscrites peuvent aller sur un forum de discussion ouvert pour le cours. Ce forum est pratiquement aussi important que le cours lui-même. Il permet aux apprenants de poser des questions, de se faire aider ou d’aider les autres membres du groupe,…

Une opportunité à saisir

En moins de 10 ans l’université de Ouagadougou est passée de 5000 étudiants à plus de 50 000. Les MOOC sont donc une innovation technologique dont le Burkina Faso doit tirer profit pour répondre au double défi de l’explosion de la demande et de l’inégalité d’accès à l’enseignement. Un campus numérique francophone existe déjà à Ouagadougou.

Pour la rentrée 2015-2016, l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) propose plus de 80 diplômes (licences et masters), entièrement à distance. Elle s’ouvre également aux MOOC. Cette nouvelle modalité de formation à distance est devenue la vitrine internationale des universités et grandes écoles. Le Burkina Faso doit participer pleinement à cette innovation pédagogique.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

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