Connecte-toi avec nous

Finances

   |

Monnaie unique de la CEDEAO : Le pari de 2020 sera-t-il respecté ?

L’idée a été lancée en 1987. Les Etats membres de la communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) veulent en faire une réalité en 2020. Une monnaie unique, l’éco, devrait voir le jour dans cette partie du continent pour donner un coup de fouet à l’intégration et par ricochet, faciliter les échanges commerciaux. Mais le chemin pour y parvenir semble toujours parsemé d’embuches.

Le lancement de l’Union monétaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en 2020 entraînera le démarrage des activités de la Banque centrale de la CEDEAO, l’introduction de la monnaie commune de la CEDEAO et le retrait des signes monétaires des monnaies nationales. L’initiative de la création d’une Union monétaire dans la sous-région remonte à l’adoption du Programme de coopération monétaire de la CEDEAO (PCMC) par la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement en juillet 1987. Cette mesure repose sur l’hypothèse selon laquelle l’Union monétaire constitue un pilier essentiel de la réalisation de l’objectif de l’intégration économique, compte tenu de la multiplicité des monnaies non convertibles, du faible niveau des échanges entre Etats membres, de la précarité du système financier, de l’instabilité macro-économique, du faible niveau de la confiance des investisseurs et de la diversité des politiques budgétaires et financières. Pour concrétiser la volonté d’aller vers l’adoption de la monnaie unique, plusieurs schémas ont été dressés mais ils ont tous connu des difficultés de mise en œuvre.

En mai 2009, le conseil de convergence a adopté une nouvelle stratégie appuyée par une feuille de route qui prévoyait, entre autre, dès 2009 la mise en œuvre de la surveillance multilatérale, l’opérationnalisation des comités nationaux de coordination, la formulation et l’harmonisation des critères de convergence et l’adoption des critères de convergence harmonisés. Le même document envisage l’harmonisation des statistiques de la fiscalité intérieure, du cadre juridique, comptable des Finances publiques, l’achèvement de la mise en place des infrastructures de paiement en Sierra Leone, en Guinée-Conakry et en Gambie et le démantèlement de toutes les barrières tarifaires et non tarifaires pour assurer la libre circulation des biens, des personnes et des services au sein de la CEDEAO.
Dans l’optique toujours de mieux élaborer les contours de la future monnaie unique, une rencontre de la CEDEAO, s’est tenue le 07 juin 2011, à Dakar sur le thème : « L’intégration des économies ouest-africaines : quel rôle pour l’Union monétaire ?». Au cours de cette rencontre, le Professeur Mohamed Ben Omar Ndiaye, Directeur de l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest (AMAO), a indiqué que la CEDEAO adoptera une monnaie unique en 2020. Au sein de la CEDEAO, l’année 2020 coïncide avec l’agenda communautaire à l’intégration des peuples. Presque toutes les monnaies de l’Afrique de l’Ouest sont soit dans une situation de dépréciation, soit dans une situation de surévaluation, si on considère les taux d’échanges fixes. La future monnaie unique sera donc une monnaie beaucoup plus stable et plus crédible que les monnaies actuellement en vigueur. En août 2015, le président de la commission de la CEDEAO, Kadré Désiré Ouédraogo réaffirmait cette position de principe.

CEDEAO : Un marché de plus de 300 millions de consommateurs

En perspective de l’adoption d’une monnaie unique, la Communauté envisage de lancer, en 2015, l’Eco, la monnaie de la seconde zone monétaire constituée pour la plupart de pays anglophones. Cinq ans après, la monnaie Eco sera fusionnée avec le FCFA pour avoir la monnaie unique de la CEDEAO en 2020, avec la création de la Banque Centrale unique de la CEDEAO en 2020. Toutefois, le Directeur de l’AMAO, précise que le passage à une monnaie unique relève d’une décision et d’une volonté politique.
En effet, maintes fois évoqué comme devant parachever le processus d’intégration économique en Afrique de l’ouest, la mise en place d’une monnaie commune aux quinze Etats de la zone semble piétiner. D’abord en raison des disparités entre les économies confrontées par ailleurs à des contingences diverses qui contrarient le respect des critères de convergences monétaire et financière portant notamment sur l’inflation, le ratio de la dette au PIB, le ratio du déficit au PIB, les réserves extérieures etc. Ensuite le retard dans la mise en place, à côté de la zone Franc CFA qui regroupe déjà huit Etats, d’une seconde zone monétaire (dénommée Zone Monétaire de l’Afrique de l’Ouest, ZMAO) associant les sept autres Etats autour d’une monnaie commune, étape finale devant aboutir à la formation de la monnaie unique à l’horizon 2020. Il faut donc mettre le cœur à l’ouvrage pour que les prévisions se réalisent. L’enjeu de la monnaie unique est de taille car la CEDEAO représente un marché de plus de 300 millions de consommateurs. Une monnaie unique, à un moment où l’avenir du FCFA est en débat, permettra de fructifier les affaires.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

Annonce publicitaire
Lecture en continue
Commentez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


 

slide

NEWSLETTER

Recevez gratuitement notre newsletter

récents articles