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Mme Ouédraogo/ Sanou Salimata : « On veut travailler à diversifier les clients…

Mme Ouédraogo/ Sanou Salimata : « On veut travailler à diversifier les clients et amener la population à consommer le riz local.»

De teint noir taille moyenne et le sourire qui ne la quitte pas durant tout l’entretien Mme Ouédraogo / Sanou Salimata est l’une des braves femmes qui se battent pour le développement du secteur riz au Burkina Faso. Avec la ferme volonté d’impulser la filière riz dans sa région, elle a su avec d’autres femmes former l’Union Nationale des Etuveuses de riz afin de promouvoir le secteur. Combat combien ultime lorsqu’on sait cette que activité aux multiples potentialités permet à tous les acteurs de la chaîne de subvenir un tant soit peu à leurs besoins. Ceci est d’autant plus perceptible chez les femmes. D’ailleurs au cours de l’entretien Mme Sanou a signifié toute l’importance du secteur dans sa vie en tant que femme et celle des autres femmes. Côté vie de famille et activités professionnelles, Mme Ouédraogo nous a confié que l’essence même de l’union est parue d’une volonté des femmes étuveuses dont elle, d’aider leurs époux producteurs de riz à trouver un circuit de distribution du riz local. « Donc à ce niveau pas de soucis avec nos époux on se comprend » a-t-elle signifié. Originaire de l’Ouest du Burkina Faso, Mme Ouédraogo dont le quotidien est entremêlé à celui du riz nous confie tout sur les réalités du secteur et les difficultés rencontrées.

Ecodufaso.com : Rappeler nous l’historique de l’UNERIZ

Mme Ouédraogo/ Sanou Salimata :

L’union Nationale des Etuveuses de Riz du Burkina est une organisation paysanne qui a été créée en 2010 et reconnue en 2011. L’union regroupait à sa création 8 unions membres. A la date d’aujourd’hui l’union regroupe dix unions membres. Ces unions sont dispersées dans les plaines et basfonds aménagés du Burkina. Nous faisons la collecte du riz Paddy, la transformation, l’étuvage et la commercialisation. Nous organisons des journées promotionnelles au sein des différentes unions membres de l’UNERIZ. Nous participons aussi aux foires commerciales pour la promotion. Nous approchons les commerçants dans les différentes boutiques afin de promouvoir le riz local. Par exemple à Ouagadougou, nous avons un lieu de dépôt vente à Goughin au niveau. Mais à Bobo Dioulasso c’est au siège de l’UNERIZ.

Ecodufaso.com : Quelles sont différentes variétés de riz que vous transformez ?

Il y a le FRKR 34, la TS2 le Neurica 60, et le Neurica 62 que nous transformons. Nous vendons des petits conditionnements de 1 à cinq kilos. Pour ceux d’un kilo nous les vendons à 500 f cfa prix unitaire, et les 5 kilos à 2500 f cfa le sac. Il y a aussi le 25 kilos vendus à 9000 f cfa.

Parlez-nous de votre histoire avec le riz ?

Depuis les années 2000 que je suis dedans. C’était en fait face à des difficultés rencontrées par les producteurs au niveau de la base que les femmes se sont initiées pour les aider à écouler leur riz Paddy. Donc c’est à travers cela que nous avons essayé de mettre les unions à la base comme l’union de Banzon et Bama. Ce sont les unions mères de l’UNERIZ. On arrivait à écouler le riz de nos maris. Par exemple a Banzon plus de 1000 tonnes par an au niveau de la plaine et les barrages environnants. Les femmes ont participé à la transformation. Il fallait organiser le secteur et avec l’appui du CRB qui est l’interprofessionnel du riz du Burkina ainsi que la Coopérative rizicole au niveau de Banzon on a appuyé les femmes qui se sont organisées d’abord en groupements et en 2007 voyait le jour l’union des étuveuses de riz de Banzon qui a été reconnue aussi en 2008. Face à la crise mondiale et comme l’Etat qui s’était désintéressé à la filière s’est maintenant accaparé de la production au détriment des femmes. Il fallait se concerter pour mettre en place l’union d’étuveuses de riz en place pour défendre leurs intérêts pour qu’on sache qu’auparavant il y a eu des femmes qui se sont toujours battues pour maintenir la filière.

Ecodufaso.com : Quelles sont les difficultés dont vous faites face au quotidien ?

Nous avons de grosses difficultés en ce qui concerne les variétés. En effet, au niveau des bases il y a des variétés qui sont adaptées au sol mais qui ne sont pas demandées par les consommateurs et automatiquement ça se répercute sur le marché. Au niveau de Banzon, on avait travaillé à minimiser le nombre de variétés sur la plaine mais malheureusement à un moment donné il y a eu une maladie qui s’était installée sur la plaine toute chose qui a entrainé une perte des variétés que les gens connaissaient et aimaient. Nous pensons qu’à ce niveau il faut sensibiliser la population pour les amenés à consommer les variétés produites présentement. Elles sont rentables en termes de production, d’étuvage et de la commercialisation.
Nous sommes à la recherche de débouchés en ce qui concerne la commercialisation. Pour le moment c’est la SONAGESS notre seul débouché. Pourtant la SONAGESS est un programme étatique qui peut prendre fin du jour au lendemain. On veut travailler à diversifier les clients et amener la population à consommer le riz local pour encourager les femmes étuveuses.
Nous avons des difficultés avec les emballages aussi. Même si tu as un produit de qualité si l’emballage n’est pas présentable cela n’attire pas de client c’est très difficile.
On a un gros problème de transport. L’on n’a pas de transporteur type pour transporter le riz Banzon-Bobo Dioulasso-Ouaga. Ceux avec qui nous travaillons arriver à Ouaga souvent les produits sont méconnaissables. Pourtant cela pose problème pour la vulgarisation de notre produit.

Ecodufaso.com : Un mot pour conclure notre entretien

J’invite les burkinabè à consommer le riz burkinabè par ce que c’est un produit qui est sain et frais et facile à digéré. Notre riz n’a pas de conservateurs ni de produits chimiques puisque la conservation ne dure pas. Les récoltes ne dépassent pas trois mois comparées au riz importé qui va jusqu’à dix ans et plus. Et nous en consommons pour après aller payer des produits pour se soigner. Et pour conclure, l’étuvage de riz permet aux femmes d’avoir des activités rémunératrices de revenus et d’être indépendantes financièrement. Aujourd’hui grâce à cette activité je peux dire qu’ j’arrive même à participer aux dépenses de la famille et même à scolarisation des enfants.

Balguissa Sawadogo
Ecodufaso.com/ Groupe Ecodafrik

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