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Microfinance : Plus de 139 milliards de FCFA d’épargne mobilisés en 2012

Depuis quelques années, la microfinance est devenue un axe stratégique prioritaire pour le Burkina Faso. En tant qu’outil permettant de faire reculer la pauvreté, elle joue un rôle dans le développement, tant au niveau local que national. Clin d’œil sur ce secteur qui contribue fortement à la réduction de la pauvreté au Burkina Faso.

Le Burkina Faso constitue le deuxième pays le plus peuplé de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), après la Côte d’Ivoire, avec une population estimée en 2012 à 16 779 206 d’habitants. Cette population est caractérisée par sa ruralité (77,3%), sa féminité (51,7%) et sa jeunesse (53 ,5% pour les moins de 18 ans). Le secteur financier comprend les sous secteurs des banques, des assurances, des services financiers postaux, des fonds nationaux de financement et des services financiers décentralisés (SFD). Au 31 décembre 2012, le secteur financier du Burkina Faso comprenait 12 banques commerciales que sont la BA-BF, BCB,BHBF, BICIAB, BOA, BRS, BSIC, CBAO, CBI, ECOBANK, SGBF et UBA Burkina, 5 établissements financiers (AliosFinance, Burkina Bail, SBE, SOBCA,SOFIGIB), 7 sociétés d’assurance-dommage (SONAR IARD, ALIANZ, UAB-IARD, Colina, GA-IARD, Raynal, Coris Assurance), 5 sociétés d’assurance vie ( SONAR-Vie, ALLIANZ-Vie, UAB-Vie, GA-Vie et CIF-Vie, deux institutions financières à caractère spécifique (le Trésor Public, la SONAPOST), 2 institutions publiques de prévoyance sociale (CARFO, CNSS), 14 fonds dont neuf (9) fonds nationaux de financement (FBDES, FONER, FASI, FAARF, FAPE, FAIJ, FODEL, FONA-DR, ANPI) et cinq (5) fonds d’Etat (FDE, CONASUR, FAFPA, FNS, FNPSL); 2 Sociétés de Gestion et d’Intermédiation (SGI), en l’occurrence la Société Burkinabè d’Intermédiation Financière (SBIF) et Coris Bourses SA, 156 Systèmes Financiers Décentralisés. A ces structures, s’ajoutent 88 commerçants, personnes physiques et morales agréés pour exercer l’activité de change manuel en règle ou non; 202 bureaux de transfert électronique de fonds. Hormis BHBF et CBI qui sont des banques locales, l’essentiel des banques implantées au Burkina Faso sont des filiales de groupes bancaires africaines ou françaises.

Plus de 1000 milliards mobilisés par les banques en 2009

Plusieurs banques développent ces dernières années, des stratégies et produits financiers pour attirer une clientèle habituellement non bancarisée notamment la carte prépayée non liée à un compte bancaire, l’ouverture de compte à moindre coût, des projets de mobile banking en partenariat avec des opérateurs de télécommunication. Toutefois, le développement de la monétique reste encore timide. En effet le nombre de guichets automatiques et de terminaux de paiement électroniques reste faible et leur implantation limitée aux villes. Selon le rapport de la Commission Bancaire à fin décembre 2009, le secteur gère environ un demi-million de comptes à travers 183 agences et bureaux, mobilise près de mille (1000) milliards de FCFA en épargne et redistribue les trois-quarts (3/4) en crédits. Avec 263 SFD agréés, le secteur de la microfinance pris dans sa globalité pèse l’équivalent d’une banque moyenne burkinabè, avec 83,3 milliards de dépôts et 79,4 milliards de crédits pour 1 136 286 clients au 31 décembre 2010.
La microfinance dont il est question fait référence à l’offre de services financiers aux populations pauvres et à faibles revenus qui ont peu ou n’ont pas accès aux services financiers bancaires. Les services financiers dont il s’agit ici sont principalement l’épargne, les crédits, les transferts et de plus en plus les assurances. Une institution de microfinance (IMF) ou un système financier décentralisé (SFD) est une entreprise financière qui offre des services de microfinance et doit, à terme, couvrir ses charges et dégager une marge sans appui extérieur pour assurer sa pérennité. L’activité est régie par la loi n° 023-2009/AN du 14 mai 2009 portant réglementation des SFD, le décret n° 2009-8 39/PRES/PM/MEF du 18 décembre 2009 portant réglementation des SFD ainsi que par les instructions de la BCEAO.

Les expériences d’épargne et /ou de crédits décentralisés existent au Burkina Faso depuis la fin des années soixante et ont pris, depuis le début des années 1990, une dimension appréciable. Elles se sont développées à la faveur de l’engouement des populations pour leurs produits financiers adaptés et pour leur proximité. Ces expériences ont revêtu 3 principales formes institutionnelles dont les institutions mutuelles ou coopératives d’épargne et de crédit, qui représentent la forme prédominante; les structures de crédits directs ou solidaires, forme généralement développée par certaines ONG ou associations cherchant à greffer des activités de microfinance à leur programme principal de développement; les sociétés commerciales, qui constituent une forme émergente de SFD au Burkina Faso.

La microfinance contribue fortement à la lutte contre la pauvreté

En 2005, le Burkina Faso s’est doté d’une stratégie nationale de microfinance sur 05 ans. Cette stratégie a été actualisée en 2012 pour la période 2012-2016. Cette stratégie vise à favoriser, dans une démarche de finance inclusive, l’accès d’une large proportion de la population à des produits et services financiers diversifiés et adaptés, offerts par des SFD pérennes, supervisés et évoluant dans un contexte légal, règlementaire et fiscal favorable. L’accès à une large gamme de services financiers aide les pauvres à épargner, à préparer l’avenir, à surmonter les crises et à gérer leurs besoins financiers, qui sont souvent d’une grande complexité.

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Au 31 décembre 2012, le secteur de la microfinance de l’UEMOA, comptait 729 SFD en règle avec 4 839 points de service et 11 658 237 membres ou clients. Le montant total de l’épargne mobilisé était de l’ordre de 681 797 880 000 francs CFA contre un total de crédit octroyé de l’ordre de 646 857 510 000 francs CFA. Pour le cas spécifique du Burkina Faso, au 31 décembre 2012, le secteur de la microfinance comptait 156 SFD en règles avec 532 points de service et 1 388 526 membres ou clients. Le montant total de l’encours de l’épargne mobilisé est ressorti à 139 337 086 862 FCFA contre un total d’encours de crédit de l’ordre de 96 153 683 119 francs CFA. Comparativement aux autres pays de l’UEMOA, le Burkina Faso fait partie des pays ayant les meilleures qualités de portefeuille de crédits. La microfinance se positionne donc comme une réponse aux sollicitations des couches les plus pauvres en tant que système alternatif d`accès aux services financiers. D`où l`urgence de travailler au développement d`un secteur sain et à l`émergence de structures financièrement viables et pérennes. A cet effet, un Secrétariat Permanent pour la Promotion de la Microfinance a été crée. Il existe aussi d’autres initiatives comme la semaine nationale de la microfinance, le cadre national des acteurs de la microfinance,…

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

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