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Matériaux de construction : Hors de la portée du Burkinabè moyen

Le Burkina Faso en général et Ouagadougou en particulier est en plein chantier. Certains acteurs font alors de la vente des matériaux de construction, leur gagne pain. Plongée dans un univers particulier.

Faites un tour au niveau de l’aire triangulaire située au croisement de la route de Pô et de la circulaire de l’ex secteur 30 de Ouagadougou. C’est un centre d’affaires à ciel ouvert. De nombreux jeunes s’y sont installés pour vendre des matériaux de construction notamment des agrégats (sables, gravier, gravions, quartz ou cailloux sauvages,…). Dès qu’un client se manifeste, il est assailli par une foule de démarcheurs qui lui proposent ce qu’ils appellent le « meilleur produit ». « Le combat est rude. Seuls les plus entreprenants s’en sortent ». C’est ce qu’Issaka Zongo nous confie. Il travaille ici depuis plus de 03 ans et avoue réaliser parfois un chiffre d’affaires de plus de 50 000 par semaine rien que sur des commissions que des fournisseurs propriétaires de camions remorques vers qui il oriente des clients lui reversent. C’est plutôt lucratif non ? Sourire en coin, Issaka répond : « Je ne me plains pas. Je suis d’autant plus content que cette activité me permet de gagner honnêtement ma vie ».
C’est un univers peu structuré. Les prix sont donc fixés quasiment à la tête du client. Mais de façon générale, les 12m3 de sable se négocient autour de 80 et 120 000FCFA en fonction du type de sable (pour construction, pour crépissage). Pour la même quantité de gravier, il faut débourser autour de 75 000 FCFA contre 60 000 FCFA pour les cailloux sauvages. Les personnes qui officient en ces lieus travaillent en général avec des entrepreneurs et des sociétés immobilières. Si l’activité permet à certains de gagner leur vie, il n’en demeure pas moins que d’aucuns se livrent à des pratiques malhonnêtes pour parvenir à leurs fins. C’est ainsi qu’ils peuvent charger les camions dans un premier temps de produit de mauvaise qualité qu’ils recouvrent par la suite de la bonne marchandise. Ils grugent ainsi le consommateur et gagnent doublement. Ce sont autant de pratiques qui ternissent l’image de ces « débrouillards ».
A une échelle plus grande, on assiste à une véritable spéculation sur les prix des matériaux de construction à telle enseigne que construire sa propre maison relève du parcours du combattant pour bien des Burkinabè moyens. « J’ai arrêté les travaux de construction de mon chantier, il y a déjà à peu près trois mois. Je n’ai plus d’argent pour pouvoir continuer; les prix de matériaux ont terriblement grimpé. Je ne peux plus acheter de grandes quantités de tôles, de ciment et de paquets de fer. Tout coûte cher ». Voici ce que Tidiane, enseignant depuis plus de 25 ans déclare, dépité. Ce père de six enfants qui habite Ouagadougou voulait en finir avec les problèmes de location, construire et habiter sa propre maison sur un terrain de 250m2. Mais au stade de la finition, sa surprise a été grande de constater que les prix des matériaux de construction ont subi une hausse vertigineuse. De nos jours, construire une maison en matériaux définitifs au Burkina Faso n’est pas à la portée de n’importe quel travailleur. En effet, les matériaux de construction, qui n’étaient déjà pas abordables pour la majorité des citoyens, connaissent régulièrement une hausse vertigineuse. Ainsi, la tonne de ciment oscille entre 120 000 et 130000 FCF malgré l’existence de 04 cimenteries. Elle atteint même 140 000 voire 150 000FCFA chez certains spéculateurs. Le mètre de la tôle se vend entre 3000 et 7000 FCFA, selon la qualité. Pour les planches, les prix varient entre 7000 et 10 000.

Materiau de construction2

Abandon de chantiers
Les coûts élevés des matériaux obligent certains à abandonner leurs travaux de construction «J’ai fais un prêt bancaire pour construire ma maison. Avant la finition, l’argent est fini. Ainsi, j’ai vendu la maison en chantier à un commerçant de mon quartier pour aller acheter une parcelle dans un quartier périphérique, afin de pourvoir construire. J’étais sur ce second chantier quand les prix ont encore flambé. Cette fois-ci, je vais attendre, peut-être que d’ici la les prix vont dégringoler », indique Tahirou. Actuellement, il ne fait que regarder son chantier qui a absorbé et ses économies et les revenus de la vente de son premier chantier. Selon lui, l’intérieur de la maison n’est ni crépi, ni revêtu. Quant au reste, le carrelage, le plafonnage, la peinture ou autres commodités, il n’ose même pas y penser, parce que les matériaux de construction coûtent trop cher.
« L’Etat doit davantage réglementer ce secteur afin que les Burkinabè qui le désirent puissent se construire un habitat décent ». Propos d’Adeline rencontrée sur le chantier de son mari, à l’étape du carrelage.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/ Groupe Ecodafrik

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