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Maraichage : Alternative à l’insécurité alimentaire

Au Burkina Faso, la campagne agropastorale 2015-2016 enregistre une production céréalière totale estimée à 4 535 939 tonnes, soit une hausse de 1,49% par rapport à la campagne 2014-2015. La production prévisionnelle totale des autres cultures vivrières s’établit à 791 904 tonnes, soit une hausse de 13,86% comparativement à la campagne 2014-2015. La production prévisionnelle totale des cultures de rente, elle, s’établit à 1 567 220 tonnes. Elle demeure stable par rapport à la campagne précédente. Même si les résultats sont globalement satisfaisants, il n’en demeure pas moins que 15 des 45 provinces du pays sont déficitaires. Il faut donc des mécanismes pour renforcer la résilience des populations surtout celles les plus pauvres. Le maraichage et autres cultures de contre-saison apparaissent comme de belles alternatives.

Dès les années 1960, les cultures de contre saison se sont très vite avérées être un important atout pour le développement des productions agricoles. Mais c’est à partir des années 1970, après les grandes sécheresses dans les pays du CILSS, que le Burkina s’est résolument lancé dans ces cultures. Il a adopté dans un premier temps le volet cultures maraîchères et fruitières et a intégré d’autres cultures vivrières par la suite pour suppléer au déficit alimentaire chronique occasionné par les aléas climatiques et d’autres facteurs contraignants. Les cultures de saison sèche sont prises en compte comme une alternative stratégique pour réduire l’insécurité alimentaire et comme un important secteur de création d’emplois pour les jeunes ruraux en quête de travail. En ajoutant à cela les revenus substantiels que l’activité permet de générer, le secteur apparaît comme un moyen de lutte contre la pauvreté sur plusieurs plans.

Les cultures de saison sèche sont pratiquées presque exclusivement dans des bas-fonds, autour des barrages, des lacs et des cours d’eau (rivière ou fleuve) autour des grands centres urbains et des zones aménagées. On distingue les exploitations urbaines, les exploitations périurbaines (autour des grandes villes), les exploitations rurales. Les exploitations urbaines sont des parcelles situées à l’intérieur des villes aux abords des cours d’eau qui traversent les villes (cas des parcelles maraîchères situées sur les deux rives du Houet dans la ville de Bobo-Dioulasso) ou à l’aval et autour des barrages à l’intérieur des villes (cas des parcelles maraîchères situées en aval des barrages de Boulmiougou et de Tanghin Barrage, dans la ville de Ouagadougou). Les exploitations périurbaines sont celles situées à l’extérieur des villes aux abords des retenues d’eau permanentes ou temporaires (puits, forages, barrages) mais situées à des distances de 25 km environ autour des villes. C’est le cas des périmètres maraîchers de Saaba, Koubri, Loumbila Boulbi, etc. autour de Ouagadougou. C’est également le cas de Lebredougou et Tengrela à Banfora ; des périmètres maraîchers de Bama pour la ville de Bobo-Dioulasso et de Goïnré pour la ville de Ouahigouya. On appelle exploitations maraîchères rurales toutes les exploitations sous irrigation situées en zones rurales qu’elles soient aménagées ou non. On trouve dans cette catégorie les grands périmètres aménagés qui reçoivent un encadrement soit de l’état soit d’ONG. C’est notamment le cas du périmètre maraîcher de Guiéd ougou, de Kongounsi, du Lac Dem, etc.

Spécialisation et gains substantiels

On assiste à une spécialisation des zones par rapport aux différentes spéculations maraîchères : c’est le cas de la fraise où ce ne sont que les provinces du Kadiogo et du Houet qui en sont productrices. De même pour le haricot vert ce sont les provinces du Sourou; du Sanmatenga; du Bam; du Kadiogo et du Houet qui en sont les principales provinces de production significative. La pomme de terre est significativement produite au Yatenga; à l’Oudalan et le Loroum. De nouvelles cultures telles les courgettes sont entrain de prendre de l’ampleur dans les provinces d’Oubritennga ; du Houet ; du Kadiogo ; du Sanguié ; du Sanmatenga ; du Bazèga et de la Comoé.

L’activité maraîchère commence au milieu de la saison pluvieuse, avec les préparations des pépinières sous abris (case,hangar,…). Les repiquages et semis directs commencent à partir de septembre pour certaines zones et seulement entre novembre et février pour d’autres. Cette situation est fonction des zones de production et de la nature des sites de production. Il y a une variation dans les dates de mise en place des exploitations pour tenir compte de la demande du marché et des périodes favorables à la commercialisation pour certaines zones plus ou moins enclavées.

Le maraichage permet à de nombreux ménages de sortir de la pauvreté. Au regard de l’importance de l’activité, une semaine régionale du maraichage du Centre-ouest a été instituée à Réo, dans la province du Sanguié. L’édition 2016 se déroule du 27 au 31 janvier autour du thème : «Promouvoir les cultures maraichères pour diversifier le régime alimentaire des populations et générer des revenus supplémentaires».

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/ Groupe Ecodafrik

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