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Manifestation contre IAMGOLD/Essakane S A : 28 prévenus ont comparu

Le vendredi 31 juillet 2015, des manifestants venus de Falagountou, Gorom-Gorom, Essakane et Markoye ont manifesté contre la société minière IAMGOLD/Essakane S A, causant de « nombreux et gros dégâts ». Le jeudi 3 septembre dernier, 28 auteurs présumés ont comparu devant le tribunal correctionnel de Dori.

13 heures, de 8 h à 21 h. C’est le temps qu’a duré le premier round du jugement de 28 personnes poursuivies pour acte de vandalisme, manifestation sur la voie publique, incitation à la dégradation, complicité de violence ainsi que destruction de biens immobiliers et mobiliers de IAMGOLD/Essakane S A et de Techno Security. Parmi les prévenus à la barre du tribunal correctionnel de Dori, le jeudi 3 septembre 2015, il y avait, entre autres, un instituteur, des chauffeurs, des commerçants, des employés de commerce, des vigiles, des cultivateurs et un ex-maire. 22 d’entre eux ont reconnu les faits à eux reprochés, tandis que les 6 autres les ont niés. Les manifestants expliquent avoir adressé une correspondance à la mine le 24 juillet 2015, qui n’a pas eu de suite. Ils ont précisé que la manifestation du 31 juillet dernier avait pour but de dialoguer avec les responsables de la mine afin de les amener à favoriser l’emploi local, en mettant l’accent sur le recrutement des jeunes sahéliens. Aussi ont-ils déclaré être allés pour s’imprégner du choix de Techno Security au détriment de Djamnaty, suite à l’appel d’offres pour l’engagement d’une société en charge de la sécurité des installations de IAMGOLD/Essakane S A.
Les quatre conseils de IAMGOLD/Essakane S A, venus des cabinets d’avocats des Mes Benoît Sawadogo, Tou et Somé ainsi que Me Ido Léocadie, eux, ont focalisé leurs plaidoiries sur les dégâts subis par leur client. Ils les ont estimés à plus de 2 milliards de francs CFA. Les avocats de l’entreprise minière sont revenus sur les circonstances du choix d’une nouvelle société de sécurité. Ils ont rappelé que Djamnaty Sécurité a travaillé avec la mine de 2009 à 2015. A les entendre, durant cette période, la société minière assurait gratuitement la formation des 150 agents de Djamnaty. Par ailleurs, les avocats ont confié que IAMGOLD/Essakane S A payait 320 000 F CFA par vigile alors que Djamnaty versait une somme de 120 000 F CFA par agent. Puis, les conseils ont dit qu’il y avait des plaintes d’irrégularités de salaires et des réclamations financières récurrentes de la part des agents de Djamnaty. Toute chose qui, ont-ils indiqué, a conduit la mine à lancer un appel d’offres pour le recrutement d’une nouvelle agence de sécurité et qui a abouti au choix de Techno Security.
Selon le conseil de Techno Security, Me Rodrigue E. Bayala, la société a décidé de maintenir les 150 agents de Djamnaty avec une augmentation du salaire de 20 000 FCFA pour le porter à 140 000 FCFA. Et d’ajouter que tous les agents de Techno Security sont du Sahel. Pour lui, le préjudice des récents actes de vandalisme a été évalué à plus de 20 millions de FCFA. En effet, les bureaux de Techno Security à Essakane- village, Falagountou, Gorom-Gorom et Markoye ont été saccagés. A l’instar des conseils de IAMGOLD/Essakane S A, celui de Techno Security a exigé une condamnation solidaire des 28 prévenus pour la réparation du tort causé.
Quant au conseil des prévenus, Me Prosper Farama, il a révélé que c’est IAMGOLD/Essakane S A qui a fixé le salaire mensuel des agents de Djamnaty à 198 000 F CFA mensuel et par vigile. Parlant des 320 000 F CFA, il a affirmé que cette somme a été initiée depuis l’année 2014. Cependant, l’avocat des prévenus a dit que la mine payait effectivement 235 000 F CFA mensuellement et par agent à Djamnaty. Me Farama a conclu en soutenant qu’il n’existe aucun élément de preuve démontrant que ses clients ont effectivement causé des dégâts. C’est pourquoi, il a demandé aux juges de les relaxer pour infractions non constituées.
Pour sa part, le parquet dans ses réquisitions a d’emblée rappelé qu’ une audience publique est aussi un moyen de sensibilisation et d’éducation de la population. Ensuite, il a dit que face à une telle situation, l’Etat doit prendre ses responsabilités et les jeunes doivent se conformer à la loi. Il a déploré le fait qu’il y ait eu en l’espèce, de la manipulation et de la désinformation de la population et des leaders de jeunes par les responsables de Djamnaty lors de la manifestation du 31 juillet 2015. C’est dans cette optique qu’il a demandé aux juges de condamner 27 prévenus à 12 mois de prison avec sursis et de relaxer un au bénéfice du doute.
Au terme de ce jugement marathon, le tribunal a renvoyé toutes les parties au 17 septembre prochain où les 28 prévenus seront situés sur leur sort.

Souaibou NOMBRE
snombre29@yahoo.fr
sidwaya.bf

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