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Maisons en matériaux locaux : Ecologiques et économiques

Le rêve de tout burkinabè qui en a les moyens est de disposer d’un habitat décent. Mais les coûts des matériaux de construction sont parfois exorbitants. Face à cette difficulté, les matériaux locaux apparaissent comme une alternative.

Les matériaux locaux, contribuent au développement. Ces matériaux locaux ou matériaux de construction alternatifs sont entre autres des briques « adobes » faites en terre, des blocs de terre comprimée (BTL), des blocs de latérite taillée (BLT) ou encore des pierres taillées (granite, grès, gneiss). Toutefois, la production des matériaux locaux est, principalement, le fait de petites structures qui relèvent essentiellement de l’artisanat et en majorité du secteur informel. La majorité de la production des matériaux locaux, quelle que soit sa qualité, ne passe pas par un lieu conventionnel de vente de matériaux de construction. Ils se négocient directement sur leur lieu de production, sur la base d’accords entre le producteur et les clients. Ce qui implique le plus souvent une production en fonction des commandes fermes réglées au préalable. Des efforts doivent être fournis car la construction des habitats, des édifices publics en matériaux locaux présente des avantages certains pour le développement du Burkina. Si ce secteur est bien exploité, il permettra de créer des emplois et de développer l’économie du pays. L’utilisation accrue de matériaux locaux mettrait non seulement en valeur les ressources naturelles du pays, mais elle pourrait contribuer à réduire la fuite des devises par une substitution aux produits importés. Parce que la production de ces matériaux est locale et en grande partie manuelle, elle permet aussi de stimuler l’économie locale en créant des emplois subsidiaires en dehors de l’activité de construction.

Maisons en matériaux locaux 2

Selon la coopération suisse au Burkina Faso et l’Initiative conseil international (ICI), les ouvrages en matériaux locaux sont, en outre appréciés pour leur esthétique et leur durabilité. Ils bénéficient d’une inertie thermique (moins chaud) procurant un plus grand confort. Le coût de construction en matériaux locaux est souvent inférieur à celui des constructions analogues en ciment. D’un point de vue écologique, la production du ciment selon les techniciens est responsable de 5% de l’émission mondiale du CO2. Or, l’usage des matériaux locaux est sans émissions nocives.
Dans sa thèse de doctorat en physique appliquée soutenue le 05 avril 2016 à l’Université de Ouagadougou, Fati Zoma abonde dans le même sens. Elle propose un nouveau matériau composite qui associe la terre et les matières végétales comme le bissap et la chaux. Ce matériau permet de construire des maisons bioclimatiques qui s’autorégulent en fonction de la température. Dans ces maisons, il fait moins chaud et elles sont économiques et financièrement rentables car le ciment qui coûte très cher n’ y intervient pas.
Mais pour que les matériaux locaux soient vulgarisés dans la construction au Burkina Faso, il faut intensifier la formation, contrôler les ouvrages réalisés et battre surtout en brèche les idées qui voudraient que ce soient des matériaux de « pauvres ». Des édifices construits en matériaux locaux (pierre taillée) depuis la colonisation résistent de nos jours contrairement à certains chantiers réalisés à base de matériaux « définitifs » qui se sont écroulés comme des châteaux de cartes quelques jours après leur finition. Tout est une question de technicité et d’application des normes.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/ Groupe Ecodafrik

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