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Lutte contre la Corruption au Burkina Faso : Des acteurs s’expriment

Chaque 9 décembre la communauté internationale commémore la Journée Internationale de la Lutte contre la Corruption, ce phénomène qui ralentit le développement socio-économique dans les pays à fort taux. Au Burkina Faso, cette édition coïncide avec le 10ème anniversaire du REN LAC, l’une des structures engagées activement dans ce combat. Mais surtout l’adoption par le Conseil National de la Transition de la Loi 04/2015 CNT. A l’occasion des acteurs se sont exprimés à ce sujet.

Dr Claude WettaDr Claude Wetta, Secrétaire Exécutif du REN-LAC
« Lorsque l’on regarde les chiffres que la Banque Mondiale nous donne, c’est à peu près 1/5 de nos ressources que nous perdons en raison du phénomène de la corruption. Et quand on voit que cela constitue 1/5ème des ressources d’un pays, c’est énorme. Si vous prenez la richesse du Burkina, vous considérez qu’elle fait 3000 milliards, vous le divisez par 5, cela fait environ 600 milliards que nous perdons chaque année. Ce sont des sommes qui peuvent servir pour faire des routes, des écoles, des centres de santé et c’est énorme pour un pays comme le Burkina. Je pense que c’est surtout cela qu’il faut voir. Et comme l’a dit le Contrôleur Général, il faut tout faire pour enrayer cette gangrène. Selon les enquêtes que nous avons faites en général, les Burkinabè pensent que la corruption est répandue à près de 90% pour les cinq dernières années. Ce sont des chiffres qui peuvent fluctuer entre 91,92 et 93%, mais c’est généralement supérieur à 90%. Ce qui n’est pas une bonne opinion. La question de la corruption au Burkina Faso est comme la question du développement. Ce n’est pas quelque chose qu’on observe du jour au lendemain mais c’est une lutte de longue haleine. Il faut regarder sur une dizaine d’années puisque ce sont des questions d’impact. Or les questions d’impact on ne peut pas les analyser en court terme, il faut les analyser soit à moyen ou long terme. Actuellement elle ne diminue pas. Par exemple si vous prenez le classement de Transparency International, depuis trois ans, nous avons la note de 3,8/10 ou 38/100. Donc cela fait qu’on a l’impression que c’est un phénomène de stagnation en ce qui concerne la notation, mais quand vous regardez le classement entre 2013 et 2014 nous avons reculé : on est passé de 83ème à 85ème . On espère que l’année 2015 va nous permettre de gagner quelques places pour pouvoir effectivement dire que le travail que nous faisons n’est pas inutile. Pour ce qui est de la lutte il y a les textes qui rencontraient des difficultés quant à l’adoption, mais, par exemple, le texte sur la lutte contre la corruption c’est seulement en 2015 qu’il a été adopté. Pourtant nous étions en train de nous battre depuis 2011 pour qu’il soit adopté mais les gouvernements antérieurs faisaient un peu de blocage. Donc ce n’est pas toujours évident. Nous pensons donc qu’avec cette adoption, l’on pourra faire reculer la corruption de façon assez significative.

Président du Faso, Michel Kafando

Michel Kafando

C’est à l’honneur du gouvernement, à l’honneur de l’Autorité de Contrôle d’Etat, à l’honneur aussi des organismes associés qui luttent pour la corruption notamment le REN LAC, le PNUD, le Réseau International de Journalistes d’avoir marqué fortement cette journée du 9 décembre en organisant cette cérémonie. Le Contrôleur Général d’Etat à brosser les méfaits de la corruption. La corruption est une gangrène qui mine le tissu social. Elle dépersonnalise aussi bien le corrupteur que le corrompu. C’est pourquoi la transition a pris à cœur en arrivant de s’attaquer à ce fléau. Vous le dites si bien nous n’avons pas un bon classement mais nous avons essayé justement à travers cette réalité de prendre toutes les mesures pour justement amener le Burkina Faso honorablement dans le rang des pays les moins corrompus. C’est d’ailleurs ce qui a justifié la création de l’autorité supérieure de contrôle d’Etat. Je voudrais profiter de l’occasion pour féliciter le Pr Luc Marius Ibriga, et ses collaborateurs, féliciter également les responsables du RENLAC, du PNUD du Réseau International des journalistes pour ce qu’ils ont fait depuis le début de la Transition. Ils ont fait beaucoup et nous en sommes fiers. C’est d’ailleurs pourquoi aussi le Conseil National de la Transition a tenu à constitutionnaliser l’ASCE (l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat). Nous espérons que ceux qui vont nous remplacer resterons dans la ligne que nous avons tracée à savoir prendre toutes les mesures nécessaires pour combattre la corruption sous toutes ses formes, de façon à ce que notre pays retrouve honorablement son rang de pays intègre comme d’ailleurs son nom l’indique. Nous sommes satisfaits de la commémoration de cette célébration au Burkina Faso.

Pr. Luc Marius Ibriga, Président de l’ASCE

Ibriga

Le Burkina Faso en très peu de temps s’est retrouvé voir améliorer son indice dans le classement des pays du point de vue de la corruption. La loi 04/2015 CNT est une des premières Lois qui aient été adoptées dans le pays, dans le monde qui soit presque en exacte adéquation avec la convention des nations unies contre la corruption. En plus de cela il y a eu un certain nombre de réformes qui ont été menées notamment celle de l’ASCE pour lui donner du pouvoir plus de moyens afin de pouvoir véritablement lutter contre la corruption. On peut dire que cette année le 9 décembre se fête sous de bonnes auspices par ce que il y a l’infrastructure juridique-institutionnelle, de la lutte contre la corruption mais nous ne devons pas baisser les bras par ce que le tout n’est pas d’avoir les textes et les institutions, il faut qu’il ait une volonté politique pour s’engager véritablement dans la lutte contre la corruption.
Nous devons lutter au maximum. Le Burkina est classé premier parmi les pays les moins corrompus de l’UEMOA. Qui a été dépassé ces dernières années par le Sénégal. Ce sont les moins corrompus. Cela veut dire que nous devons tout faire pour retrouver notre première place et être au niveau de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique un des pays le moins corrompus pour mériter notre appellation de Burkina Faso.

Balguissa Sawadogo
Ecodufaso.com/ Groupe Ecodafrik

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