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LMD : Pomme de discorde entre étudiants et autorités universitaires

A l’Université de Ouagadougou, les années académiques se chevauchent. Le système LMD (Licence-Master-Doctorat) est mis en cause. Il est décrié par des étudiants qui en appellent à son abrogation pure et simple. Pour les autorités universitaires, « il faut savoir raison garder et ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain »…

L’Université de Ouagadougou est régulièrement secouée par des grèves du fait, entre autres de l’application du système LMD. Alors que les autorités universitaires le présentent comme un véritable bond en avant en termes d’amélioration de la qualité de l’enseignement, de nombreux étudiants, eux, en ont une toute autre lecture. Sans rejeter le LMD en soi, le Burkina Faso étant obligé de se conformer aux normes internationales, ils dénoncent surtout « l’application anarchique » qui en est faite à l’université de Ouagadougou. Ils disent avoir été « roulés » car l’administration de l’université leur aurait fait comprendre que le LMD ne concernerait que la première année alors qu’il s’applique dans les faits aux 2è et troisième années également. Conséquence, dans les différentes plateformes revendicatives des étudiants, la suspension pure et simple du système LMD revient de façon récurrente. Il y a assurément incompréhension malgré les précisions de la décision N° 2011 019 du 26 janvier 2011 portant application du LMD à l’UO. L’article 1 stipule : « Pour compter de l’année académique 2009-2010, l’application du LMD concerne le niveau de première année licence (L1) dans le domaine sciences et technologies (Régularisation). » L’article 2 précise : « Pour compter de l’année académique 2010-2011, tous les établissements d’enseignement et de recherche de l’Université de Ouagadougou appliquent le LMD en commençant avec les L1 (Licence 1ère année). » L’article 4 enfin dispose : « Pour compter de l’année académique 2011-2012, tous les établissements d’enseignement et de recherche de l’Université de Ouagadougou étendent l’application du LMD au niveau M1 (Master 1ère année). » Les articles tels que stipulés ne sont pas suffisamment précis et portent à confusion de l’avis de certains étudiants. Avec les nombreux problèmes auxquels l’université est confrontée, certains étudiants mettent 06 ans ou plus pour décrocher leur licence qu’ils auraient dû achever en 03 ans normalement.

Comment sortir de l’ornière ?

En rappel, l’université de Ouagadougou s’est engagée dans le processus LMD depuis 2005 avec les autres universités de l’espace UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine). L’objectif du système LMD est de moderniser les offres de formation de l’enseignement supérieur dans le but d’assurer la réussite , de promouvoir un système lisible et comparable au niveau international, de renforcer l’apprentissage des connaissances transversales, de développer la professionnalisation des formations supérieures…Le système LMD est également conçu pour permettre d’assurer une plus grande flexibilité des parcours de formation et surtout une meilleure mobilité des enseignants et des étudiants. L’UO a commencé l’expérimentation du LMD à la rentrée académique 2009 – 2010. La généralisation est intervenue en 2011-2012. Le LMD est un système de formation qui comporte une architecture des études en trois grades (licence, master, doctorat), une organisation des formations en semestres et en unités d’enseignement capitalisables et des contenus structurés en domaines pluri et transdisciplinaires comportant des parcours diversifiés. Le système se fonde sur deux axes essentiels. Le premier axe est relatif à la semestrialisation. L’enseignement est organisé en semestres et le semestre devient ainsi la durée périodique de l’enseignement. Chaque semestre comporte en moyenne quatorze à seize semaines. Ainsi la licence s’obtient en six (6) semestres, le master en quatre (4), et le doctorat en six (6) semestres. Le deuxième axe est celui de la capitalisation. Les contenus sont découpés en unités d’enseignement que l’étudiant acquiert une à une et qu’il capitalise. Chaque unité d’enseignement a une valeur mesurée en crédit et le crédit a en moyenne vingt (20) à vingt- cinq (25) heures.

En prévision éventuelles réticences, des rencontres ont été organisées par l’UO afin de permettre aux différents acteurs de s’approprier la réforme LMD. Au regard des constantes récriminations, tous les protagonistes ne semblent pas sur la même longueur d’ondes. L’application du système LMD révèle de graves problèmes de communication entre les étudiants et les autorités universitaires. L’heure est au dialogue de sourds du fait de la divergence d’interprétation et même d’appropriation de tous les contours du système par les différents acteurs (administration, étudiants, parents).
Conséquence, il y a des protestions conjoncturelles alors que l’Université, forte de ses 50 000 étudiants, n’est pas encore totalement sortie de sa zone de crise structurelle.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

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