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Les obstacles à l’entreprenariat des jeunes

Le chômage et le manque d’emploi frappent des millions de jeunes burkinabè. Dans cette situation de précarité et de morosité économique, le salut peut venir des jeunes eux-mêmes s’ils optent pour l’entreprenariat. Mais ce n’est toutefois pas une recette toute faite. Si les jeunes doivent jouer leur partition pour créer et gérer des entreprises prospères, l’Etat et les autres acteurs (entreprises, structures de financement,…) doivent également jouer la leur.

La population burkinabè estimée actuellement à environ 17 millions d’habitants est essentiellement jeune du fait de la forte croissance démographique. Selon les données de l’Enquête Intégrale sur les Conditions de Vie des Ménages (EICVM 2009/2010), 70% a moins de 35 ans, 46,4% a moins de 15 ans et 59,1% a moins de 20 ans. Cette configuration démographique confère à la jeunesse un rôle capital dans le processus de développement économique et social du pays. Cependant, pour permettre la participation des jeunes au processus de développement, les conditions de leur plein emploi doivent être réunies. Pourtant, la réalité socioéconomique du pays est caractérisée par une faiblesse structurelle des potentialités d’offres d’emplois, alors que les candidats à l’emploi voient leur nombre croître de manière galopante. L’industrie pourvoyeuse potentielle d’emplois décents est très peu développée en raison de sa faible productivité et du coût élevé des facteurs de production. Du coup, l’essentiel des emplois non agricoles se retrouve concentré dans le secteur informel (70%). Le chômage des jeunes est donc l’un des plus grands défis sociaux et économiques du Burkina Faso. Que faire donc ? Créer son entreprise quand on est jeune : aventure impossible ou initiative idéale ? Les atouts des jeunes sont nombreux : pas encore de charges familiales, pas ou peu d’emprunts à rembourser, du temps pour préparer un projet, de l’imagination, de l’enthousiasme et surtout des aptitudes à assimiler rapidement de nouvelles notions. Ils peuvent donc se lancer en mettant toutes les chances de succès de leur côté. Mais entre l’idée et sa matérialisation, le chemin est parfois parsemé d’embuches malgré les structures créées et les nombreuses initiatives développées par l’Etat burkinabè (FASI, FAIJ, FAPE…) pour promouvoir l’entreprenariat des jeunes.

Ces obstacles qui freinent l’élan des jeunes

Les jeunes soient confrontés à des obstacles les empêchant de transformer leurs idées en projets. Ces obstacles sont de natures diverses: attitude de la société à l’égard de l’entrepreneuriat, manque de compétences, formation à l’esprit d’entreprise insuffisante, manque d’expérience professionnelle, absence de fonds propres, absence de contacts,…
Au Burkina Faso, les programmes d’éducation et de formation ne promeuvent pas suffisamment le développement d’attitudes et de compétences entrepreneuriales, mais se contentent de préparer les étudiants à un emploi salarié, bien que des progrès aient été réalisés récemment dans ce domaine. L’expérience professionnelle et entrepreneuriale antérieure constituent aussi des facteurs déterminants dans le succès d’une entreprise. Mais les jeunes ne possèdent généralement pas le capital humain, financier et social nécessaire pour créer et faire prospérer une nouvelle entreprise. Ils disposent rarement d’une expérience sectorielle, managériale ou professionnelle antérieure. En entreprenariat, plus les entrepreneurs disposent de ressources financières initiales, plus ils ont de chances de réussir. Or, les jeunes sont désavantagés à cet égard, car non seulement ils ne peuvent généralement pas s’appuyer sur d’importantes économies personnelles, mais ils éprouvent également des difficultés à obtenir un financement extérieur, par exemple par le biais d’un emprunt. Pour évaluer les propositions de crédit, les banques tiennent compte d’un ensemble de paramètres incluant les antécédents en matière de crédit, les performances de l’entreprise et les garanties existantes, autant d’éléments qui ne militent pas toujours en faveur de l’entreprenariat des jeunes. En raison du peu de ressources dont ils disposent, les jeunes entrepreneurs opèrent donc généralement dans des secteurs qui se caractérisent par de faibles barrières à l’entrée, mais qui sont, de ce fait, exposés à une forte concurrence. Il y’ a donc tout un ensemble de mesures structurelles à adopter pour doper l’entreprenariat des jeunes au Burkina Faso.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

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