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Les fonctions économiques et sociales de la cola

Au Burkina Faso comme dans plusieurs pays africains, la cola remplit plusieurs fonctions. Elle est non seulement un produit économique mais aussi un élément incontournable pour certaines questions sociales (demande en mariage, sexualité, santé,…)

La noix de cola provient du colatier, un arbre originaire des forêts de l’Afrique occidentale humide. L’arbre pousse le plus souvent de manière spontanée, mais certaines espèces sont cultivées et elles ont même été introduites en Amérique Latine, en Asie et en Australie. On dénombre environ 140 espèces de colatiers dans le monde. Deux d’entre elles sont très répandues en Afrique : le colatier acuminata et le colatier nitida. L’espèce acuminata donne la noix cola acuminata ou petite cola, de couleur brune, à un cotylédon et à noyau blanchâtre. Le colatier nitida produit la cola nitida ou grande cola à deux cotylédons. Sa couleur varie du blanc jaunâtre au rouge rosé à l’état frais. Elle devient brune rouge une fois la noix séchée. La noix de cola a pour constituants la caféine, la kolatine, la théobromine et le tanin. Ces éléments lui confèrent de nombreuses vertus tant sur le plan social, économique, culturel, religieux,…

La noix de cola est omniprésente dans la vie quotidienne ; elle accompagne presque tous les événements de la vie en société. Dans les communautés rurales africaines, certaines cérémonies ne sont en effet pas concevables sans distribution de noix de cola. Les cérémonies telles que les fiançailles, le mariage, la naissance, l’attribution du nom au nouveau-né, le baptême, la résolution de conflits, la réconciliation, les retrouvailles entre membre d’une même famille, la visite aux aînés, les funérailles, le troisième ou le quarantième jour du deuil… impliquent l’utilisation impérative de noix de cola. On voit dans cet usage le symbole d’hospitalité, d’amitié, de partage, d’entente, de respect, de solidarité et de sociabilité.

Au Burkina Faso, l’expression « briser la cola » signifie le partage et l’amitié. Dans certaines localités, lorsqu’un homme veut solliciter la main d’une fille, il commence d’abord par envoyer une certaine quantité de noix de cola à la famille de l’élue (pour s’annoncer et dévoiler son intention) ; la réponse lui sera retournée au travers de la noix de cola également. Elle est positive (le fiancé est le bienvenu) si la noix retournée est blanche. Elle est négative si la noix est de couleur rouge. A ce stade, la noix de cola sert surtout de langage, de moyen de communication symbolique entre deux groupes. Dans les villages, on ne rend pas visite à une personne digne de respect sans la noix de cola.

noix de cola 2

Certains aussi attribuent des vertus aphrodisiaques à la cola. Elle stimulerait l’appétit sexuel en maintenant éveillé et en accroissant l’endurance physique grâce à sa richesse en caféine et en théobromine.La présence de la noix de cola est aussi manifeste dans les pratiques fétichistes. Les marabouts recommandent souvent l’usage cultuel de cette noix à leurs clients. A Ouagadougou, il n’est pas rare de rencontrer de la cola déposée en pleine rue à des intersections. La noix de cola est également une marchandise et une source de revenus substantiels pour de nombreux ménages tant ruraux qu’urbains ainsi que pour les pouvoirs publics. Le Burkina Faso importe sa cola de la Côte d’Ivoire qui en est un pays producteur. En 2006, des commerçants qui étaient installésà Bouaké, ont transféré leurs activités au Burkina Faso. A Ouagadougou, 600 d’entre eux écoulaient 8 000 à 12 000 paniers de colas mensuellement. Le panier se négociait autour de 30 000 FCFA. En 2006, la cola a rapporté plus de 3 milliards de FCFA au Burkina Faso avec 25 à 30 millions d’impôts sur le bénéfice et plus de 265 millions de FCFA d’assurance. Mais avec la crise ivoirienne, les prix ont drastiquement chuté. L’importation aussi. En 2012, seulement 721 millions de F CFA ont été consacrés à l’importation de la noix de cola contre plus de 2,8 milliards en 2011. Aujourd’hui si la filière semble au creux de la vague au niveau économique, l’usage de la cola pour des question social, lui, ne faiblit pas.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/ groupe Ecodafrik

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