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L’économie mondiale plonge dans un tunnel financier

Les symptômes de la crise économique sont bien là. Et pour sortir de cette crise, des efforts communs doivent être déployés, s’accordent à dire les experts.

Croissance ou pas ? Dans le rapport sur les Perspectives de l’économie mondiale, publié à la mi-octobre, le Fonds monétaire international (FMI) évoque des « séquelles de la crise », auxquelles les pays du monde doivent faire face. Les grands pays occidentaux, comme le Royaume-Uni ou les Etats-Unis « tirent un trait sur la crise », se réjouit sur les pages du rapport le conseiller économique du FMI Olivier Blanchard, nuançant toutefois que les pays occidentaux ont des perspectives de croissance, mais font face à un « avenir économique incertain ».

Or, l’économie n’est pas vraiment en phase de croissance dans les pays occidentaux. Le risque de déflation dans la zone euro, la chute des prix du pétrole et des indicateurs économiques défavorables en Allemagne constituent une atmosphère morne, ressemblant à celle de l’année 2007.

Vers un troisième volet de la crise économique de 2008 ?

La crise économique de 2008 n’est terminée, affirment les experts. Depuis la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, l’économie des pays occidentaux semblait rester à flot principalement grâce à des taux directeurs historiquement bas et des mesures d’assouplissement quantitatif, prises par les banques centrales. Mais en cinq ans la zone euro n’a pas pu rattraper son niveau d’avant 2008, et les pays émergents étaient impuissants face au flux de liquidités en dollars, provoqué par la politique du « quantitative easing » de la Réserve fédérale des Etats-Unis (Fed). « Il suffit de s’imaginer que les marchés émergents ont augmenté leur dette de près de 2000 milliards de dollars pour comprendre que la hausse des taux d’intérêt de la Fed pourrait générer une très forte volatilité des marchés », explique le journaliste économique Juan Chingo. Et compte tenu de l’intégration des pays en développement dans l’économie mondiale, la « crise des émergents » aurait un impact néfaste sur l’économie mondiale.

En zone euro, la situation n’est guère meilleure. Par manque de coordination ou par myopie, l’Europe et le monde sont entrés progressivement dans la troisième phase de la crise économique mondiale qui les déstabilise depuis 2008, écrit dans une note le directeur des synthèses économiques de Xerfi Olivier Passet. Après l’explosion de la bulle de crédit aux Etats-Unis et la crise des dettes souveraines au Sud de l’Europe, la troisième phase de la crise s’installe dans le monde – celle des débouchés et de la déflation. Et pour essayer d’en sortir, les pays sont entrés en lutte les uns avec les autres, abandonnant les stratégies de coopération.

Crise économique, tensions politiques ?

La crise, dans laquelle nous entrons manifestement, serait également alourdie par des tensions géopolitiques qui se sont accumulées au cours de ces dernières années. C’est le cas notamment de la politique contradictoire des Etats-Unis par rapport à a crise syrienne et l’intervention en Irak, ou des tensions entre Washington et Moscou autour de la situation en Ukraine.

La Russie en paie d’ailleurs déjà le prix fort. Depuis le début de la crise ukrainienne le cours du rouble russe, victime d’inflation et des sanctions occidentales, est en train de chuter face au dollar et l’euro.

Ces frictions dans les relations internationales posent un obstacle à la possibilité de résoudre la crise de manière coordonnée. Et l’atterrissage risque d’être brutal pour les gouvernements occidentaux, qui se sont attaqués au cours de ces six dernières années aux symptômes et non pas aux racines des problèmes économiques. Car les pays émergents, qui ont joué le rôle de stabilisateurs il y a cinq ans ne seront plus capables de le refaire aujourd’hui. Quant à la monnaie américaine, la seule à s’en être plutôt bien sortie jusqu’à présent, elle risque de faire face à l’incertitude des investisseurs, qui ne sont pas persuadés que dans la conjoncture actuelle les Etats-Unis pourront faire cavalier seul pendant longtemps.

Un projet de relance économique coordonnée serait probablement la solution au problème. Sauf que le chemin vers cette relance coordonnée paraît semé d’embûches.

Eugène Zagrebnov
Par La Voix de la Russie

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