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L’économie du datajournalisme

Le “data-journalisme” ou journalisme des données. Cette innovation bouleverse les métiers et contraint les rédactions à plus de polyvalence et de collaboration.

“Journalisme de données » ? De quoi parle-t-on exactement ? Ce n’est pas de l’infographie, même si elle peut s’appuyer sur ce mode de représentation pour gagner en lisibilité et agrément. Ce qui est différent c’est l‘interactivité de l’information et la possibilité de naviguer dans le contenu pour y puiser ce qui nous concerne ou nous intéresse personnellement. Nous vivons aujourd’hui dans un monde numérique, un monde dans lequel pratiquement tout peut être décrit par des chiffres. Votre expérience professionnelle, 300 000 documents confidentiels, votre cercle d’amis, tout peut être décrit avec simplement deux chiffres : des zéros et des uns. Les photos, les vidéos et les sons sont tous décrits avec ces deux mêmes chiffres. Les meurtres, la maladie, les résultats électoraux, la corruption et le mensonge : des uns et des zéros. Qu’est-ce qui distingue le datajournalisme du journalisme traditionnel ? C’est peut-être les nouvelles possibilités qui s’ouvrent quand on combine un instinct journalistique traditionnel avec l’énorme quantité et diversité d’informations numériques aujourd’hui disponibles. Et ces possibilités peuvent survenir à chaque étape du processus journalistique : en utilisant par exemple un langage de programmation pour automatiser le processus de collecte et de recoupement d’informations provenant des instances locales, de la police et d’autres sources civiles.Ou en se servant d’un logiciel pour établir des liens entre des centaines de milliers de documents. Le datajournalisme peut permettre de raconter une histoire complexe avec des graphiques clairs. D’importans revenus sont générés par la collecte, l’analyse et la visualisation de données. C’est le domaine du « raffinage de l’information ». Grâce à un certain nombre d’outils et de technologies, il est de plus en plus facile de faire la lumière sur des problèmes très complexes, que ce soit la finance internationale, la dette, la démographie, l’éducation et ainsi de suite. Le datajournalisme est un élément capital d’intelligence économique. De grandes entreprises rentables de notre époque, comme McDonalds, Google, dépendent d’un contrôle permanent des données pour optimiser leur bénéfice. Les équipes du Guardian et du New-York Times repoussent constamment les frontières de cette discipline émergente.

Mais comment cela peut-il générer de l’argent pour le journalisme ?

Il existe un certain nombre d’entreprises médiatiques axées sur les données très profitables, qui ont simplement appliqué ce principe avant les autres. Elles jouissent de taux de croissance vigoureux et font parfois des bénéfices impressionnants. Bloomberg en est un exemple. Cette entreprise exploite environ 300 000 terminaux et fournit des données financières à ses utilisateurs. Si vous travaillez dans la finance, c’est un outil très puissant. Chaque terminal est équipé d’un clavier avec des codes de couleur et jusqu’à 30 000 options différentes vous aidant à chercher, comparer, analyser et prendre des décisions. Cette activité génère environ 6,3 milliards de dollars par an. The Economist s’est construit une image de marque influente du côté médiatique. D’un autre côté, le Economist Intelligence Unit ressemble plus à une agence de conseil, rapportant les tendances et les prévisions pertinentes pour pratiquement tous les pays du monde. Ils emploient des centaines de journalistes et déclarent servir environ 1,5 millions de clients dans le monde. Avec le datajournalisme, il ne s’agit pas juste d’être le premier, mais d’être une source d’informations crédible. Les datajournalistes peuvent aider à rassembler, synthétiser et présenter des sources d’informations diverses et parfois complexes de manière à apporter à leur public de véritables révélations sur des problèmes difficiles. Plutôt que de simplement recycler des communiqués de presse, les datajournalistes peuvent offrir à leurs lecteurs un point de vue clair, compréhensible et de préférence personnalisable avec des graphiques interactifs et un accès direct aux sources principales.

Le côté philanthropique du datajournalisme

En novembre 2015, le Global Editors Network, un réseau mondial de journalistes, l’Open Society for West Africa et l’Union pour la presse francophone a organisé une de datajournalisme sur Ebola à Dakar, afin d’y apporter un début de réponse. Lors de cette compétition dénommée #HackAgainstEbola, les candidats devaient réaliser en deux jours, le prototype d’une nouvelle offre éditoriale au sein de leurs rédactions (application mobile, crowdsourcing, data visualisation) pour une meilleure couverture de l’épidémie. Les équipes participant à l’atelier de Dakar comprenaient trois membres chacune : un développeur, un graphiste et un journaliste. Afin de compte, c’est la plateforme SenstopEbola qui a été retenue. C’est une plateforme d’information sur l’épidémie via les réseaux sociaux. L’idée est née au lendemain de l’annonce du premier et unique cas importé d’Ebola au Sénégal, en août 2014. Le patient, venu de Guinnée, avait été soigné et reconduit en toute sécurité dans son pays. Des journalistes burkinabè ont également été formés en datajournalisme. Certains confrères l’expérimentent déjà bien.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/ Groupe Ecodafrik

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