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Le Nigeria et le Venezuela, autres victimes de la chute des prix du pétrole

La baisse du prix du brent fragilise le Venezuela, mais aussi le Nigeria, en pleine campagne présidentielle. Un tournant aussi pour les pays du Golfe persique.

Il n’y a pas que le rouble qui souffre de la baisse des prix du pétrole. Le naira nigérian aussi. Il est tombé à son plus bas historique à près de 170 nairas pour 1 dollar. En dehors des objectifs de la banque centrale locale, qui vise un cours de 155 nairas à + ou – 3 %. Le Nigeria, premier pays producteur de pétrole en Afrique, tire 95 % de ses recettes en devise et 80 % de ses revenus fiscaux de la vente de l’or noir et de gaz. La Banque du Nigeria, qui réunira son comité monétaire les 24 et 25 novembre, a dû intervenir ces derniers jours pour limiter les dégâts, mais sa marge de manœuvre est doublement limitée.

Les présidentielles compliquent la donne

D’abord parce que ses réserves de change sont basses, à 38 milliards de dollars (contre 43,6 milliards fin 2013), et ensuite en raison de la proximité des élections présidentielles, en février prochain, alors que le président actuel Goodluck Jonathan est entré dans la course pour un deuxième mandat. Difficile dans ces conditions de passer une hausse des taux en pleine campagne, même si les marchés spéculent sur une dévaluation à l’issue de l’élection. Ils testent d’ailleurs la volonté d’une banque centrale affaiblie ces derniers mois depuis le départ forcé de son précédent gouverneur en février dernier. Lamido Sanusi avait dénoncé à plusieurs reprises de graves irrégularités dans la gestion de la compagnie pétrolière d’Etat.

En attendant, le mal est fait. Selon les estimations de Barclays, « le Nigeria risque de perdre environ 740 millions de dollars de recettes annuelles à l’export pour chaque baisse de 1 dollar du prix du pétrole ». L’analyste de Barclays s’inquiète aussi de la difficulté du pays à augmenter sa production de pétrole. Elle est de 2 millions de baril jour depuis juin, contre 2,38 millions budgétés et 10 % en dessous de son niveau de 2012… En cause, des vols répétés et des arrêts de production pour maintenance et réparation. « Avec un prix du pétrole bas, le confortable surplus commercial du Nigeria devrait s’éroder et nous anticipons une baisse significative de l’excédent courant du pays pour 2015 si les prix devaient se maintenir à ces niveaux ».

Un manque à gagner énorme pour le Venezuela

La situation s’aggrave aussi au Venezuela. Selon Morgan Stanley, « chaque baisse de 5 dollars du prix du baril de brent entraîne un manque à gagner de 3,3 milliards de dollars . Si le prix du baril devait rester à ces niveaux-là en 2015, ce chiffre monterait à 12 milliards ». Un choc considérable pour Caracas, qui souffre déjà d’un système des changes schizophrène avec plusieurs cours entre le bolivar et le dollar. Une situation critique alors que le pays fait face à des rumeurs récurrentes de défaut de paiement dans les douze à dix-huit mois. « Pour l’éviter, le Venezuela devra ajuster sa politique monétaire et procéder à des cessions d’actifs », selon Morgan Stanley, qui constate toute de même que « la volonté de Caracas de rembourser ses dettes demeure élevée ».

Baisse des bourses du Golfe persique

Les marchés boursiers ne sont pas non plus épargnés. La Bourse de Lagos (Nigeria) perd 17,8 % depuis le début de l’année.Par ailleurs, la baisse du baril de brut favorise les prises de bénéfices sur les places du golfe persique qui affichaient jusqu’ici de très belle performance. Ainsi, à Ryad, la Tadawull All Share perd 11,45 % depuis le 9 septembre, ce qui ramène son gain depuis le début de l’année à 14,4%. Sanction identique (-11,46 % depuis le 3 septembre) pour l’indice DFM des Emirats Arabes Unis. Le gaz naturel et le pétrole représente près de 85 % des revenus à l’export de l’Arabie Saoudite. Mais avec les troisièmes plus importantes réserves de change au monde (derrière la Chine et le Japon), Ryad devrait être en mesure de résister à la pression sur sa devise, qui flotte très peu face au dollar. Cela devrait lui permettre aussi de poursuivre la guerre des prix entamée avec le pétrole de schiste américain.

L’enjeu de la diversification

Quoi qu’il en soit, alors que les prix du pétrole sont passés en quelques semaines de 100 à 80 dollars le baril, les pays du Golfe (Arabie Saoudite, Oman, Qatar, EAU, Koweit…) sont à la croisée des chemins selon l’agence Standard and Poor’s. « La question clé de leur prospérité future est la suivante : ont-elles utilisé ce temps pour développer avec succès une économie qui soit moins dépendante d’un climat commercial favorable » lié aux prix élevés du pétrole. En jeu, leur capacité à créer suffisamment d’emplois productifs notamment pour leur population jeune. « Même si l’on voit des progrès dans la diversification économiques dans certains pays, plus particulièrement en Arabie Saoudite, malgré tout, ces efforts sont encore loin d’être suffisants » face à ces enjeux, selon l’agence.

lesechos.fr

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