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Le marché burkinabè de plus en plus envahit par des produits périmés

Les produits périmés sont entrain de gangréner le tissu économique et social du Burkina Faso. C’est à croire que le pays tend de plus en plus à devenir un dépotoir pour tous ceux qui ne savent que faire de leurs moisissures.

Après les canettes périmées d’Obouf, il ne se passe pratiquement plus un mois sans que les forces de l’ordre ne mettent le grappin sur des indélicats dans leurs tentatives de tromper la vigilance des consommateurs. On en aura tout vu. Huile frelatée, vinaigre frelaté, eau minérale frelatée, viande de poulets périmée, spaghettis périmés…

La situation est si critique que le ministère de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (MICA) a déployé une mission de contrôle du 18 juin au 18 juillet à Bobo-Dioulasso. Le rapport du contrôle a été rendu public le 11 aout au cours d’une conférence de presse. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les enquêteurs ont été bien servis.

En effet, 6 121 piles électriques, 792 paquets de cigarettes, 4 sacs de 50 kg de sucre et 10 boîtes d’herbicide non homologués ont été saisis. La mission a également saisi 7 648 775 produits périmés. La valeur cumulée des produits saisis avoisine 14 millions de FCFA.

produits périmés3Dans cette même ville de Bobo-Dioulasso, un réseau s’était spécialisé dans le reconditionnement des bouteilles de gaz butane. 64 bouteilles ont été ainsi saisies. C’est la preuve que le marché était bien lucratif. Sibiri Sanou, SG du MICA explique le mode opératoire du réseau : « A l’aide de raccords et de robinet de gaz, les mis en cause procédaient au transvasement du produit d’une bouteille pleine à l’autre, qu’ils revendaient plus cher. Ils pouvaient ainsi vider la bouteille d’une marque donnée vers celle d’une autre marque concurrente ou transférer le contenu d’une bouteille de 12,5kg vers une autre bouteille de taille inférieure ». C’est ainsi que le réseau parvenait à se sucrer impunément sur le dos des pauvres consommateurs qui ne pouvaient que constater les dégâts à postériori.

La contrefaçon et la prolifération des produits périmés posent de véritables problèmes de santé publique au Burkina Faso. Il faut davantage redoubler de vigilance au niveau des postes frontaliers. Les services des douanes sont donc interpellés. Des structures comme le laboratoire national de santé publique (LNSP) doivent également être plus fermes dans l’application de la réglementation car l’irréparable est vite arrivé. Le marché de l’eau minérale à lui seul est suffisamment illustratif de tout le travail qu’il y’a à faire. Les consommateurs eux aussi doivent s’autodiscipliner pour éviter de se retrouver dans des situations indésirées. La lutte contre le fléau nécessite l’implication de tous. Les silences coupables ne font qu’exposer l’ensemble de la société à de graves dangers.

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

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